lundi 16 août 2010

BLACK MAGIC

BLACK MAGIC (Jiang Tou) de Meng Hua Ho (1975)

L'ouvrier en bâtiment Xu Nuo refuse les avances de la belle Wang Chu Ying et s'apprête à épouser sa compagne. L'éconduite décide alors d'en appeler aux services d'un sorcier spécialiste de la magie noire.

Une production horrifique du célèbre studio asiatique Shaw Brothers. Dans la distribution, on retrouve de grands noms du cinéma martial asiatique comme Ti Lung ou Lo Lieh ainsi que les belles Lily Li et l'étourdissante Ni Tien, créditée sous le nom de Tanny. Ici, les comédiens troquent leurs épées et costumes d'époque pour s'aventurer dans une histoire qui se passe dans le Hong-Kong des années 70. Cela fera donc sans doute tout bizarre aux habitués des productions historiques ou de kung-fu de retrouver ces vedettes dans un long-métrage plus contemporain. Celui-ci est mis en scène par Meng Hua Ho, célèbre réalisateur du fameux COLOSSE DE HONG-KONG, revisitation hilarante de KING KONG. Ici, bien que l'on baigne dans le domaine de la sorcellerie, BLACK MAGIC peut être davantage considéré comme un drame qu'un film d'horreur. Le conflit amoureux est au coeur de son histoire, où les sortilèges servent à manipuler et ensorceler ses victimes.


Scindé en deux parties bien distinctes, on assiste tout d'abord à la galère sentimentale du personnage incarné par Lio Lieh qui nous introduit dans l'univers de la magie noire. L'intrigue montre avec force détails en multipliant les différentes préparations des potions magiques qui vont envoûter l'être aimé. Notamment l'usage de sang et de poignée de cheveux, de morceaux de cadavres ou d'animaux morts mais aussi de lait féminin directement extrait à mains nues d'une belle poitrine. Forcément, rien ne se passe comme prévu car on ne rigole pas avec les termes financiers imposés par le sorcier. Notre naïf client moustachu en fera assez rapidement les frais. Ainsi, après avoir découvert les graves conséquences d'un paiement manqué, on peut enfin se focaliser sur l'histoire d'amour contrarié entre la superbe Tanny et un Ti Lung dont le rôle ne dépasse pas celui d'un faire-valoir. Son personnage n'est finalement qu'une chose sexuelle que la belle et riche prédatrice est impatiente de consommer...


Si le long-métrage regorge d'éléments issus du cinéma d'exploitation, celui-ci reste relativement sage. Il y a finalement très peu de séquences explicites incluant violence, sexe et gore. La nudité reste assez sommaire, c'est le jeu sensuel de son actrice principale qui renforce le côté coquin du long-métrage sans être trop explicite. Et puis BLACK MAGIC dégage surtout une très belle ambiance, bien aidé par une mise en scène assez soignée, au visuel très travaillé, utilisant de nombreux filtres de couleurs qui rappelle le cinéma d'épouvante gothique. Et puis, il y a tout ce décorum "seventies", allant des décors aux costumes, sans oublier les fabuleux "déshabillés" vaporeux de Ni Tien qui donne un parfum doucement sexy à l'ensemble. Le film est finalement assez flamboyant et tout simplement délectable pour tout amateurs de bizarreries asiatiques. Il faudra toutefois attendre la dernière partie du film pour déguster un peu d'action, à savoir un grand final sous la forme d'un duel entre deux magiciens (l'un bon, l'autre mauvais!) au sommet d'un chantier en construction. Une belle occasion pour un déluge d'effets spéciaux bien colorés. Une excellente manière de clôturer cette aventure fantastique finalement très sympathique et enlevée devant laquelle on ne s'ennuie pas.

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