dimanche 11 juillet 2010

NIFFF 2010 / Day 8

NIFFF 2010 / Day 8 : 11 juillet 2010

Dernier jour du festival. La journée débute tôt avec des projections matinales dès 11 heures. Cet ultime jour du NIFFF 2010 est un peu le jour des fantômes. Hier, la journée fut très longue et les festivités se sont poursuivies très tardivement dans la nuit. Du coup, même si le soleil est pratiquement à son zénith, la foule semble avoir déserté les lieux. Tout est vide, il n’y a quasiment plus personne. On se croirait presque devant une scène apocalyptique digne d’un film fantastique tellement le décor semble avoir été abandonné à la va-vite...

Une fois la tête bien réveillée et m’être rafraîchis un peu grâce à une douche qui se transforme automatiquement en total extase, je range mes affaires, me prépare complètement pour mon départ de ce soir. La valise est faite, il me semble n’avoir rien oublié. Je quitte le grand salon et son matelas nu qui m’a été offert comme gîte pour la semaine et me presse déjà vers la gare où j’enfile mon gros bagage dans une consigne. Elle y restera jusqu’à ce soir, lorsque je rentrerai en train. Ayant enfin les mains libres et l’esprit plus léger avec toute cette organisation, je me dirige tranquillement vers les salles de cinéma Apollo pour les toutes dernières séances du festival. Il est 10 heures du matin…

Aujourd’hui, je vois mon tout dernier film de la Rétrospective sur le cinéma fantastique suisse. Pour bien débuter la journée, le programme nous propose une petite comédie musicale qui s’intitule DER TEUFEL HAT GUT LACHEN. Le titre est amusant et je suis passablement curieux de voir ce que peut donner un long-métrage suisse avec des chansons en suisse-allemand. J’en avais déjà eu un avant-goût avec quelques séquences bien gratinées dans le RÄUBERINNEN de Carla Lia Monti que j’ai découvert vendredi soir passé. Hélas, ce film de Kurt Früh ne fait pas vraiment partie de ce genre cinématographique. Mis à part une réjouissante introduction par le Diable lui-même, DER TEUFEL HAT GUT LACHEN ne présente pratiquement aucune chanson chantée par les protagonistes de l’intrigue. Ici, on se retrouve plutôt en face d’une sympathique farce en forme de gros quiproquos orchestrés par un gentil démon plutôt inoffensif. En pervertissant trois insouciants gaillards avec de l’argent, on assiste à une comédie humoristique plutôt rigolote avec ces personnages finalement assez attachants. Mais les situations semblent tellement alambiquées et sans fin qu’elles finissent par ne plus vraiment être drôles… On peut même trouver le temps long devant cette œuvre qui aurait peut-être mérité un rythme plus soutenu pour emporter l’adhésion. En l’état, si l’ensemble est assez plaisant, il ne restera définitivement pas dans les mémoires….

Une fois sortie de la salle, je retrouve tout une série d’amis aux yeux fatigués. Chacun à son petit film à aller voir tout prochainement, c’est-à-dire dans le quart d’heure qui suit ! Soit un conte pour enfants qui porte le doux nom de DRÔLE DE GRENIER ou alors un film suisse poétique d’Alain Tanner – REQUIEM - qui nous convie pour un voyage onirique à travers Lisbonne… Ces projections diversifiées ont prévu de départager à nouveau notre joyeux groupe de cinéphiles à moins que, au dernier moment, on se décide de se retrouver tous ensemble autour d’un ultime visionnage de film. Ca y est, c’est décidé : on oublie tous nos plans précieusement planifiés pour se diriger vers la grande salle de l’Apollo 1. On va y déguster un gros film de baston en provenance de la Thaïlande !! Ca va bien nous réveiller !

Le gang du Jaguar sévit en ville, à la recherche de jeunes filles pour son marché noir pervers. Deu, une petite batteuse paumée, échappe de justesse à ses agresseurs grâce à l’intervention de Sanim et sa bande – Pigshit, Dogshit et Bullshit. Pour lutter contre cette pègre terrifiante, ils lui enseignent le Meyraiyuth, un mélange stylé entre Muay Thai, boxe alcoolisée et hip hop.



