samedi 10 juillet 2010

NIFFF 2010 / Day 7

NIFFF 2010 / Day 7 : 10 juillet 2010

Ouaiiiis, c’est le weekend! Plein de films à voir… Encore! Encore!!

A mesure qu’on approche de la fin de cette dixième édition du NIFFF, la fatigue commence à sérieusement se faire sentir… Alors qu’on souhaiterait peut-être commencer à faire des nuits un peu plus longues, voilà qu’elles sont de plus en plus courtes! Les projection ne débutant plus durant l’après-midi, genre vers 14 heures comme ce fut le cas ces derniers jours, elles se retrouvent maintenant plus proche des 12 heures. Du coup, en plus des heures de sommeil réduites, on a quasiment plus vraiment le temps de bien manger. Tout ceci est passablement secondaire, tant que l’on peut s’enivrer devant de belles pépites cinématographiques…

Pour commencer, on débute avec un film suisse de 1987 nommé JENATSCH. Par le réalisateur de LA PALOMA, on découvre ici une nouvelle exploration des labyrinthes de la conscience avec cette enquête d’un journaliste obsédé par un historique révolutionnaire grison. Ravagé par des visions, il perd pied et pénètre dans une sorte de 4ème dimension, une zone de passage vers le XVIIème siècle… Nanti d’une superbe distribution qui regroupe Michel Voïta, Christine Boisson, Jean Bouise et Carole Bouquet dans un petit rôle essentiel, voici une nouvelle œuvre singulière qui bascule doucement vers un fantastique médiéval. Une belle opportunité pour verser dans un lyrisme mélancolique assez hypnotisant, bien aidé par d’excellents comédiens. Une très belle découverte!

Le gros morceau de bravoure cinématographique du jour fut une production russe datant de 2008 : THE INHABITED ISLAND de Fyodor Bondarchuck! Un space-opera en deux parties de près de 4 heures. La première partie porte le sous-titre de STRANGER tandis que la dernière partie est celle de REBELLION. Un budget conséquent a été attribué à ce long-métrage qui convoque tous les codes de la SF dans un maelström d’influences très classiques : on y retrouve l’univers de BLADE RUNNER, on pense aussi souvent à TOTAL RECALL, les séquences d’actions rappellent THE MATRIX à nos souvenirs… Le résultat est assez exotique, même étonnant et rafraîchissant, souvent jubilatoire. Jamais ennuyeux, avec son histoire très épique et ses personnages valeureux, THE INHABITED ISLAND est personnifié par une troupe de comédiens qu’on jurerait issus du milieu de la mode avec toutes ces belles gueules. A commencer par Vasiliy Stepanov, sorte de « chippendale » blond au sourire dentifrice tellement pimpant qu’il en devient attendrissant…

Ce long-métrage gargantuesque est le plus gros succès cinématographique russe. Apparemment difficilement exportable, c’était donc une occasion unique de pouvoir le découvrir en salles durant le festival du NIFFF. Sur la forme d’une révolution socio-politique face à une société futuriste totalitaire (on est en 2157), un homme étrange se dresse. Il est beau, il est fort et il est cool. Il va mettre la pâté à tout le monde dans un déluge d’effets spéciaux bien gratinés. FLASH GORDON version ruskov, ce gros film est une véritable bande dessinée bien jouissive. A la fois fable naïve avec un héros sans peur et sans reproche mais aussi véritable pellicule d’action démesurée avec des séquences d’une efficacité redoutable (on pensera notamment à l’immense charge des tanks sur le champ de bataille), THE INHABITED ISLAND est un bon gros divertissement populaire devant lequel il fait bon de s’abandonner pour afficher un sourire béat sur le visage d’un cinéphile rassasié devant le grand spectacle que l’on vient de se voir offrir. Fort!



Après ce gigantesque space-opera, ce n’est pas le retour en Suisse mais plutôt un voyage frénétique en direction du Japon que l’on se voit offrir avec la projection tant attendue du troisième volet de la saga TETSUO de Shinya Tsukamoto. Ce nouvel opus, faisait fantasmer les fans depuis 1992, année de la sortie du puissant TETSUO 2. Cette fois-ci, il s’agit d’une nouvelle incursion dans les aventures d’un homme qui se transforme progressivement en machine suite au décès sauvage de son fils… Tsukamoto ne renouvelle guère son scénario, qui est assez similaire à son œuvre phare. Ici, certains de ses choix peuvent surprendre, comme le fait d’avoir tourné son film en langue anglaise et d’avoir choisit un acteur américain pour incarner son personnage principal. Malgré ses décisions artistiques pour le moins étranges, ce nouveau TETSUO ramène son réalisateur au meilleur de son cinéma : à savoir une expérience sensorielle extrême qui flirte avec l’expérimental.

