mercredi 12 mai 2010

LES GRIFFES DE LA NUIT

LES GRIFFES DE LA NUIT (A Nightmare On Elm Street) de Wes Craven (1984)

Nancy est une jeune adolescente qui fait régulièrement des cauchemars sur un homme au visage brûlé, avec un vieux pull déchiré et quatre lames tranchantes au bout de sa main droite. Elle constate d'ailleurs que, parmi ses amis, elle n'est pas la seule à faire ces mauvais rêves. Mais bientôt l'un d'entre eux est sauvagement assassiné pendant son sommeil. C'est ainsi que le groupe fait la connaissance de l'ignoble Freddy Krueger, qui se sert des cauchemars pour assassiner les gens qui rêvent de lui. Nancy comprend qu'elle n'a plus qu'une seule solution : si elle veut rester en vie, elle doit rester éveillée...

En tant qu’amateur de films d’horreur, découvrir LES GRIFFES DE LA NUIT équivaut de faire une rencontre inoubliable avec une icône incontournable du genre. De celles qui vous donnent des nuits de cauchemars à répétition. Grâce à son scénario brillant, ce premier opus de la célèbre saga des aventures de Freddy Krueger est très certainement le plus réussi de tous. Il trouve ses racines dans la « réalité », ne montrant jamais un monde fantastique dès qu’une personne s’assoupit durant le film. Au contraire, on se retrouve automatiquement plongé dans les bas-fonds d’une cave ou d’une chaufferie, des décors parfaitement adéquats pour présenter cette plongée glauque du milieu des rêves avec un assassin qui tue ses victimes de la plus cruelle des façons. Et il n’y a aucune échappatoire, si ce n’est de ne pas dormir… Ce qui équivaut à devenir, tôt ou tard, complètement cinglé.


Contrairement à beaucoup d’autres films d’horreur pour lesquels les personnages d’adolescents ne représentent rien de mieux que de la chair à pâté, les protagonistes de cet opus sont des adolescents pour qui le spectateur développe un attachement émotionnel suffisamment rare pour se sentir directement concerné par la tournure tragique des événements. Du coup, les séquences de meurtres sont particulièrement éprouvantes, ne serait-ce que celui de Tina (la jolie blonde Amanda Wyss), massacrée dans son lit, alors que son petit ami assiste impuissant à cette tuerie d’une violence ahurissante. Il est sera de même pour Glen (interprété par un Johnny Depp encore tout gamin!), littéralement aspiré par son lit et recraché dans un gigantesque geiser de sang qui inonde complètement la pièce… sous les yeux de sa mère hurlant comme une folle! Wes Craven excelle dans la mise en place de ces assassinats, se montrant à la fois d’une originalité folle et d’une audace sadique qui fout franchement la nausée.

La grande force du film réside particulièrement dans ses personnages, notamment celui de Nancy, campé avec grande conviction par Heather Langenkamp qui livre une prestation époustouflante, un rôle à fleur de peau réellement émouvant. A l’opposé de la jeune femme, dans le rôle du croquemitaine, on trouve le comédien Robert Englund qui interprète son rôle avec une certaine sobriété bien que celui-ci soit souvent enclin à une forme de cabotinage via des dialogues souvent assez ridicules. Heureusement, dans ce premier opus, Freddy n’en fait pas trop et reste toujours très effrayant même durant quelques écarts à travers des blagues macabres et autres jeux de mots à deux balles. Par exemple, en voyant la fameuse scène du téléphone où la langue de Freddy sort du combiné pour lécher les lèvres de Nancy, on se retrouve devant un instant d’effroi qui pousse plus à hurler de peur qu’à rigoler à gorge déployée. « I’m your boyfriend now, Nancy! ».


Ce premier cauchemar concocté par Wes Craven est donc un véritable traumatisme cinématographique, et ce dès la première séquence qui ouvre le film. Dans une petite lucarne de l’écran qui diffuse le film, on découvre la création du fameux gant de Freddy. Une figure du cinéma d’horreur naît ainsi devant nos yeux. Uniquement ponctué des râles macabres de son personnage principal, LES GRIFFES DE LA NUIT débute à peine qu’il vous saisit immédiatement par son ambiance lugubre pour ne plus vous lâcher durant toute la durée du film! Les scènes chocs sont distillées avec parcimonie et se révèlent souvent brillantes et effrayantes, notamment celle de l’apparition du cadavre ensanglanté de Tina encore emballé dans son sac mortuaire au beau milieu d’un couloir de collège. Il y a aussi cette scène-clé qui voit la mère de Nancy (l’excellente Ronee Blakley) dévoiler à sa fille la « mythologie » de Fred Krueger, alors qu’elle ressort les griffes du tueur qu’elle cachait dans sa cave… L’ambiance pesante du long-métrage doit aussi beaucoup aux tonalités synthétiques produites par Charles Bernstein, compositeur de la musique, qui est un élément primordiale à la réussite des GRIFFES DE LA NUIT. Véritable chef-d’œuvre de terreur qui n’a rien perdu de sa force évocatrice, le film laisse une empreinte marquante dans l'histoire du film d'horreur. Et bien que certains effets spéciaux ont plutôt assez mal vieillit, il restera toujours un de ces longs-métrages indétrônables pour lequel, un jour ou l’autre, vous aurez certainement droit à une pénible nuit blanche.

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