Produit par les créateurs de ONG BAK avec Tony Jaa, cette nouvelle incursion dans l’action brutale aux chorégraphies incroyables est une belle occasion de voir la comédienne Jeeja Yanin dans un rôle de teigneuse virile et sexy. Le scénario n’a pas grand-chose à offrir avec une histoire malheureusement guère plus développée que son pitch initial. C’est bien dommage car on aurait aimé en savoir davantage sur cette organisation qui enlève des femmes avec lesquelles ils comptent en extraire un parfum pour riches. De cette fantastique idée, il ne sera finalement rien fait. RAGING PHOENIX est uniquement un film remplit de combats débridés, violents et avec l’indispensable touche comique. Hélas, si l’ensemble est plutôt plaisant à voir pour tout amateur de cinéma d’action, il manque indubitablement la partie viscérale qui nous ferait ressentir les coups, la douleur et les épreuves physiques que subissent les brillants artistes martiaux qui se démènent à l’écran. Mais ici rien de tout ça. S’il y a des larmes, il y manque la force de persuasion ; les corps se distordent et prennent des coups impressionnants mais il n’y a pas vraiment de blessures et d’os brisés.



Tout ceci reste assez propre, plus enclin à verser dans la déconnade que d’offrir un véritable spectacle de fou furieux qui prend aux tripes . Alors oui, le film est assez fun à voir mais est-ce vraiment le but ? A travers toutes ces douloureuses épreuves faces auxquelles le spectateur se retrouve à s’amuser alors qu’il devrait être majoritairement impressionné. Le ton n’étant pas vraiment à la rigolade avec son histoire tragique ; de même que ces petits élans sentimentaux remplit de mélancolies qui font hurler de rire son public alors qu’il devrait sentir ému. Et c’est sans doute ces instants pleins de naïveté qui me plairont davantage que les séquences de combats, permettant ainsi à ses personnages de me toucher et de ne pas être simplement des pantins sur lequel on frappe…

A 16h00, après presque 2 heures de tatane dans la gueule, il est bon de pouvoir se mettre devant THE ECLIPSE qui est un film beaucoup plus posé visuellement, et surtout avec une approche transgenre qui mélange subtilement le film d’amour et celui du film d’horreur. Une rencontre entre une écrivain un peu paumée et un veuf lors d’un festival de littérature et de poésie se déroulant en Irlande… Voilà qui présage une belle histoire à l’atmosphère fantomatique bien aidé par les paysages brumeux de la petite ville portuaire de Cobh. Un superbe scénario pour un résultat en état de grâce, habité par de magnifiques personnages. On pensera surtout à l’excellent Ciarán Hinds , qui interprétait Gaius Julius Caesar dans la série TV ROME. Ici, il joue un homme ordinaire bousculé par la vie. Une interprétation tout en sensibilité qui révèle des trésors d’émotions, notamment à travers un dernier acte absolument bouleversant devant lequel on ne peut tout simplement pas s’empêcher de verser de grosses larmes de tristesse. Un film très émouvant qui comptera parmi les plus belles découvertes de ce NIFFF 2010.




Et voilà, il est l’heure… Il est l’heure de gentiment se diriger vers la salle 1 du Théâtre du passage. C’est le moment de la Clôture du Festival et sa traditionnelle cérémonie de discours pompeux, mais pour une fois qui ne seront pas trop long ; et aussi sa remise de récompenses diverses. Le grand gagnant de cette dixième édition sera ENTER THE VOID de Gaspar Noé qui remporte le prix H.R. Giger «Narcisse» du meilleur film. Le réalisateur n’étant pas présent, c’est Philippe Nahon qui accepte le prix en son honneur et, par la même occasion, nous offre un beau discours sur sa passion du cinéma, à des artistes comme Stanley Kubrick qui lui ont donné envie d’explorer l’infini de cet univers cinématographique. Son film est une œuvre choc qui imprime durablement les rétines et est ainsi justement récompensé. Le Jury international donnera également une mention spéciale à DREAM HOME de Pang Ho-Cheung que je n’ai malheureusement pas eu la chance de découvrir durant la manifestation. Ce dernier film partira également avec un autre prix, celui du film le plus «Mad» décerné par le Mad Jury qui se compose d’une équipe provenant du magazine… Mad Movies. Mad, Mad, Mad !



