lundi 2 août 2010

THE LAST DAY

THE LAST DAY (Haeundae) de Je-Gyun Yun (2009)

Ville de Haeundae, printemps 2008. Malgré des signes annonciateurs préoccupants, les autorités refusent d’évacuer les côtes, menacées par des séismes sous-marins pouvant provoquer un tsunami. De plus en plus violentes, les alertes ne laissent plus de place au doute : un cataclysme d’une ampleur inégalée menace tout le pays…

Haeundae, c’est le nom de la plus célèbre plage de Corée du Sud, située à Pusan, la deuxième ville du pays. Un titre original nettement plus de circonstance que ce THE LAST DAY qui annonce clairement, tout comme sa galerie d'affiches spectaculaires, un film catastrophe dans la même lignée que les oeuvres de Roland Emmerich telles que LE JOUR D'APRES et 2012. Et pourtant, rien de tout ça. Ce long-métrage coréen n'étant pas un film apocalyptique annonçant la fin du Monde, et encore moins officiant dans le registre du "film catastrophe".... La Corée du Sud nous offre un moment de cinéma qui, en revenant au départ sur les événements dramatiques du tsunami 2004, nous livre ici un film qui est avant toute chose une comédie! On y suit le destin d’une demi-douzaine de personnages tandis qu'un scientifique tente d'avertir les autorités de l'imminence d'une catastrophe naturelle.

Tout d'abord, le scénario prend son temps pour se mettre en place, présentant diverses situations où des hommes et des femmes se croisent, se lient et se déchirent, tout en essayant de s'aimer tant bien que mal. On sent, de la part du réalisateur, la volonté de forcer le trait en accentuant l'humour qui vire parfois à l'absurde, à la limite de la parodie. THE LAST DAY amuse beaucoup avec ses situations souvent grotesques et personnages hystériques, mais en même temps ceux-ci s'avèrent finalement assez touchants, spécialement cette jeune femme insupportable qui s'entiche d'un garde-côte un peu maladroit... Un travail d'équilibriste assez réussi de la part de Je-Gyun Yun. Son film alterne avec succès drame social et film catastrophe, tout en jouant avec les extrêmes. Même au moment où de gigantesques vagues déferlent sur la ville, le long-métrage n'en devient pas sérieux pour autant. En témoigne les incroyables séquences mettant en scène un cargo qui est entravé par un gigantesque pont. En dire plus serait gâcher la surprise.

Dans sa dernière partie, THE LAST DAY affiche ses cartes du divertissement spectaculaire qui, même sans avoir le budget faramineux digne d'une grosse production hollywoodienne, rivalise sans problèmes avec les meilleurs blockbusters. Les moments de destruction sont réellement impressionnants à voir, même si parfois on ressent les limites de l'infographie. Comme l'ensemble joue sur un ton parfois décalé cela convient parfaitement à l'ambiance qui se dégage du long-métrage. Il faut dire aussi que THE LAST DAY n'est pas en reste avec certains clichés du genre, comme les moments de désespoir ou l'héroïsme affiché de personnages qui se sacrifient pour le bien des autres. Je-Gyun Yun rend ses instants tellement mélodramatiques qu'ils en deviennent carrément drôles, avec bon usage de ralentis presque étouffants et d'une bande sonore qui met le paquet sur les violons qui sont censés vous tirer la petite larmichette de l'oeil! Et cela marche d'une manière tellement efficace que le spectateur y trouvera largement son compte, soit en versant ses petites gouttelettes d'eau sur ses joues ou en se pliant de rire face au sérieux imperturbables de ces séquences.

Toujours sur la brèche, le long-métrage joue très bien sur les deux tableaux que sont l'humour et l'émotion. Improbable sur le papier, le film catastrophe à la limite du parodique est amusant à suivre et surtout il ne se moque jamais de ses personnages. Attendrissant et avec une bonne dose d'action qui vous scotche à votre siège, ce film présente une belle facette du cinéma coréen à travers plusieurs genres dans un même film. On pensera forcément à THE HOST de Joon-Ho Bong avec lequel il partage de nombreuses similarités. Si ce long-métrage ne se hisse pas au même niveau, qui tenait littéralement du miracle, il reste néanmoins un spectacle très honorable à suivre et devant lequel on prend beaucoup de plaisir!

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