samedi 10 avril 2010

LA MAISON DES PERVERSITES

LA MAISON DES PERVERSITES (Edogawa Rampo Ryoki-Kan: Yaneura No Sanpo Sha) de Noboru Tanaka (1976)

Voici un film plutôt étrange. On ne s'étonnera pas qu'il s'agit d'une adaptation regroupant plusieurs nouvelles écrites par Edogawa Rampo, auteur célèbre dont le pseudonyme fait largement référence à un certain Edgar Allan Poe. Situé dans le Tokyo de 1923, une aristocrate visiblement ennuyée par sa vie passe la plupart de son temps à rencontrer des hommes dans un hôtel de la ville. Dans cette bâtisse, au grenier, se cache un homme qui prend plaisir à faire le voyeur auprès des clients de l'établissement. Ce n'est qu'après que l'aristocrate, se sachant observée, commette un crime (assassinant un de ses amants entre ses cuisses), que l'homme croyant avoir trouvé son "égal" décide lui-même d'accomplir un meurtre à son tour.

Tordu, bizarre et bien entendu sulfureux, LA MAISON DES PERVERSITES est une curiosité cinématographique tout droit sorti (encore une fois!) des studios Nikkatsu. On pourrait à nouveau classer ce film dans le genre très particulier des "roman porno", proposant de l'érotisme assorti à un scénario empreint de réflexions sur les relations entre homme et femme de même qu'une certaine critique "sociale" qui se clôt sur le terrible tremblement de terre qui secoua le Japon durant l'année 1923. LA MAISON DES PERVERSITES est un film plutôt inconfortable mais fascinant. Ses mises en scènes de séquences "charnels" regorgent de perversité, allant bien plus loin que les usuelles relations sexuelles tourmentées telles que peuvent nous en offrir les cinéastes japonais. Ici, on se trouverait presque devant une certaine forme d'onirisme (le clown, l'homme-chaise) qui rappelle le puissant HORRORS OF MALFORMED MEN de Teruo Ishii (également adapté de Edogawa Rampo).

Dans le rôle du voyeur, on y voit un visage familier des amateurs du cinéma de Takashi Miike : Renji Ishibashi. L'acteur que l'on a peut voir s'enfiler dans son cul des instrument étranges (cf. GOZU) était donc déjà familier avec des histoires particulièrement tordues durant les années 70. Le film de Noboru Tanaka se réclame aussi du travail de Nagisa Oshima, tout particulièrement le fameux L'EMPIRE DES SENS avec qui il partage beaucoup de points communs tout en étant beaucoup moins froid. Une oeuvre à ne pas mettre devant tous les yeux, mais passionnera totalement les amateurs de "pink" ainsi que tout adeptes de bizzareries cinématographiques.


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