jeudi 15 avril 2010

TRAUMA

TRAUMA (Enigma Rosso) de Alberto Negrin (1978)

Le titre français un peu passe partout, TRAUMA, peut aisément être confondu avec d'autres œuvres du même genre, à commencer par le film homonyme de Dario Argento avec sa fille Asia. D'ailleurs, le long-métrage de Alberto Negrin pioche beaucoup d'idées au célèbre réalisateur de gialli pour composer le sien. Ce film, largement plus connu sous le titre ENIGMA ROSSO (déclinaison sans doute opportuniste de PROFONDO ROSSO!) est en fait le dernier volet non-officiel d'une trilogie initiée avec MAIS QU'AVEZ-VOUS FAIT A SOLANGE et qui fut suivit par LA LAME INFERNALE, tout les deux mis en scène par Massimo Dallamano. Une saga que l'on peut regrouper à un sous-titre plus évocateur, celui de "Schoolgirls In Peril".

Le collège Sainte Theresa est une institution privée pour jeunes filles de bonnes familles. Or, voici qu'un mystérieux tueur commence à assassiner des jeunes pensionnaires de ce collège peut être pas aussi bien fréquentable que cela... L’inspecteur Di Salvo mène l’enquête et est appelé à s’intéresser plus particulièrement à un groupe de trois copines qui aiment à se faire appeler « Les Inséparables ». Toutes trois ont reçus des lettres de menaces signées "Némésis"... Aidé par la jolie Emily, la sœur de 10 ans d’une des adolescentes assassinées, l’inspecteur de police va tout mettre en œuvre pour démasquer l’assassin.

Reprenant le thème d'une école de jeunes filles issus des deux précédents gialli cités plus haut, TRAUMA continue à dévoiler les activités troubles de ces demoiselles en dehors de leurs études. La trame scénaristique suit l'inspecteur incarné par Fabio Testi dans son enquête qui va révéler une société secrète où les filles s'adonnent à toutes les débauches. Peut-être le moins habile et cohérent de cette pseudo trilogie, l'œuvre de Negrin est toutefois celle qui est le plus enclin à filmer la nudité de ses jeunes filles qu'il fait plonger dans de sordides orgies adolescentes. Sa caméra dévoile sans aucune pudeur sa jeune distribution féminine à poil sous les douches et filme même un viol au godemichet en bois. Un parfum de perversions plane en permanence sur cette histoire.

Le réalisateur ménage aussi quelques bonnes séquences typiquement "giallesques" avec ces énormes gros plans sur un oeil dilaté et effrayant qui épie ses futures victimes. Des plans en caméra subjective qui nous situe directement à la place du tueur. La violence à l'écran n'est pas très explicite mais sait être assez originale, comme ce meurtre au fer à friser les cheveux ou encore la chute impressionnante d'une étudiante dans un immense escalier après avoir glissé sur des billes, reversant en même temps une énorme statue de la Sainte Vierge! Il y a aussi une spectaculaire course poursuite moto/voiture sous la pluie et on n'oublie pas une séquence d'interrogatoire qui est assez amusante à suivre vu que celle-ci se déroule sur un grand huit afin de soutirer des aveux plus rapidement à l'accusé (sacré Jack Taylor!) qui ne demande qu'une chose: sortir!

Hélas, malgré de bons moments, TRAUMA ne possède pas le superbe style visuel des œuvres de Dallamano (ce dernier n‘ayant pas pu achever lui-même sa trilogie, suite à sa mort accidentelle en 1976!), on est ici plus proche d'une œuvre télévisuelle. De plus, le scénario est assez confus, s'autorisant des choses assez étranges avec ses personnages. Notamment sur la relation entre le policier et une femme kleptomane. De plus, l'histoire continue de suivre la thématique politico-culotté des précédents opus et fait surtout la lumière sur un twist final ridicule bien qu'assez osé. Le problème découle aussi d'une mise en scène trop tranquille et d'une interprétation qui laisse passablement à désirer. Heureusement, il y a la musique de Riz Ortolani pour sublimer l’ensemble bien que parfois sa contribution s’aventure dans un style inapproprié pour un giallo… Mettre du funk durant une séquence d‘action? Mais c’est n’importe quoi! On est pas dans un film de blaxploitation! Au final, même si cette histoire se termine de manière peu concluante, cela reste une curiosité suffisamment rare à découvrir pour tous les amateurs de gialli. D'autant plus que le film est enfin disponible dans son format Cinémascope d'origine grâce au DVD allemand sorti chez Eyecatcher (édition limitée à 500 exemplaire!).


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