samedi 3 avril 2010

LE PACTE DES LOUPS

LE PACTE DES LOUPS de Christophe Gans (2001)

En 1766, une bête mystérieuse sévit dans les montagnes du Gévaudan et fait de nombreuses victimes, sans que quiconque puisse l'identifier ou la tuer. Les gens ont peur. C'est un monstre surgi de l'enfer ou une punition de Dieu. L'affaire prend rapidement une dimension nationale et porte atteinte à l'autorité du Roi. Le chevalier Grégoire De Fronsac, naturaliste de surcroît, est alors envoyé dans la région du Gévaudan pour dresser le portrait de la bête. Bel esprit, frivole et rationnel, il est accompagné de l'étrange et taciturne Mani, un indien de la tribu des Mohawks. Ces derniers s'installent chez le Marquis Thomas d'Apcher. Au cours d'une soirée donnée en son honneur, Fronsac fait la connaissance de Marianne De Morangias ainsi que de son frère Jean-François, héritiers de la plus influente famille du pays. Fronsac se heurte bientôt à l'animosité des personnages influents de la région...

Christophe Gans est un cinéaste intéressant. Ses films regorgent de références souvent bien digérées et il sait définitivement composer de très beaux tableaux cinématographiques. Hélas, LE PACTE DES LOUPS est une oeuvre hybride qui mélange de nombreuses influences qui ne vont pas forcément très bien ensemble. Mixer le film de costumes à celui du "film de monstres", compilé à des séquences d'art martiaux n'est pas très heureux. Spécialement quand le style de Gans est ampoulé par de nombreux effets de mise en scène pas très élégants : ralentis, gelures d'images, défilement accéléré et autres tics visuels... On sent que le réalisateur aime ses images et en fait très souvent un peu trop. Et puis il y aussi ses comédiens qui prêtent souvent à sourire, spécialement Samuel LeBihan qui ne semble pas trop avoir sa place dans l'univers du cinéaste. Et que dire quand l'acteur se déchaîne, couvert de peintures indiennes sur le visage, dans ses ultimes scènes d'actions?

Heureusement le trop plein du film, sa naïveté et son obsession du détail (photographie somptueuse, costumes et décors, c'est un pur régal visuel!) participent également à son charme et à sa force. Son mélange des genre participle au côté hétéroclite de l'expérience, même avec des séquences quasiment "mangaesques" comme le duel final et son arme en bois complètement folle! Le ridicule n'est pas loin, et pourtant si on marche dans son trip de "La Bête du Gévaudan", le film se révèle comme quelque chose d'unique dans le paysage du cinéma français. Et puis Gans arrive à tirer bonne partie des performances de Monica Bellucci (belle et vénéneuse) que de Vincent Cassel (vraiment très bien) et il y a une ribambelle de seconds rôles qui font plaisir à voir.

Nombre de séquences sont délicieuses, comme cette visite dans un bordel luxueux ou ses fulgurantes séquences d'actions qui fonctionnent à plein régime malgré une "bête" parfois assez grotesque, un "effet spécial" pas forcément très réussi mais qui a au moins le mérite d'être assez original, on dirait même que cela devient même fascinant à voir dans certains plans. LE PACTE DES LOUPS est une oeuvre forte, foisonnante et minutieusement accomplie, presque trop belle, forcément trop longue, lourde... Mais autant l'on peut remarquer ses nombreux défauts, on ne peut nier l'évidence d'un talent français hors norme qui nous convie à une aventure d'une richesse thématique et formelle aussi épuisante que démente. Un film de fou, qui captive aussi bien qu'elle gave.

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