mardi 6 juillet 2010

BALADE A TRAVERS LE CINEMA FANTASTIQUE SUISSE

BALADE A TRAVERS LE CINEMA FANTASTIQUE SUISSE, 1ère partie

Grâce aux nombreuses rétrospectives que l’on trouve au NIFFF, on a la chance de pouvoir faire des retours en arrière dans le paysage cinématographique international. Lors de l’édition 2010, le Festival du Film Fantastique de Neuchâtel propose une rétro’ qui s’intitule « L’ombre d’un doute : Quand le cinéma suisse devient fantastique ». Une occasion unique de découvrir l’histoire d’un genre à la fois riche et mouvementé issu de nos contrées. Des productions classiques à voir ainsi que des expérimentations d’auteurs avant-gardistes. Un programme inédit de 30 films à découvrir en salles. Une belle opportunité durant laquelle il faudra faire des choix, pas toujours faciles, afin de choisir les œuvres les plus intéressantes à voir. Voici donc ma petite sélection, en plusieurs parties, de ces films suisses particuliers que j’ai eu la chance de découvrir lors de la 10ème édition du NIFFF.

DIE EWIGE MASKE de Werner Hochbaum (1935)
Se sentant responsable de la mort d’un patient, le Dr Dumartin sombre dans le délire, persécuté par un masque spectral, son double maléfique.

Ce film fantastique se déroule à Bâle, dans un hôpital où de jolies infirmières et des docteurs essaient de soigner des patients qui souffrent de méningite. La mort frappe 90% de ces malheureux et les médecins s’échinent à trouver une cure à ce mal. Notamment le Dr Dumartin, jeune interne ambitieux qui va plonger dans la schizophrénie.

Si l’intrigue médicale est des plus classique, avec ces personnages de vieux docteurs ancrés durement dans une éthique médicale traditionelle face au jeune loup adepte de méthodes plus modernes, DIE EWIGE MASKE bascule gentiment dans une dimension purement fantastique lorsque le bon Dr Dumartin se voit envoyer au département psychiatrie après avoir tenté de se suicider en se jetant d’un pont. Ce plongeon l’emmène directement dans un décor épuré aux trucages visuels expressionnistes, mixage d’influences venant tout droit d’un cabaret avec jeunes filles dansantes en surimpression appuyé par des éclairages stroboscopiques élaborés. Les images sont souvent surprenantes, voire même parfois effrayantes avec ces silhouettes étranges tapies dans l’ombre. Il y a aussi cette imposante salle des machines que l’on croirait issue d’une œuvre de Fritz Lang, à la METROPOLIS, où le jeune fou s’en prend à la technologie dans le but de la détruire. Le Dr Dumartin va se trouver confronté à sa propre conscience dans un univers onirique qui semble évoquer l’enfer.

Très soignée, cette superproduction suisse qui est sans doute le film fantastique le plus abouti de cette période (dixit la brochure du NIFFF) est une œuvre très intéressante qui confronte deux visions de la médecine qui s’opposent, entre traditionnalisme et modernisme. DIE EWIGE MASKE se termine sur un lent travelling qui s’approche d’un logo pharmaceutique se remplissant de lumière. Le milieu médical triomphe donc des épreuves, nons sans avoir basculé dans une ambiance fantastique du meilleur effet, constituant par là une intéressante vision plastique à défaut d’être un long-métrage totalement convaincant.

STRASEK – DER VAMPIR de Theodor Boder (1982)
Avant même le générique de STRASEK – DER VAMPIR, Theodor Boder dédie son film à Car Theodor Dreyer. Pourquoi ? Car son long-métrage est un hommage direct au film VAMPYR, sommet esthétique d’atmosphère cinématographique où l’auteur revisitait le mythe du suceur de sang, lui donnant une aura très envoûtante.

Cette variation suisse, située dans l’Oberland bernois, en reprend les codes visuels pour aboutir à un résultat très expérimental. Suite de tableaux fixes étranges, le réalisateur s’échine à développer une ambiance basée sur les postures statiques et les ombres qui reposent sur ses personnages. A la manière d’un documentaire, une voix-off décrit la vie d’un jeune garçon aux mœurs particulières que l’on voit grandir à l’écran. Dans sa deuxième partie, située dans les Alpes suisses, le film vire dans un surréalisme délicieux, aidé par des dialogues souvent ridicules qui provoquent l’hilarité dans la salle.

Une journaliste française se joint à cette créature de la nuit recluse dans une étable qui se met à voler des moutons pour pouvoir se nourrir. Grand moment de cinéma, qui nous fait voir le vampire courir avec son mouton sur les épaules, traversant un petit chemin au milieu d'un immense décor alpestre... Mais revenons aux choses sérieuses. La jeune femme est là pour réaliser un reportage sur la région, désirant découvrir cette contrée en hiver, dépeuplée et recouverte de son manteau de neige… avant de se rendre compte qu’elle se fourvoie complètement, tant la région est déserte toute l’année et qu’il n’y a finalement pas grand-chose à découvrir dans l’Oberland bernois.

Dans son dernier acte, le vampire est finalement incapable de mordre sa victime au moment crucial, et se verra dérangé durant son attaque par des villageois qui yodle en forêt avec des flambeaux. S’enfuyant à toutes jambes, Strasek se retrouve prisonnier sur un glacier et, après une chute ridicule dans la neige, est finalement congelé dans la glace…

STRASEK – DER VAMPIR, tentative ratée d’égaler l’ambiance du film de Dreyer est une amusante curiosité suisse, parfois décalée et surprenante, laissant souvent le public hilare devant l’incongruité des situations. Il faut dire que le parti pris esthétique est très spécial, lent et contemplatif, suite d’images figées qui s’observe plus qu’elle ne se comprenne. Envoûtant pour les uns, ennuyeux pour les autres, et baignée d’une nappe synthétique comme fond sonore, c’est une vision intimiste et expérimentale sur l’un des thème les plus exploré du cinéma mondial. Adepte de cinoche iconoclaste, voilà une perle rare et hautement appréciable!

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