vendredi 6 août 2010

IO, TI AMO

IO, TI AMO de Antonio Margheriti (1968)

Lors d'un de ses voyages, le prince Tancredi, un artiste peintre, est attiré par Judy, une hôtesse de l'air à laquelle il propose de poser pour lui. La jeune femme accepte, mais n'hésite pas à lui faire quelques critiques sur son travail. Séduit par la franchise et la spontanéité de la jeune femme, Tancredi tombe sous son charme. L'amourette se transforme rapidement en passion, mais de nombreux obstacles se dressent sur la route des deux amants...

Voilà un film qui a attisé ma curiosité car celui-ci est mis en scène par Antonio Margheriti, un fameux réalisateur qui s'est spécialisé dans les films fantastiques gothiques comme LA SORCIERE SANGLANTE ou encore DANSE MACABRE avec Barbara Steele, tous les deux réalisés en 1964. Comment un réalisateur pareil se retrouve à diriger la célèbre chanteuse nommée Dalida? D'autant plus que le long-métrage en question est une bluette sentimentale. Pourtant, dès le générique d'ouverture, cette romance à l'eau de rose dégage un parfum étrange, où l'ambiance affichée semble justement emprunté aux contes fantastiques. Sans dévoiler le dénouement de son intrigue, IO, TI AMO se révélera être une tragique histoire d'amour. Ce qui fait que ce film entre finalement très bien dans le reste de la filmographie de son auteur.



La romance à laquelle on assiste sera très sucrée, comme un roman-photo où le destin saisit ces deux personnages et les entraîne dans une intense tourmente émotionnelle. Nous voilà parti pour une suite sans fin de clichés dégoulinants où le couple transi d'amour disserte sur le sens de la vie tout en se baladant devant de magnifiques paysages italiens. IO, TI AMO est aussi un film plein de musique où Dalida, telle une star bollywoodienne stoppe le déroulement de l'intrigue pour faire part de ses sentiments en chantant. C'est là l'occasion pour la star d'interpréter quelques chansons pleines de mélancolie qui constituent sans nulle doute les plus beaux moments de cette histoire.



Suite à une tentative de suicide ratée ayant eu lieu l'année précédent la sortie de ce film, Dalida apparaît à l'écran avec un visage qui semble marqué par la tristesse. Ce qui est d'autant plus troublant qu'elle interprète ici une hôtesse de l'air prise sous le coup d'une passion. Margheriti aura beau filmer l'actrice/chanteuse sous toutes les coutures, essayant de la rendre plus belle avec une galerie de tenues "vintage" bien colorées, l'illusion ne marche pas. A mesure que le scénario finalement très simple dévoile sa conclusion, le spectateur averti ne pourra que faire le lien entre la fiction cinématographique et la dure réalité de la vie amoureuse qui rattrapa la star une vingtaine d'années plus tard. Le long-métrage dégage ainsi un lyrisme macabre assez déroutant.

Mis à part ces curieux aspects qui font échos à la "vraie" vie de Dalida, IO, TI AMO reste néanmoins un film qui manque passablement de coeur. Il est tout d'abord difficile de ressentir une quelconque passion entre les deux amants tant ceux-ci semblent monolithiques. De plus, il faut dire aussi que les dialogues sont d'une niaiserie confondante et couvrent de ridicule le couple-vedette. Cette histoire d'amour assez banale se prête donc davantage à la rigolade et aux moqueries qu'à l'envie de pleurer sous le coup de vives émotions. On appréciera toutefois la beauté de décors naturels de l'Italie et le talent du réalisateur qui réussira à transformer son long-métrage tout d'abord bien mielleux en conte morbide finalement bien surprenant.

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