mercredi 12 mai 2010

LA REVANCHE DE FREDDY

LA REVANCHE DE FREDDY (A Nightmare On Elm Street 2 : Freddy’s Revenge) de Jack Sholder (1985)

La famille Walsh emménage dans la maison où vivaient Nancy Thompson et ses parents. Très vite, le jeune Jesse commence à faire des cauchemars tandis que des phénomènes étranges secouent son entourage. À n'en pas douter, Freddy Krueger est de retour...

Avec le succès des GRIFFES DE LA NUIT, le studio New Line n’en a (de loin) pas fini avec les aventures de Freddy Krueger. Voilà qu’il revient pour un deuxième film nommé sobrement LA REVANCHE DE FREDDY. Wes Craven passe la main à un illustre inconnu du nom de Jack Sholder qui réalisera deux ans plus tard un excellent thriller de science-fiction nommé THE HIDDEN. Sur la base d’un scénario écrit par David Chaskin, cette suite s’ancre encore davantage dans la « réalité » et ne choisit pas la voie de la facilité; ce qui est tout à son honneur. Le film ne joue pas la carte de la surenchère en action et effets spéciaux et s’attache surtout à bien développer le retour de Freddy Krueger à l’écran.


Contrairement au long-métrage original, le personnage principal de l’intrigue est ici un jeune homme qui est perturbé par d’horrible rêves. Freddy cherche un nouveau corps pour intégrer la réalité et se remettre à tuer. Durant près d’une heure, LA REVANCHE DE FREDDY prend son temps à faire basculer le personnage de Jesse dans la folie en le poussant à commettre des meurtres. Les apparitions du croquemitaine se font assez rares mais restent souvent très impressionnantes, notamment lors de ce bref échange verbal entre le tueur et sa victime : « You’ve got the body, I’ve got the brain », dit-il en s’arrachant la peau de son crâne, laissant directement apparaître son cerveau. Au fur et à mesure des événements, on plonge de plus en plus dans une spirale angoissante et on partage le calvaire de Jesse, interprété par un jeune acteur très prometteur du nom de Mark Patton qui, hélas, ne fera plus grand-chose par la suite. C'est intéressant de savoir que l'acteur avait auparavant auditionné pour le personnage de Glen dans LES GRIFFES DE LA NUIT, rôle qu'obtiendra à sa place Johnny Depp.



Ce qui est assez étonnant avec cette suite, c’est tout le sous-texte que contient le film. LA REVANCHE DE FREDDY porte en lui une certaine imagerie de l’homosexualité à tendance sado-masochiste. Freddy Krueger souhaite posséder le corps d’un jeune mâle qui n’arrête pas de transpirer dans un appartement suffocant. A mesure que les choses se précipitent on y découvre que Jesse a de la peine à consommer sa relation avec sa copine Lisa (Kim Meyers, dont la ressemblance avec une jeune Meryl Streep est assez troublante!) et s’en va dormir la nuit chez son copain Grady avec qui il n’arrête pas de se chamailler. Et puis aussi, la nuit et sous la pluie, il s’en va fréquenter un bar tendancieux où il est surpris par son professeur de sport. Il s’ensuit une violente séquence de douche, où l’étudiant manipulé par Freddy fout à poil l’homme mûr et se met à lui flageller les fesses avec des serviettes de bain! Toutes ces allusions sexuelles donnent donc un parfum sulfureux à un film d’horreur destiné de prime abord aux adolescents. C’est ce qui constitue l’aspect le plus intéressant du film car au-delà de cela le long-métrage se montre assez timoré en terme de frayeurs. De plus, LA REVANCHE DE FREDDY accumule beaucoup de séquences souvent embarrassantes, voire même ridicules, comme les perruches folles qui attaquent la famille Walsh où encore les scènes qui ouvre et clôture le film, à l’intérieur d’un bus scolaire. Il manque ici une dimension cauchemardesque que le réalisateur a de la peine à instaurer. L’idée de suggérer que la maison de Nancy Thompson (Heather Langenkamp dans LES GRIFFES DE LA NUIT) soit un réceptacle surnaturel pour Freddy n’est également pas assez exploité. Et le réalisateur multiplie les artifices de maison hanté avec maladresses, comme il le démontre en faisant s’enflammer un grille-pain qui n’était même pas branché. Quand l’ambiance angoissante cède rapidement la place au grotesque... Et c‘est un peu la même chose au niveau de l’action, ce n’est pas avec une piètre attaque contre des adolescents en bikini et maillot de bain autour d’une piscine lors d’une soirée barbecue que le personnage de Freddy va nous effrayer…

Néanmoins, on se délectera de la séquence où le tueur d’adolescents ressurgit parmi les vivants en sortant du corps de Jessie. Un moment de cinéma fulgurant, appuyé par des effets spéciaux de maquillage et latex qui impressionnent encore aujourd’hui! Un œil apparaît à travers la bouche; les lames de couteaux qui poussent à travers les doigts et lui déchire les bras; la silhouette du visage tout brûlé de Freddy Krueger qui déforme le ventre de sa victime avant de lui ouvrir le ventre… On a rarement connu un accouchement cinématographique aussi intensément monstrueux. C’est donc un peu dommage que la suite des événements ne soient pas d’une telle force, le film n’atteignant jamais l’angoisse de ses premières manifestations et se termine en nous laissant sur notre faim. Mais il faut quand même reconnaître une initiative assez gonflée pour faire revenir le mythe à la vie même si, au final, cela ne convainc pas entièrement. LA REVANCHE DE FREDDY reste une suite de franchise horrifique assez audacieuse qui tranche radicalement avec le reste de la saga, beaucoup plus porté sur les rêveries cauchemardesques et des effets spéciaux toujours plus impressionnants.


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