lundi 2 août 2010

HOT POTATO

HOT POTATO de Oscar Williams (1976)

Après l'excellent BLACK BELT JONES, Jim Kelly est de retour pour casser du méchant. Suite indirecte du film qui reprend son personnage de Jones, HOT POTATO envoie cette fois-ci "The Man" en Thaïlande à la recherche de la fille d’un sénateur kidnappée par un pseudo dictateur de pacotille. Aidé par une bande de mercenaires, il va traverser la jungle et ses dangers...

Ce film de kung-fu calamiteux est certainement l'un des pires jamais fait! Mélange d'aventures, de comédie et d'action, le long-métrage échoue sur tous les tableaux. Si la Thaïlande peut être synonyme d'exotisme, le réalisateur la filme si mal qu'elle est encore moins intéressante qu'une visite dans un jardin botanique. Ne profitant aucunement des beaux décors naturels que pourrait lui offrir la jungle, Oscar Williams ne dévoile que des terrains arides où une bande de figurants se débattent mollement face à nos héros venus sauver la belle en détresse. Une sorte de commando d'élite composé de... 4 personnes qui n'arrêtent pas de se chamailler entre eux. Une vraie bande de gosses qui n'arrêtent pas de se faire des gamineries digne de la maternelle. La faute en incombe principalement à Rhino, énorme masse adipeuse qui ne passe son temps qu'à dévorer de la nourriture et déclamer des dialogues idiots comme "Mais où est passé mon sandwich?". Vous l'aurez compris, HOT POTATO est aussi une comédie plutôt lourde à défaut d'être drôle. Entre les bagarres mal chorégraphiées et le petit comique de service qui se prend pour Bud Spencer en distribuant des baffes à tire-larigot, le film s'essaye constamment à l'humour avec des gags digne d'un enfant de 2 ans! Le résultat est tout simplement consternant de bêtise.

C'est bien dommage car l'idée de départ est plutôt sympathique et regorge passablement d'action. On a droit à la destruction d'un village par une bande d'éléphants et même l'invasion d'une petite forteresse par un jouet : une voiture de police immatriculée "0007". Les amateurs d'espionnages apprécieront sans doute le clin d'oeil! Hélas, si l'action est presque omniprésente et relativement cheap (les bombes faites avec des pétards chinois!), les combats se montrent relativement brouillons et répétitifs. Et ce n'est pas la présence de Jim Kelly dans le rôle principal qui va améliorer la qualité du long-métrage. L'acteur, qui imagine ses propres combats, se couvre de ridicule en étant soit trop sérieux ou encore en essayant parfois d'amuser la galerie avec de vaines grimaces. Ses aptitues martiales n'étant pas non plus bien mises en valeur par une mise en scène plate et sans aucune inspiration. Il faut dire aussi que les combats sont souvent traités sur un mode rigolo avec des effets sonores qui les rapproche davantage d'un dessin animé à la Tex Avery que d'autres choses. HOT POTATO offre même à nos yeux ébahis, un combat à poing nus entre notre ami le grassouillet mercenaire et un indigène qui lui propose sa troisième femme et son fils en gage de victoire. Ce dernier déchante très rapidement lorsque Rhino s'attague à ses vêtements pour qu'il se retrouve en caleçon... avant de s'enfuir rapidement pour se cacher du public assistant à leur rencontre martiale. Grandiose, n'est-ce pas?

La maigreur de l'intrigue n'aidant pas, elle est même d'ailleurs quasiment inexistante, voilà que le cinéaste (également scénariste) essaye de meubler son histoire avec des séquences qui ne servent strictement à rien comme la visite et l'attaque d'un temple bouddhiste par des hommes maquillés en statue ou encore le sauvetage d'un enfant qui s'enlisait dans un marais après avoir essayé de récupérer le sac à mains de la prisonnière. Palpitant. On se consolera néanmoins avec la présence de la charmante Irene Tsu ("Miss Chinatown" d'un concours de beauté en 1961!), que l'on a pu voir dans de nombreuses séries TV comme LES MYSTERES DE L'OUEST ou DES AGENTS TRES SPECIAUX, qui se montre plus à son avantage dans les scènes d'action que la star principale du long-métrage. Le sommet de leur rencontre les montrera en train de batifoler près d'une chute d'eau. Comme c'est mignon! Car oui, HOT POTATO propose aussi des séquences de sexe où tout un chacun s'envoie en l'air dans la jungle, notamment le brave Johnny Chicago qui s'entiche de la belle prisonnière qui se révèlera plus tard être une espionne à la solde du dictateur! Mais chuuuuut!...

Le constat est sans appel! Ce cocktail exotique mijoté par les producteurs de OPERATION DRAGON est raté sur toute la ligne. Le long-métrage est désastreux de bout en bout et se montre même pénible à suivre. Il s'agit probablement de l'un des pires films de Jim Kelly. Cuisant échec commercial, HOT POTATO sera la dernière collaboration entre le célèbre karatéka noir et le Studio Warner Bros. Pour finir, le film n'est même pas suffisamment nul pour mériter une réputation de nanar pur jus. Tout simplement à jeter!

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