mardi 6 juillet 2010

NIFFF 2010 / Day 3

NIFFF 2010 / Day 3 : 6 juillet 2010

Plus les jours avancent, le nombre quotidien de séances de cinéma augmentent. Pourtant, on a quand même pas mal de temps devant nous. Les journées dans les salles obscures bien fraîches ne débutent quasiment qu’en milieu de journée. On est encore loin du rude marathon qui nous attend le weekend qui arrive, avec des films le matin, l’après-midi, le soir, la nuit… C’est à se demander quand on va avoir du temps pour se reposer, manger et dormir ! Ah, c’est dur la vie de festivalier.

Bien que l'énoncé prometteur de « Les Chimères de Heidi » semblait prometteur pour débuter la journée, il se cachait derrière ce titre intriguant une sélection de courts-métrages suisses déjà programmé lors des 9 précédentes éditions. Pas de quoi vraiment s’enthousiasmer, si bien que notre joyeuse équipe de cinéphiles préféra prendre carrément son après-midi pour squatter un petit coin à l’ombre sur l’herbre douce, une petite brise agréable dans les cheveux… Mais ce n’est pas pour autant que l’on boit à satiété ou que l’on se remplit la panse plus que de raison. Par contre, c’est surtout l’occasion de discuter… de cinéma avec ses amis. De bons instants à passer le temps entre cinéphages avertis.

Il est pas loin de 18 heures et toujours pas encore vu de film en ce 3ème jour du NIFFF. BLACK OUT, de Jean Loui Roy est au programme. Une autre curiosité du cinéma suisse à découvrir dans la grande salle du Théâtre du passage. Un huis-clos prenant, autant drôle qu’il est angoissant. Un vieux couple, Emile et Elise, se cloître chez eux en étant persuadé de l’imminence d’une guerre. Enfermés dans une maison avec des tonnes de provisions, s’attendant au pire qui ne viendra jamais… Une œuvre très réussie, confrontant un vieil homme et une vieille femme face à eux-mêmes. Brillant.

La soirée se poursuit avec une autre œuvre de qualité, cette fois-ci en provenance de Corée du Sud. Intitulé BEDEVILLED, ce drame familiale intense permet au réalisateur Jang Cheol-So d’offrir à son actrice principale un rôle dur et superbe, celui d’une esclave au service d’une petite communauté vivant sur une île au large de Séoul. Une histoire tragique et prenante qui montre à quel point les choses peuvent déraper dans une cellule familiale dysfonctionnelle; et des liens étranges qui unissent des personnes bien malgré eux. D’une très grande tristesse, ce film puissant est surtout l’occasion d’admirer un superbe travail de dramatisation très bien maîtrisé qui ne propose aucune échappatoire… avant de se terminer dans un bain de sang fait de larmes et de désespoir. Ce qui est perturbant, c’est de voir à quel point le public semble s’amuser devant cette histoire où rien n’est véritablement drôle bien que le cinéaste parsème indubitablement son intrigue d’une petite dose d’humour noir. Voir le calvaire d’une jeune femme martyrisée ne prête pas vraiment à la rigolade bien que sa violente réaction face à ses tortionnaires est évidemment très jouissive à voir... Parfois, il est bien difficile d’interpréter les réactions d’un public qui s’esclaffe alors que la situation ne s’y prête pas. Davantage un drame poignant qu’un divertissement fun où le sang est copieusement déversé, BEDEVILLED est une franche réussite quinous donne le meilleur du cinéma coréen.



La suite, c’est à l’Open Air que cela se passe. Me retrouvant seul face à l’écran géant sur la grande place au bord du lac ; les copains s’étant réfugiés devant THE CRAZY FAMILY présenté par Sogo Ishii en personne ; je visionne mon second long-métrage à ciel ouvert. Mais cette fois-ci, je déchante asez rapidement devant ce film d’animation suédois nommé METROPIA. Présenté comme une nouveauté visuelle créé à partir d’images photographiques, ce long-métrage étrange ne convainc absolument pas. Tout d’abord on n’y comprend pas grand-chose, et son esthétique particulière ne fonctionne absolument pas. Froide et mécanique, ces images très moches font immédiatement penser aux pantins rigolos des « Têtes à Claques » en moins drôle avec leurs têtes déformées et des gros yeux. L’ensemble, un brin rétro, nous replonge dans les pires résultats de l’infographisme avec en plus une histoire inintéressante et des personnages creux à la voix monocorde… pourtant assurée par des célébrités reconnues comme Vincent Gallo, Udo Kier ou encore Juliette Lewis. Las, j’en suis ressorti cruellement déçu. Tentative ratée de proposer une nouvelle variation formelle, ce film d’animation ne convainc absolument pas. En plus, il a fait bien froid lors de cette séance de cinéma qui, en plus, présenta des lacunes techniques comme un cadrage complètement décentré qui nécessita une interruption de projection à dix minutes de la fin du film…




Il est pas loin de minuit, je suis complètement frigorifié et fatigué. Pourtant, la soirée n’est pas fini et cela vire même carréement au sadomasochisme car le film de la nuit qui va clôturer cette soirée déjà bien entamé est la nouvelle production des créateurs de TOKYO GORE POLICE et MACHINE GIRL. Autrement dit du « V-Cinema » décomplexé (pour ne pas dire complètement crétin) qui n'offre à ses spectateurs que des geysers de sang tellement exagérés qu’ils en deviennent grotesques. Pas de bol, MUTANT GIRLS SQUAD ne varie pas une seconde de ce que l’on peut attendre de ce genre de long-métrage torché comme une chiure de mouche. Minable et répétitif, mais tout de même moins mauvais que TOKYO GORE POLICE, cette variation de X-MEN avec de jolies petites pépées asiatiques n’est de loin pas aussi sympathique que MACHINE GIRL qui possédait un tant soit peu d’un scénario linéaire. Ici, ce n’est qu’effusion de sang et mutations débiles… Un « freak show » pour grands enfants amateurs d’humour pipi/caca, un vrai film de festival qui fait ressortir le meilleur de son public. Rires gras, applaudissements et cris d’enthousiasmes dans la salle, MUTANT GIRLS SQUAD remplit aisément son contrat en tant que cinéma-poubelle qui est aussi immédiatement jouissif qu’une branlette en public. Il y en a qui aime ça, ce n’est pas trop mon cas et je n’ai eu aucun scrupule à pioncer un bon moment durant la séance, ne ratant finalement pas grand-chose.

Constat du jour plutôt positif avec le cinéma suisse et coréen, désastre artistique pour celui est provenance de Suède et du Japon. Festival de goût et de diverses couleurs, le NIFFF proposa encore une fois une belle journée contrastée aux parfums subtils allant de l’enivrant au plus vomitif. La suite !!

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