mercredi 4 août 2010

SUPER FLICS EN JUPONS

SUPER FLICS EN JUPONS (The Doll Squad) de Ted V. Mikels (1973)

Réalisé avec des bouts de ficelle, cette production indépendante est mise en scène par Ted V. Mikels. Certes, il s'agit d'un réalisateur de seconde zone mais qui possède de brillantes idées. Comme celle de ce petit film sympathique qui fait immanquablement penser à la série TV CHARLIE ET SES DRÔLES DE DAMES.

On y trouve ici une bande d'espionnes sexy qui sont engagées pour arrêter un diabolique maniaque qui cherche à exercer un chantage sur le monde : répandre la peste dubonique à l'aide de rats spéciaux! Si ce nouveau génie du mal a de la suite dans les idées, il n'en a pas forcément les moyens... et il est clair qu'il est difficile de faire croire à des menaces quand celles-ci sont envoyées via un pigeon voyageur! Il faudra que le méchant vilain s'en prenne au programme spatial américain pour que sa mise en garde soit prise au sérieux.

A partir de là, le réalisateur met en place son escouade féminine qui arrivera à temps pour sauver le monde. Mais cela ne sera pas sans perte et fracas! Pour le spectateur, c'est surtout l'occasion d'admirer une belle galerie de personnages à fortes poitrines que n'aurait pas renié Russ Meyer. Dans le lot, les amateurs reconnaîtront d'ailleurs sans peine la torride Tura Satana, l'inoubliable comédienne de FASTER, PUSSYCAT... KILL! KILL!. Un cocktail de jolies filles avec tout ce que cela implique de coupes de cheveux atrocement datées et une sacrée garde-robe où l'héroine principale nommée Sabrina semble changer de tenues à chaque nouvelle scène. Ce n'est pas pour autant que cela soit un régal pour les yeux tellement ses vêtements sont incroyablement kitschs. Néanmoins, le réalisateur nous fera surtout savourer la délicieuse plastique de ses actrices, à défaut de les dénuder entièrement, il n'hésite jamais à faire parader ses héroïnes en bikinis ou combinaisons moulantes, sans oublier les talons hauts. Il ne faudrait pas oublier ces accessoires indispensables lorsqu'on part sur le terrain...

Si le scénario n'a rien d'excitant et que la mise en images est d'une platesse tout simplement incroyable, SUPER FLIC EN JUPONS est toutefois bien généreux en action. Que ce soit des bagarres matinées de kung-fu de supermarché jusqu'à des fusillades homériques où l'on tue une armée d'hommes avec quelques balles, le long-métrage nous gâte avec de purs moments de nanardises. Il y a aussi ces effets spéciaux semblant sortir tout droit d'un autre monde. On y voit quelques impacts de balles un peu plus sanglants que la moyenne mais on retiendra surtout l'incroyable étalage visuel qui concerne les nombreuses explosions diverses qui parsèment le film. Ici, pas besoin d'un artificier... Le réalisateur utilise un procédé assez étrange constitué de couleurs psychédéliques mis en surimpressions de ses images. Le résultat, très coloré, est assez inédit. Il va de soi que l'on a jamais vu des trucs qui pètent à l'écran de cette manière. Il faut dire que notre équipe d'espionnes possèdent aussi une belle série de gadgets allant d'une bague lacrymogène à la fiole explosive à mélanger dans de l'alcool. Une manière comme une autre de se débarrasser de sbires gênants qui entravent la bonne marche de la mission.


Le film de Ted V. Mikels regorge d'instants décalés, bien aidé par une interprétation au diapason, des dialogues rigolos et des transitions psychédéliques sorties de nulle part. Plus proche de la série Z misérable que de la série B efficace, SUPER FLICS EN JUPONS est tout de même un petit régal pour tout ceux qui savent apprécier ces petites productions réalisés sans moyens réels. Il en découle un spectacle parfois ennuyeux mais tellement invraisemblable qu'il en deviennent amusant. Et puis l'ensemble est très bien soutenu par une bande son jazz funk efficace qui redonne un peu de punch à une réalisation qui manque singulièrement d'énergie. Le charme suranné de la distribution, de même que son méchant de pacotille qui ne trouve rien de mieux que de tomber amoureux de l'espionne en chef transforme ce joyeux petit film en plaisir coupable qu'il serait bien dommage de se refuser.

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