samedi 21 août 2010

INSATIABLE


INSATIABLE de Godfrey Daniels (1980)

Sandra Chase, un mannequin américain est troublée par des flashbacks sexuels intenses. Elle se rend à Londres sur le tournage d’un film et se confesse à son entourage dans l’espoir de trouver un remède à ses fantasmes récurrents.

Troisième plus gros budget alloué à un film pornographique, (on parle d’environ 300’000 dollars américains), INSATIABLE est une importante production pour son époque. Les moyens sont conséquents : tournage en Europe, location d’une belle demeure perdue dans la campagne (la même qui sert de décor principal pour FIEVRE AU LYCEE!), séquences filmées depuis un hélicoptère et une belle distribution qui inclut Serena, John Leslie, John Holmes sans oublier Marilyn Chambers qui est la raison pour laquelle on s’intéresse à ce film. Sans elle, cette œuvre serait sans aucun doute tombée dans les limbes du cinéma X. Car il faut dire que le spectacle est assez maigre à l’écran.

Le réalisateur perd son temps à faire balader son interprète principal au volant de sa voiture ou de la transformer en touriste dans les rues de Londres. Banal. Heureusement, cette égérie du genre est magnifique à contempler, dégageant une sensualité folle, irradiant totalement l’écran. Elle fait d’ailleurs ici son come-back dans le milieu du porno; sous la forte influence de son mari Chuck Traynor, l'ex de Mme GORGE PROFONDE Linda Lovelace; après s’être essayée (avec succès) à une reconversion dans le cinéma traditionnel en tournant pour David Cronenberg dans RAGE (1977).

Les incontournables scènes chaudes d’INSATIABLE présente tout d’abord un duo lesbien entre Serena et Marilyn dans un jacuzzi. Cet instant très érotique, bien que trop court, montre la personnalité brûlante de son interprète dont le sexe à moitié rasé se révèle être d’une troublante beauté, comme une œuvre d’art devant laquelle on ne peut qu’être fasciné. Mais le grand moment du long-métrage sera bien celui de son prétendu dépucelage par le jardinier qui la baisera sur une table de billard. Cette « première fois » est très intense, où la jeune femme se fait quasiment dominer par son partenaire qui se montre à la fois méchant et humiliant. Cela donne un côté d’autant plus sulfureux lorsque Chambers se voit à même de supplier l’homme pour pouvoir sucer sa bonne queue bien raide. La jouissance qui en ressortira et se lira sur le visage de l’actrice rend la séquence inoubliable! On pourrait en dire presque autant de celle qui conclut le long-métrage et qui inclut son partenaire à la « murène » de 35 mm : John Holmes. Dans un décor tout noir, à l’éclairage sophistiqué qui rappelle les œuvres érotique de David Hamilton, ce final hallucinatoire donne l’occasion à cet acteur (trop) bien membré de sodomiser la belle comédienne. En plus de cela, l’actrice essaie avec force d’avaler complètement le membre de son partenaire. Mais l’abus de gros plans anatomiques ne joue pas forcément en faveur de l’intense émotion que cette scène de baise pourrait procurer. Il n’y a bien que lorsque la caméra se décide un peu de s’orienter vers le visage de Chambers que l’on peut y lire toute l’extase féminine d’une femme qui en veut encore et toujours plus.

INSATIABLE n’est finalement pas un « classique » de l’âge d’or du X américain. On peut largement lui préférer une œuvre plus passionnante à suivre comme DERRIERE LA PORTE VERTE qui doit sans aucun doute être le sommet de la carrière de Marilyn Chambers. D’autant plus que le film de Godfrey Daniels n’apporte aucune originalité à une intrigue ennuyeuse au possible, qui est également parcourue d’une soupe musicale insipide (on y entend d’ailleurs la comédienne pousser la chansonnette) et de dialogues sans intérêt qui viennent encore plus plomber une mise en scène sans la moindre étincelle de génie. Même la belle Marilyn n’en aura pas eu pour son compte. En sueur et fixant l’objectif de la caméra, elle susurre « Give me more… » avant que ne défile le générique de fin.


INSATIABLE possède deux suites qu’on se gardera bien de regarder. L’expérience procurée par le film de Daniels ne donnant pas forcément envie d’en voir plus. Ce qui est davantage regrettable, c‘est qu‘en parcourant les bonus du DVD (Wild Side, zone 2), on y apprend que nombre de séquences ont disparues du montage final. Que ce soit des scènes qui se déroulaient notamment dans un cinéma et dans un bowling où l‘on pouvait admirer l‘actrice en train de s‘enfoncer une quille dans son sexe. Des images qui auraient très certainement donné une saveur plus piquante à ce long-métrage devant lequel on baîlle plus que l‘on ne s‘excite. « Sorry, Miss Chambers », t’es bien jolie à voir mais là ton film n’est pas très passionnant à suivre… Même avec une boîte de mouchoirs en papier!


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