Tsukamoto mettant en scène son long-métrage avec une énergie de fou furieux, secouant sa caméra comme jamais pour déboucher sur un résultat hallucinant qui clouera à son siège le spectateur avide de spectacle démentiel. Malgré le fait que ce long-métrage soit probablement le plus faible de sa saga sur les émotions humaines métamorphosées, l’ensemble ayant de la peine à se renouveler et ne surprendra que les spectateurs qui ne connaissant pas (encore) les deux précédents opus. Néanmoins, ce BULLET MAN permet à son réalisateur de proposer un déchaînement visuel qui a une sacrée gueule sur grand écran. Que tous ceux qui ne supportent pas la « shaky cam », voilà de quoi vous donner une migraine carabinée! Très spécial dans son approche de l’horreur humaine, TETSUO a certainement laissé de graves séquelles chez ses spectateurs. Une forme de cinéma particulièrement agressif qui n’a pas dû plaire à tout le monde!




Après avoir subit un montage d’images épileptiques, c’est toujours assez rassurant de reposer ses yeux explosés devant un film qui s’annonce nettement plus calme et reposant… L’INCONNU DE SHANDIGOR sera ce film. Présenté dans le cadre de la rétrospective sur le cinéma suisse, ce film que Jean-Louis Roy a réalisé en 1967 est un ovni! Un film de SF pop au scénario rocambolesque dont le point d’ancrage est un désarmorceur nucléaire qui s’appelle « L’Annulator ». Cet objet atypique rassemble une belle galeries de personnages : un savant demi-fou, des espions russes et américains, des espions chauves, des courses poursuites, de la romance saugrenue et on y croise même Serge Gainsbourg dans le rôle d’un personnage qui s’appelle sobrement Mr. Spy! Du cinéma suisse extravagant où le cinéaste met en scène de formidables images qui se réclament autant d’une œuvre surréaliste que d’un hommage aux aventures de l’agent James Bond 007. La distribution est aussi hétéroclite que le résultat final : l’étrange Daniel Emilfork, Gainsbourg, Jacques Dufilho, l’incroyable Howard Vernon , Marie-France Boyer… Quel régal!

Après la projection, M. Roy, réalisateur du film devant lequel le public vient de se plonger, est présent avec nous dans la salle. Il se prête gentiment à un échange avec son audience. Très gentil et ouvert à la discussion, le réalisateur parle de sa place au sein de l’industrie cinématographique suisse, ses relations avec les gens du milieu et sa manière bien à lui de mettre en place son univers visuel. Le Monsieur est passionnant à écouter, on le sent visiblement très ému d’être là et de raviver de lointains souvenirs… Il n’est pas non plus avare d’anecdotes souvent assez cocasses vis-à-vis de ses interprètes, notamment Emilfork et Gainsbourg. Mélancolique et passionnant, le bonhomme est aussi sympathique que ses films. Une très belle rencontre…



En sortant du cinéma, bien content d’avoir encore découvert une perle du cinéma suisse, je me prépare gentiment pour la projection de minuit. Je suis doublement excité car il s’agit du formidable film de Ti West, HOUSE OF THE DEVIL! Bien que l’ayant déjà découvert il y a quelques temps en DVD (mon avis est à lire par ici!), je me réjouissait tellement de pouvoir enfin le voir sur grand écran et en copie 35 mm. Je déchanterais, hélas, très rapidement. La projection s’annonce d’emblée bien désastreuse… Il s’agit d’une diffusion vidéo en version française! SCANDALE! Je ne tarde pas bien longtemps à m’enfuir de la salle en criant ma désapprobation. Fâché, je ne retournerai pas lors de ma fuite même si Lukas m’appellera quelques minutes plus tard pour m’annoncer que la projection fut rapidement interrompue pour corriger cet impair. Mis à part le fait que le long-métrage retrouva son langage d’origine, cela reste une diffusion en DVD/Blu-Ray… De loin pas suffisant pour vouloir passer une soirée à le revoir sur grand écran. La suite me donnera raison, les échos qui suivirent la projection ont la résonnance d’une séance désastreuse où le public se moquait de HOUSE OF THE DEVIL, l’audience présente ayant largement plus l’impression d’être en pleine discussion de bistrot que de vivre un moment de cinéma. D’un certain côté, il valut mieux que j’évite ça. Cela m’aurait donné des envies de meurtres… J’en ai finalement profité pour me coucher un peu plus tôt que d’habitude, histoire d’être en forme le lendemain pour l’ultime journée de cette dixième session du NIFFF! Une journée plus courte que d’habitude, football oblige, mais qui devrait réserver son lot quotidien de surprises.

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