dimanche 4 juillet 2010

ONDINE

ONDINE de Neil Jordan (2009)

Syracuse, un pêcheur un peu marginal, prend une belle étrangère dans ses filets. Est-ce une créature magique ou simplement la promesse de gros ennuis ?

Film d’ouverture du NIFFF 2010, ONDINE est le dernier-né de la filmographie de Neil Jordan, le célèbre réalisateur derrière nombre de perles telles que LA COMPAGNIE DES LOUPS, THE CRYING GAME ou encore ENTRETIEN AVEC UN VAMPIRE . Avec ce nouveau film, Jordan explore de nouveaux territoires avec une histoire qui se situe entre le conte de fée et réalisme social. Pour décor, le réalisateur utilise les côtes maritimes d’une petite ville de l’Irlande, avec ses paysages somptueux et magnifiquement rendus par une photographie très soignée de Christophe Doyle, chef-opérateur réputé et officiant souvent chez Wong-Kar Wai.

Neil Jordan est un poète de l’image et ONDINE est un nouveau bijou fantastique d’une émouvante sobriété, une histoire toute simple aux échos émotionnels qui résonnent directement dans le cœur des spectateurs. Colin Farrell, qui tient le rôle principal aux côtés d’une magnifique comédienne nommée Alicja Bachleda, est le réceptacle parfait pour illustrer les sentiments contrastés de son personnage tant le comédien semble habiter son rôle. Il y est forcément parfait et extrêmement touchant. Mais la surprise vient surtout de la jeune Alison Barry, qui interprète Annie, sa fille handicapée. Souffrant d’insuffisance rénale, elle est bloquée dans une chaise roulante. Mais cela ne l’empêche pas d’enquêter sur l’histoire « complètement nulle » que lui raconte son père, un conte de fée qui parle d’une femme qu’un pêcheur a capturé dans ses filets…

ONDINE est une légende qui prend vie, un de ces contes merveilleux où la réalité bascule dans le fantastique lorsqu’une sirène fait son apparition. Mais attention, il ne s’agit quand même pas d’une énième variation de LA PETITE SIRENE d’Hans Christian Andersen. Neil Jordan ne fait pas dans la fable naïve et sentimentale. Si son histoire parle d’amour entre une Selk et un humain, c’est surtout d’un point de vue plutôt sombre où la belle des eaux est plus proche d’une femme-phoque qui se croit traquée et ne veut voir personne alors que le doux marin est un homme qui se refuse à voir le bonheur à ses pieds à cause d’un passif douloureux qu’il a du mal à se défaire.

La grande force d’ONDINE, c’est l’ambiance magique qui s’en dégage. Notamment à travers ses beaux décors naturels mais surtout par l’alchimie qu’il existe entre ses comédiens. On se prend très rapidement d’affection pour ce couple atypique et cette petite gamine qui les accompagne. Même le prêtre de cette petite communauté, interprété par l’habituel Stephen Rea (un acteur récurrent chez Neil Jordan !) qui apporte une légère touche d’humour à cette intrigue fantastico-sentimentale. Le long-métrage est aussi envoûtant grâce à sa fabuleuse bande sonore composé par Kjartan Sweinsson, tout droit sortie des mélodies hypnotisantes d’un album de Sigur Ros, auquel le groupe se joint d’ailleurs pour une chanson inédite et d’une beauté absolue.

Il n’est pas interdit de se sentir ému et touché par cette belle histoire, aux résonnances sociales violentes mais dont la beauté finit par tout emporter et de nous transporter vers des sommets d’érotisme comme ces très belles séquences où la femme-phoque nage en sous-vêtement ou avec sa robe rapidement trempée, ne nous cachant rien de ses délicieuses courbes. ONDINE navigue aisément dans les eaux de l’amour, que ce soit pour une femme ou une enfant handicapée, et permet à Neil Jordan de réaliser ce qui est certainement son meilleur film depuis de nombreuses années.

2 commentaires:

  1. Neil Jordan m'a fait rêver avec son adaptation d'Interview with the vampire, roman culte d'Anne Rice... je note, je note!

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  2. C'est le film de Neil Jordan que je préfère depuis son magnifique THE BUTCHER BOY, qui date quand même de 1997! Et j'adore aussi ENTRETIEN AVEC UN VAMPIRE, qui était superbe en tout points! Son cinéma est poétique et me touche beaucoup...

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Au revoir...

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