jeudi 13 mai 2010

FEMMES SANS PUDEUR

FEMMES SANS PUDEUR (Frauen Ohne Unschuld) de Jess Franco (1977)

Après avoir été retrouvée nue et recouverte de sang dans une somptueuse villa aux côtés d’un couple assassiné, Margarita Martin est en état de choc et se retrouve dans une clinique spécialisée. Incapable de prononcer un mot, la jeune femme suit une thérapie médicale afin que l’on puisse comprendre ce qu’il s’est passé. Les deux personnes mortes étant des trafiquants de diamants, Margarita va autant susciter les convoitises des patientes à la libido exarcerbée que les médecins qui veulent s’appropier les pierres précieuses qui ont mystérieusement disparues…

Cette collaboration entre le cinéaste espagnol Jess Franco et le producteur suisse Erwin C. Dietrich débouche sur un de leurs films les plus cohérent. Cette intrigue policière est assez simple et ne dérive pas dans un délire fiévreux incompréhensible comme cela peut être souvent le cas avec ce genre de films. Du coup, l’ensemble reste très classique, sans réelles surprises et presque banal… mais c’est sans compter sur le talent du cinéaste qui y injecter une sacrée dose d’érotisme. L’ensemble de sa distribution féminine se retrouvant la plupart du temps en tenue d’Eve. Les amateurs y reconnaîtront de nombreuses comédiennes déjà vues dans d’autres productions ce type. On y retrouve surtout l’incroyable Peggy Markoff qui compose un personnage excessivement halluciné totalement hilarant et on se délecte également de la fraîche Muriel Montossé qui y fait sa première apparition au cinéma. Elle sera par la suite largement plus célèbre pour ses prestations dans l'émission "LA CLASSE" sur la chaîne TV FR3!


FEMMES SANS PUDEUR vaut spécialement le coup d’œil pour Lina Romay, muse du réalisateur, qui y interprète le rôle principal et se retrouve ici avec une coupe de cheveux particulièrement courts. On reverra la comédienne d’ailleurs coiffée de manière similaire dans le fameux PENITENCIER DES FEMMES PERVERSES (Troisième opus de la saga « nazisploitation » ILSA avec Dyanne Thorne), le film ayant été tourné la même année. Lina Romay livre ici une prestation plutôt réussie de femme traumatisée et se montre à nouveau très à son avantage au niveau physique. Le film regorge donc de séquences érotiques « softcore » avec son lot de personnages lesbiens ou bisexuels dont le point d’orgue reste une intense partouze féminine où chacune des pensionnaires de la clinique se sent émoustillée par les gémissements de chienne de la nouvelle venue.


Remplis de nymphomanes déshabillées qui récitent des dialogues ridicules ou qui chantent des « Aria » et agissent comme des folles, FEMMES SANS PUDEUR est un petit film d’exploitation sympathique avec son scénario qui ne vole pas bien haut mais il y manque tout de même un petit grain de folie pour le sortir du lot. Agréable à suivre, surtout pour le regard, on notera aussi que FEMMES SANS PUDEUR a été tourné en Suisse, dans la ville de Lugano et bénéficie d’une très belle photographie. Le cinéaste y inclut aussi des clins d’œil au giallo en mettant en scène un étrange tueur masqué d’une cape noire qui assassine plusieurs pensionnaires avec un grand couteau avant d’afficher un petit retournement de situation pour clôturer cette histoire érotico-policière qui n’intéressera certainement que les acharnés de la filmographie de Jess Franco ou encore toutes les personnes fascinés par l’impudeur de Lina Romay qui se livre toujours corps et âme à la caméra voyeuriste de son réalisateur fétiche.

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