jeudi 8 juillet 2010

NIFFF 2010 / Day 5

NIFFF 2010 / Day 5 : 8 juillet 2010

Encore une belle journée de festival lors de ce 5ème jour marathon où les projections se suivent et ne se ressemblent pas. Le cinéphile aventureux ne peut que trouver son bonheur parmi une sélection très éclectique qui permet de très réjouissantes découvertes, notamment à travers les longs-métrages qui ponctuent la rétrospective du cinéma suisse. A mesure que le NIFFF avance, cela en devient même une certitude : le cinéma de genre national est bien là, et les perles exhumées s’enchaînent sur grand écran pour notre plus grand plaisir.

Aujourd’hui, après un frugal dîner sous les arbres - petite visite de réaprovisionnement au centre commercial local - on débute les festivités avec un long-métrage réalisé par Claude Goretta en 1986. Celui-ci s’intitule SI LE SOLEIL NE REVENAIT PAS est est basé sur un roman de Ramuz. Perdus au milieu des Grisons, la communauté d’un petit village apprend qu’un bouleversement climatique est sur le point d’arriver : le soleil va s’éteindre… et si c’est Charles Vanel qui le dit, on le croit ! Le film détaille les réactions des villageois devant cette fantastique et terrifiante prophétie. Une œuvre au plus près des personnages qui permet de dresser de beaux portraits humains, à la fois touchants, pathétiques ou émouvants. Une production suisse envoûtante à l’ambiance captivante bien aidée par des décors naturels de toute beauté, entièrement recouvert de neige. Avec un bel ensemble de comédiens très attachants dont on relèvera spécialement les participations de Charles Vanel, vétéran du cinéma français, ou encore Philippe Léotard dans le rôle d’une sorte de benêt alcoolique complètement désemparé suite à la disparition de sa fille qui s’est enfuie dans la montagne pour ne jamais revenir dans son village…

Après cette très belle démonstration d’un cinéma suisse de qualité, on continue avec une autre production de notre patrimoine. DER DÄMON DES HIMALAYA est un film fantastique suisse très rare réalisé par Andrew Marton, l’homme derrière la fameuse course de chars dans le BEN-HUR de William Wyler avec Charlton Heston. Un long-métrage réalisé dans le contexte d’une véritable recherche scientifique qui amèna des chercheurs de l’Université de Zürich à voyager dans la région du Tibet. Afin de financer leurs aventures, ils réalisent ici une œuvre sur les superstitions païennes qui met à mal une expédition qui cherche à conquérir l’Himalaya. Réalisé en 1934 et produit par le Reich, cette œuvre extraordinaire contient des images fabuleuses d’une contrée fascinante perdue dans les hautes altitudes. Si bien que celles-ci seront à nouveau utilisées pour une production hollywoodienne des années plus tard. Le réalisateur Martin Scorsese, durablement marqué par ces plans sensationnels, s’en inspirera pour la réalisation de KUNDUN. Film fantastique à l’atmosphère remarquable, DER DÄMON DES HIMALAYA est tout simplement superbe, riche d’un contexte aussi fascinant que spectaculaire, il navigue entre documentaire et cauchemar naturel, dégageant des ambiances fabuleuses qui rappelle le meilleur du cinéma de Jacques Tourneur. Très fort et complètement fascinant, on en ressort transformé par cette expérience cinématographique assez hallucinante. Une merveille.



DEAD END RUN est une anthologie de Sogo Ishii qui se décline en trois histoires qui explorent la connexion entre la vie, la mort et les chemins sans issue. Une nouvelle découverte mémorable par un réalisateur fou furieux pour qui le cinéma se transforme en voyage filmique ultra-speed et à la bande sonore démentielle. Encore une fois, le réalisateur japonais nous démontre sa maestria technique devant ce maelström d’images tout simplement inoubliables. Un film fantastique qui déchire absolument tout avant de virer dans un lyrisme punk tout simplement merveilleux lors de son final !



