mardi 6 avril 2010

LES AMANTS D'OUTRE-TOMBE

LES AMANTS D'OUTRE-TOMBE (Amanti D'Oltretomba) de Mario Caiano (1965)

Le docteur Stephen Arrowsmith néglige Muriel, son épouse, qui le trompe avec David, le jardinier. Averti par Solange, sa vieille gouvernante et complice, Arrowsmith surprend les amants, les électrocute, garde leurs coeurs transpercés d'une dague et injecte le sang de la belle Muriel à Solange, à qui il redonne une seconde jeunesse. Pour ne pas laisser filer la fortune de Muriel dont hérite sa soeur Jenny, Arrowsmith est obligé de l'épouser. Jenny a longtemps séjourné en hôpital psychiatrique et le sombre individu va tout mettre en oeuvre pour qu'elle y retourne définitivement.

A l'origine, le film devait être en couleurs. Mais son réalisateur ne disposant pas d'un budget suffisamment conséquent, il dû se résoudre à le tourner en noir et blanc. Du coup, l'esthétique des AMANTS D'OUTRE-TOMBE ressemble à l'un des chefs-d'oeuvre de Mario Bava : LE MASQUE DU DEMON. D'ailleurs, les deux oeuvres partagent la même comédienne, l'étrange Barbara Steele dont le visage et le regard perçant conviennent parfaitement pour cette sombre histoire gothique.

Le scénario emprunte également des idées à LA MAISON DU DIABLE de Robert Wise, notamment la psychologie fragile de son héroïne qu'on essaie de faire passer pour une folle. Si Mario Caiano n'a pas le talent pour surpasser ses deux illustres prédécesseurs dans la dépiction d'une ambiance gothique à souhait ou encore la finesse psychologique de son scénario, LES AMANTS D'OUTRE-TOMBE reste toute de même une sacrée belle tentative dans le domaine. Ses images sont très soignées et son long-métrage se révèle très atmosphèrique d'un bout à l'autre. Le film est bien entendu soutenu par la double performance de Barbara Steele, à la fois fragile et terrifiante, blonde et noireaude. Elle y est superbe, d'autant plus que le réalisateur ménage de beaux instants érotiques où la sensualité de l'héroïne se révèle à l'écran.

Le climat générale de l'intrigue est assez inquiétant, d'une perversion sous-jacente qui donne un parfum vénéneux à l'ensemble du long-métrage. Mario Caiano n'est pas non plus avare en instants horrifiques et le démontre avec quelques séquences d'épouvante qui durent faire leur petit effet à l'époque de la sortie du film. Celui-ci se montre même parfois terriblement violent. Les effets de maquillages sont très réussis, notamment le visage très endommagé de Barbara Steele, la souffrance d'un homme brûlé vif... Il font aussi compter la torture des deux amants piégés et enchaînés à un mur, livrés aux sévices sadiques d'un époux machiavélique.

Outre la mémorable interprétation de Barbara Steele, on appréciera également la présence de l'effrayant Paul Muller (souvent associé à des productions bizarres, comme l'inoubliable VAMPYROS LESBOS de Jess Franco) et aussi de la troublante Helga Liné dans le rôle de Solange, la servante. LES AMANTS D'OUTRE-TOMBE permet aussi à Ennio Morricone de composer sa première oeuvre pour le cinéma d'épouvante, thème romantique pour piano à l'appui et ambiance oppressante à l'orgue. Une oeuvre plastiquement superbe qui comblera d'aise les amateurs d'atmosphères gothiques et offre à son interprète principale l'occasion de livrer non pas une mais deux de ses meilleures performances en tant que reine du cinéma d'épouvante!



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