dimanche 19 décembre 2010

LA COURSE A L’EMPLOI

LA COURSE A L’EMPLOI (Ba Cai Lin Ya Zhen) de John Woo (1982)

Jane est en permanence à la recherche d’un emploi. A chaque obtention d’un nouveau poste, ses gaffes provoquent illico son licenciement. Amoureux de Jane, Fan la suit dans sa quête de travail. Engagée comme gouvernante chez une riche famille, elle doit prendre soin du père dont le fils impose de nouvelles règles au sein de l’entreprise familiale…

Si John Woo retrouve ici à nouveau son compère Ricky Hui, il donne le premier rôle à Josephine Siao dont le répertoire comique est un véritable régal à suivre. A travers cette comédie assez amusante, John Woo fait une critique des gros financiers qui aspirent au pouvoir et à la domination mondiale au détriment de petites entreprises qui rament pour survivre, sans compter tout ceux qui essaient de s’en sortir dans des logements dont le loyer est déjà hors de prix. Avec cette trame comme fil conducteur, le réalisateur brosse surtout un portrait plein d’humour et de tendresse entre ces deux interprètes principaux. L’alchimie entrer les deux comédiens est splendide, formant ainsi un duo assez enthousiasmant. Ricky Hui se transforme en romantique éperdu tandis que Josephine Siao accumule les gaffes. Tout simplement irrésistible. D’ailleurs, au milieu de la multitude de différents gags qui ponctuent l’intrigue, on repérera sans trop de difficultés l’apparition hilarante de John Woo lui-même venu pointer au chômage en proclamant « Un réalisateur, c’est Dieu! ».





Alors qu’habituellement ses longs-métrages comiques sont souvent un mélange d’humour combiné avec un bon dosage d’action, LA COURSE A L’EMPLOI ne joue pas dans cette catégorie et se concentre davantage sur la veine sociale qu’affiche son scénario, prenant le parti des petits métiers et des personnes âgées souvent délaissées au profit de jeunes arrivistes désirant conquérir la planète. Voir les facéties qu’entreprend Josephine Siao pour s’occuper du père embarrassant d’un puissant homme d’affaires procurent de grands moments durant ce long-métrage.

Comme c’est souvent le cas, le réalisateur garde un gros morceau de bravoure pour l’acte final de son histoire. Ici, un immense carambolage digne des BLUES BROTHERS dans un tunnel à Hong-Kong avant que tous les automobilistes ne soient pris en otage par un pyromane fou qui exige des autorités des demandes complètement farfelues. C’est à partir de là que LA COURSE A L’EMPLOI accumule ses sketchs les plus délirants, comme une gigantesque partie de Mah-Jong, la revendication des droits des homosexuels, des accouchements à la pelle ou encore l’apparition de l’artiste cantonais Roman Tan venu interpréter avec sa troupe de violoncellistes une chanson au milieu des voitures accidentés. Tout ceci relègue un petit peu au second plan les revendications socio-politiques de son intrigue principale qui se résoudra un peu de manière expédiée. Malgré un sujet grave qui peut interpeler, le film de John Woo est davantage une comédie légère qu’une véritable dénonciation des agissements pas toujours très corrects de sociétés commerciales. En l’état, LA COURSE A L’EMPLOI est un sympathique comédie, un peu bête mais souvent drôle et attachante, probablement la meilleure œuvre du genre que réalisa son auteur.



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