La foule s’amasse devant les salles Apollo. Bien que l’on soit en milieu de semaine, le public du NIFFF gagne en ampleur chaque nouveau jour de festival. Et il y aura du monde à la projection suivante, BLACK DEATH du réalisateur britannique Christopher Schmidt. Un film vendu comme une grosse aventure d’héroïc-fantasy, ce qu’il est loin d’être car il s’agit davantage d’une grosse charge critique contre les désillusions religieuses qu’un film qui conte les aventures d’une bande de mercenaires qui combattent les Forces du Mal…. Si l’ensemble à visuellement de la gueule et que l’on y retrouve Sean Bean (le Boromir du SEIGNEUR DES ANNEAUX de Peter Jackson), ce curieux film médiéval ne décolle jamais vraiment. Plutôt ennuyeux et répétitif dans sa critique du christianisme qui finit par devenir lourde à force d’appuyer sur la thématique « Il n’y a pas de Dieu ! », ce long-métrage n’offre finalement pas grand-chose en dehors de s’acharner sur l’Eglise et ses serviteurs. Certainement jouissif pour les anti-catholiques, BLACK DEATH n’assure toutefois pas un spectacle médiéval réjouissant avec ces brèves séquences de bataille affreusement filmée. Une déception pour un film qui s’annonçait plutôt bien mais dont la lourdeur thématique en fait plus un film politique qu’un réel film fantastique. Une approche théologique certes intéressante mais qui devrait diviser le public et, au moins, initier un débat certainement plus captivant que son résultat cinématographique !



A l’heure qu’il est, la soirée est déjà bien avancée et la nuit est là, prête à offrir une nouvelle belle séance de cinéma en plein air… Ce soir, il s’agit d’un film suisse par la réalisatrice Bettina Oberli, largement connue pour avoir réalisé une comédie très amusante intitulée LES MAMIES NE FONT PAS DANS LA DENTELLE. Cette fois-ci, avec LA FERME DU CRIME, elle réalise un thriller basé sur un fait divers relaté dans le roman d’Andrea Maria Schenkel . Un très beau drame qui se déroule dans la campagne bavaroise et révèle des secrets familiaux bien violents et tordus. Une histoire alambiquée et montée en épingle à grands renforts de flashbacks qui proposent une approche diversifiée des relations qui unissaient une famille sauvagement assassinée.

Magnifiquement réalisé et remplit d’images envoûtantes (une qualité finalement assez récurrente dans le cinéma suisse !), TANNÖD de son titre original est une très belle surprise qui nous plonge dans les tréfonds de secrets familiaux honteux. Efficace et passionnant à suivre…







La soirée touche gentiment sur sa fin, mais il reste encore une dernière séance : le film après minuit ! Comme d’habitude, il s’agit d’un slasher crétin qui vient, cette fois-ci, d’Islande. Un groupe de touristes parti admirer les baleines se retrouvent face à face avec une bande de maniaques assoiffés de sang. REYKJAVIC WHALE WATCHING MASSACRE est un long-métrage de petit malin qui s’amuse à jouer avec les figures du genre pour les ridiculiser. Un film d’horreur où tout est prétexte à la déconnade, à commencer par des personnages hautement stupides, bien aidés par des dialogues consternants de bêtises. « Ne me tuez pas, je suis un ami de la nature ! »… Ca éclabousse et hurle, on essaie d’amuser la galerie avec cette parodie insupportable où l’on retrouve d’ailleurs Gunnar Hansen au générique. Un petit clin d’œil à MASSACRE A LA TRONCONNEUSE pour ce pauvre film qui énerve plus qu’il ne divertit. La faute à une approche cinématographique ridicule qui se contente exclusivement à offir à son public de la déconnade pure qui se moque de tout, ne respectant absolument rien… Rigolade bien grasse, le public du NIFFF se pâmera d’aise devant ce pseudo film d’horreur pour amateurs d’humour bien lourdingue. IL y a de quoi être dégoûté des slashers après avoir vu celui-ci. Une chose est sûre, les séances tardives de la Compétition Internationale sont à éviter comme la peste. Après MUTANT GIRLS SQUAD et THE REEDS, voici une nouvelle preuve que le cinéma de minuit à Neuchâtel est le réceptacle de visions du cinéma de l’horreur dans le mauvais sens du terme.



Après cette séance bien pénible, c’est tout tranquillement, en essayant se se remémorer les meilleurs films de la journée, que je me dérange gentiment vers ma couette pour m’y écrouler de fatigue. Journée lourde mais majoritairement remplie de découvertes réjouissantes. Le bilan est encore une fois positif et c’est avec un enthousiasme certain que je m’endors quelques heures en pensant à la belle journée de demain qui offrira sans aucun doute son lot de belles surprises cinématographique. Vivement !

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