lundi 7 juin 2010

HALLOWEEN

HALLOWEEN de Rob Zombie (2007)

S'attaquer au remake d'un film comme HALLOWEEN n'est pas chose aisée. D'autant plus que la mise en scène de John Carpenter était un sommet du genre, arrivant à faire ressentir aux spectateurs tout le malaise et la terreur qu'inspire la figure fantomatique de Michael Myers, même lorsque celui-ci est hors-champ. Il est intéressant que le remake soit effectué par quelqu'un de la trempe de Rob Zombie, car il s'agit d'une personnalité très particulière qui, en l'espace de quelques films, a déjà réussi à imprimer des images inoubliables sur les rétines des fans de cinéma d'horreur. Pourtant, et il fallait s'y attendre, cette reprise d'un classique du cinéma est loin d'être une réussite complète car il est difficile de se détacher des figures incontournables qu'a imposé l'oeuvre originale...

Le gros problème du HALLOWEEN refait par Rob Zombie est qu'il se rapproche beaucoup trop de son modèle. On y retrouve tout d'abord la plupart des personnages qui font le sel de l'intrigue : tout d'abord Michael Myers, enfant et ensuite adulte; le docteur Loomis et finalement Laurie Strode, la soeur du tueur qu'il cherche à retrouver à Haddonfield lors de la nuit de la Toussaint. Mais avant qu'il s'attache à rejouer la structure cinématographique de cette fameuse nuit, Rob Zombie prend un soin particulier à nous faire découvrir l'enfance de Michael. Père brutal, dénigrant et alcoolique, mère strip-teaseuse et une soeur un brin salope, le jeune garçon est un enfant aux idées noires (il s'amuse à torturer et tuer de petits animaux comme des souris ou un chat) qui baigne dans un climat familial assez malsain. A l'école ce n'est pas mieux, étant brimé par la plupart des autres gamins. Pas étonnant que Michael finisse par se débarrasser des gens qu'il méprise en les tuant d'une manière froide et cruel. Battant à mort l'un de ses camarades, égorgeant son père et poignardant à plusieurs reprises sa frangine, voici comme débute la légende de Michael Myers.

Le réalisateur affectionne particulièrement l'imagerie des "rednecks" avec leur look crasseux et cheveux longs. C'est donc un choc de voir le visage du mal sous les traits d'un petit blondinet bouffi à la coiffure hirsute et au regard digne d'un rockeur désabusé. Même remarque pour le personnage incarné par Malcolm McDowell et sa coupe de cheveux inappropriée (du moins dans la première partie du film, sans doute pour lui donné un look "jeune"!). Le traitement de Rob Zombie est de vouloir humaniser cette figure maléfique qui tue de manière instinctive. L'intention est louable mais le résultat est plus proche du ridicule qu'autre chose. D'autant plus que les comédiens sont, pour la plupart du temps, assez mauvais et n'arrive jamais à obtenir une once d'émotions si ce n'est l'ennui le plus complet. Néanmoins, cette première heure de long-métrage est largement plus intéressante à suivre que la suite qui n'est qu'une reprise de LA NUIT DES MASQUES tel que John Carpenter et Debra Hill l'ont imaginé.

Le scénario et la mise en scène de Rob Zombie sont inévitablement, pour qui à vu le film de Carpenter, constamment mis en comparaison avec les éléments originaux et n'apporte aucune fraîcheur ou originalité, même au niveau des meurtres qui restent même très légers en comparaison de ce que le réalisateur nous avait offert auparavant. Zombie arrive même à rendre insupportable le personnage de Laurie Strode qui était si touchant lorsqu'elle était incarné par une jeune Jamie Lee Curtis. Scout Taylor-Compton, qui reprend le rôle, la transforme en jeune adolescente insupportable qui ne fait pas grand chose d'autre que de hurler et de pleurer. Il faut dire que le script n'aide certainement pas à construire ce rôle déjà guère consistant. On se consolera un peu avec la présence toujours agréable de Danielle Harris qui avait déjà été confronté au croquemitaine des années auparavant dans HALLOWEEN 4 et HALLOWEEN 5. Ici, elle n'est qu'une copine de Laurie qui servira de chair à pâté (à moitié nue) face à Michael Myers.



Pour enfoncer le clou, Rob Zombie reprend même le thème musical légendaire également créé par John Carpenter pour l'illustration sonore de son "monstre" mais le travail qu'en fait Tyler Bates n'est décidément pas à la hauteur, et suffisamment original pour se démarquer quelque peu (alors qu'elle se révèle terrifiante prise hors contexte, à écouter ci-dessus!), et ne fait que renforcer la comparaison entre le film original et sa piteuse copie qui donne plus envie de pleurer que de hurler de peur. Sur ce coup-ci, la fameux réalisateur qui avait donner un sacré coup de fouet au genre avec LA MAISON AUX 1000 CORPS et DEVIL'S REJECTS rate son film dans les grandes largeurs. Si l'idée en soit d'un remake du mythe de Michael Myers était une bonne idée, le fait de trop coller à son modèle est plutôt désastreux et le résultat final est beaucoup trop hybride et ne convainc absolument pas. Probablement réalisé sous la contrainte de producteurs qui ne voulaient pas trop sortir des sentiers battus déjà bien creusés par les nombreux épisodes de la saga HALLOWEEN (Tarantino, intéressé par le projet il y a de cela des années, s'était déjà brouillé avec les financiers), il reste que la copie de Rob Zombie est une bien grosse déception, autant pour les fans de Michael Myers que pour tous ceux qui chérissent le cinéma d'horreur de qualité. Quelques années après la sortie en salles du film, revoir celui-ci aujourd'hui est nettement plus digérable et les partis pris scénaristiques de son réalisateur se révèlent plutôt intriguants, même si la plupart du temps ils ne sont guère réussis. Il faut dire que la mythologie du croquemitaine d'Haddonfield a la peau bien dure et que c'est bien difficile d'apporter un peu de sang neuf à une franchise qui n'arrive pas vraiment à se renouveler. Un constat qui sera bien complètement différent avec sa suite directe, intitulée HALLOWEEN II et toujours mis en scène par Rob Zombie. Mais cette fois-ci réalisateur arrive enfin à s'affranchir des codes établis pour apporter finalement une vision terrassante de Michael Myers!

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