Pour les amateurs de palmarès, voici la suite des films primés :

Le Prix de la Jeunesse Denis-De-Rougemont distingue le film STRAYED de Akan Satayev. Le Prix Titra Film est attribué par le public à VALHALLA RISING de Nicolas Wending Refn. Le Méliès d’argent du Meilleur Long Métrage Européen est décerné à STRIGOI de Faye Jackson. Le Prix TSR du Public revient à BLACK DEATH de Christopher Smith. Le Prix du Meilleur Film Asiatique est attribué par le public à WIG de Renpei Tsukamoto.

Je n’ai pas forcément grand chose à rajouter vis-à-vis de ce palmarès, si ce n’est que cela reste sans surprises… C’est quand même une mauvaise plaisanterie pour ce qui concerne STRIGOI qui était une revisitation inaboutie du mythe vampirique. Et puis cette aide financière au film de vikings avec Mads Mikkelsen est quand même une bonne nouvelle. C’est juste assez étonnant d’attribuer des sous pour aider à la diffusion d’un film qui n’est même pas prévu d’être distribué en Suisse. On attendra de voir ce que ça donne, car le long-métrage de Wending Refn le mérite amplement car il s’agit d’une œuvre qui se savoure prioritairement sur le plus grand écran possible !

Mis à part cela, la cérémonie finale fut assez traditionnelle, écourtant les speechs lourdaux, chacun étant sans aucun doute très impatient de pouvoir assister à la Finale de la Coupe du Monde de Football ! Mais, avant cela il y a le Film de Clôture pour lequel la productrice, le réalisateur et l’un de ses acteurs – le petit vieux aux cheveux blancs nommé Philippe Nahon – ont fait le déplacement : LA MEUTE. La nouvelle production de « La Fabrique De Films » qui, après avoir fait faillite avec un film d’horreur catastrophique qui s’appelait sobrement HUMAINS, se nomme dorénavant « La Fabrique 2 ». Un nouveau long-métrage par la même équipe ? On demande à voir…

Nouvelle tentative horrifique de la part des français, ce premier long-métrage de Franck Richard (on dirait le pseudo d’un acteur de films pornos !) rassemble des comédiens de premier plan comme Yolande Moreau et Emilie Dequenne. C’est d’ailleurs assez amusant d’y voir la jeune actrice qui débuta dans les œuvres sociales des Frères Dardenne se retrouver en tête d’affiche d’un film d’horreur craspec !



Hommage appuyé à toute une frange d’influences directement sorties du cinéma bis italien, Bruno Mattei en tête, LA MEUTE est une œuvre étrange et surréaliste. On ne sait pas bien ce que son réalisateur a envie de raconter, son essai cinématographique ressemblant davantage à une forme de collage entre comédie grossière, films de monstres et « torture porn » qu’à une trame scénaristique cohérente. Néanmoins, si le film verse assez souvent dans le ridicule via des dialogues et des personnages assez crétins, il se dégage de ce premier film une très belle atmosphère ponctuée par quelques fulgurances visuelles assez étonnantes, comme ces créatures qui sortent de terre à la pleine lune. Des zombies ? Il s’agit de La Meute du titre, bien entendu. Et ils sont méchamment superbes lorsqu’ils essaient de se nourrir du sang de la belle Emilie. On a ainsi droit à quelques grands moments de n’importe quoi qui, même sans queue ni tête, arrive à rendre le film de Franck Richard assez attachant. Une pure série Z finalement assez jouissive à savourer. Une façon plutôt agréable de finir une semaine de cinéma réellement fantastique qui prouve encore une fois la vitalité de ce genre cinématographique. Avec tellement de points de vue, de styles et d’approches différentes que l’on ne s’en lasse jamais. Merci au NIFFF d’exister et de partager avec nous toute cette diversité qui fait la richesse du 7ème art. Rendez-vous est pris pour l’année prochaine. Cela vient de finir et on en redemande encore… ENCORE !!!

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