jeudi 10 juin 2010

LA ROUTE

LA ROUTE (The Road) de John Hillcoat (2009)

Il y a maintenant plus de dix ans que le monde a explosé. Personne ne sait ce qui s'est passé. Ceux qui ont survécu se souviennent d'un gigantesque éclair aveuglant, et puis plus rien. Plus d'énergie, plus de végétation, plus de nourriture... Les derniers survivants rôdent dans un monde dévasté et couvert de cendre qui n'est plus que l'ombre de ce qu'il fut. C'est dans ce décor d'apocalypse qu'un père et son fils errent en poussant devant eux un caddie rempli d'objets hétéroclites - le peu qu'ils ont pu sauver et qu'ils doivent protéger. Ils sont sur leurs gardes, le danger guette. L'humanité est retournée à la barbarie. Alors qu'ils suivent une ancienne autoroute menant vers l'océan, le père se souvient de sa femme et le jeune garçon découvre les restes de ce qui fut la civilisation. Durant leur périple, ils vont faire des rencontres dangereuses et fascinantes. Même si le père n'a ni but ni espoir, il s'efforce de rester debout pour celui qui est désormais son seul univers.

Voilà un sujet fort bien traité. Si cela parle de fin du monde, LA ROUTE reste un film quasiment intimiste, pratiquement entièrement focalisé sur la relation entre un père et son fils. Et c'est juste complètement bouleversant, avec son lot de séquences très poignantes, petits instants de vie dans un monde à la lisière de la folie qui donne le ton et ne vous lâche plus! L'approche est impressionnante, voire même souvent terrassante par la force de ses images aux teintes déprimantes. Ponctuellement, les rencontres à travers le monde dévasté s'avèrent toujours très captivantes et même terrifiantes, les hommes ayant recours au cannibalisme pour survivre. On est parfois proche d'un film d'horreur, entre le "survival" et pure terreur.


LA ROUTE est intense et riche en émotions, et permet à Viggo Mortensen de livrer une performance assez incroyable. Mais on retiendra spécialement celle de Charlize Theron pourtant réduites à quelques minutes, apparaissant uniquement en "flashbacks", dont l'intensité et la teneur dramatique de ses scènes sont tout simplement inoubliables et d'une puissance peu commune. On notera aussi l'apparition d'un vieillard sous les traits de Robert Duvall, absolument méconnaissable. Encore une fois, très poignant. LA ROUTE bénéficie également d'une très belle mise en scène de John Hillcoat, alternant avec doigté la "réalité" d'aujourd'hui et de brefs instants du passé de cet homme qui se rattache entièrement à son fils pour ne pas devenir fou. Et toute cette tension palpable même à travers ces décors tristes jusqu'aux brefs explosions de violence distillés à travers cette odyssée humaine... C'est donc un film qui frappe fort, qui accroche le spectateur à la gorge de la première à la dernière image. Une oeuvre fascinante, belle et terrifiante à la fois. Un film qui vous hante et que l'on oublie pas. Exceptionnel! A NE PAS MANQUER!!

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