vendredi 11 juin 2010

MACHINE GIRL

MACHINE GIRL (Kataude Mashin Gâru) de Noboru Iguchi (2008)

La vie d'une jeune fille bascule le jour où un groupe de yakuzas massacre sa famille et la torture en lui coupant le bras gauche. Décidée à se venger, elle se construit alors une mitraillette en guise de prothèse.



Au niveau conceptuel, ce long-métrage de Noboru Iguchi est pareil que TOKYO GORE POLICE. On a ici de nouveau droit à du "méga gore" qui éclabousse sans cesse l'écran. Avec son héroïne sexy, arme fatale par excellence, elle dézingue à toute allure, son énorme mitraillette se chargeant de faire exploser les corps de ses ennemis et de les transformer en hachis parmentier. Contrairement au film de Yoshihiro Nishimura, MACHINE GIRL n'est heureusement pas qu'un étalage d'effets spéciaux bon marché. Iguchi essaie au moins de développer une histoire, aussi infime soit-elle. Il combine le drame social et le film de vengeance avec une approche décomplexée bien cartoonesque. Le personnage principal est assez charismatique, fort et attachant à suivre. Il est interprété par Minase Yashiro, une mignonne "idol" japonaise spécialisée dans les photos et vidéos "sexy"; qui fait ici ses débuts au cinéma. C'est l'atout de charme de cette histoire qui débute avec des adolescents qui se font racketter et humilier par des bandes de jeunes yakuzas avant que tout ne dégénère très vite... Ici, rien n'est bien sérieux même si les événements auxquels on assiste sont très tragiques. Le réalisateur injecte à ces situations un second degré plutôt réjouissant qui en désamorce complètement la dramatisation. On est proche de l'univers d'une bande dessinée à la violence bien marquée où tous les problèmes se règle dans un bain de sang.

Soutenu par des séquences d'action qui mixe allègrement humour et efficacité, MACHINE GIRL à tout du manga "live" complètement barge avec des personnages hauts en couleurs, notamment du côté des "vilains" qui redoublent de perversité dans la torture et les mises à mort. Mais tout ceci est fait dans un esprit plutôt assez léger qui déclenche davantage l'hilarité que de nous foutre la nausée. Du coup, le long-métrage est plutôt agréable à suivre car très amusant et assez bien rythmé, on ne s'y ennuie pas. L'héroïne avec son arme à feu en bout de bras rappelle d'ailleurs à notre souvenir une autre figure de cinéma bien déjantée, à savoir Ash et son bras-tronçonneuse dans EVIL DEAD 2 de Sam Raimi.

Bien entendu, MACHINE GIRL est une petite production aux moyens dérisoires avec des effets caoutchouteux bon marché et baignés dans des hectolitres de sang rouge vif. L'ensemble est peut-être passablement ridicule, il n'est jamais crétin et surtout exécuté avec un réel bon esprit. Et puis il y a tout plein de bonnes petites idées bien délirantes (comme le soutien gorge!) qui le transforme en spectacle très festif, remportant l'adhésion très rapidement avec son humour de seconde zone et ses séquences de combats pleines de punch. Bien rythmé et suffisamment court pour ne pas être ennuyeux, il se révèle très plaisant à suivre et nous fait passer un distrayant moment de cinéma alternatif japonais.


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