vendredi 16 avril 2010

DERRIERE AVIDES A REMPLIR

DERRIERE AVIDES A REMPLIR (Odyssey : The Ultimate Trip) de Gerard Damiano (1977)

"Au commencement est la naissance. A la fin, la mort. Entre les deux, il y a la vie." Ainsi débute ODYSSEY, qui présente trois percées intenses dans la libido américaine des années 70 : les fantasmes d'un homme marié perdu dans une maison de passe psychédélique, les émois de plusieurs femmes qui révèlent leurs frustrations sexuelles à une psychiatre et les illusions perdues d'une jeune mannequin, devenue escort girl par dépit amoureux.

Damiano dresse à nouveau des portraits de femmes qu'il psychanalyse avec maestria à travers des tableaux baroques. Le premier, qui nous fait visiter un lupanar dans lequel il règne une atmosphère onirique, un homme et une femme se redécouvre sexuellement à travers cette ambiance que n'aurait pas renier un David Lynch. Les décors sont très soignés et les scènes de sexe parfois assez étranges, comme cet homme et cette femme qui se travestisse l'un l'autre en personnage du sexe qui lui est opposé. Au milieu de cette ambiance chaude, le couple, miné par l'usure du quotidien se retrouve de leur côté dans les alcôves secrètes du lieu, portant des masques surprenants pour y faire à nouveau l'amour, depuis sans doute bien trop longtemps.

La deuxième séquence se révèle être la moins intéressante, peut être parce qu'elle est trop brève et ne se concentre pas assez sur ses interprètes féminines qui narrent leurs déboires sexuelles. C'est aussi les seuls instants de ODYSSEY qui ne baigne pas dans un climat fantastique. Dans ce segment on y retrouve brièvement Samantha Fox qui jouait également dans un autre "classique" de l'Âge d'Or du X intitulé FIEVRE AU LYCEE.

La troisième et dernière partie du film se révèle également être la plus réussie... et aussi la plus dramatique. Susan McBain y crève l'écran dans un rôle qui rappelle un peu celui de Georgina Spelvin dans L'ENFER POUR MISS JONES. Une femme (plus jeune, cette fois-ci!) dont on assiste à la sourde détresse dans son appartement, alors qu'elle écoute inlassablement les messages téléphoniques de plusieurs personnes (sa mère, une copine déprimée, un agent qui veut la sauter, un imprésario...) qui lui demandent beaucoup de choses alors qu'elle n'obtient rien en retour. Après une scène d'humiliation lors d'un casting coquin, la jeune femme nous fait plonger dans ses pensées les plus intimes : séquence d'orgie sado-masochisme avec cuir, clous et chaînes métalliques où l'on aperçoit dans l'assemblée la formidable suceuse qu'est Olivia Del Rio avant de voir son rêve interrompu par un nouvel appel téléphonique. Dans ce segment, le réalisateur présente une séquence particulière en pointant sa caméra entre les cuisses de son héroïne en train de se raser complètement les parties génitales. Les filmx X des années 70 étant bien connus pour ses actrices à la touffe bien fournie, il est intéressant de voir ce moment de cinéma porno qui devait être sans doute l'une des premières scènes coquines montrant une actrice totalement imberbe!

Pour finir, dans les derniers instants d'ODYSSEY, le personnage incarné par Susan McBain rêve d'une nuit de bonheur dans les bras d'un homme qui s'occupe pleinement d'elle au milieu d'un superbe décor faits d'énormes coussins argentés... Une fantaisie qui, finalement, n'empêchera pas la belle de s'ôter la vie. Une conclusion brillante et cruelle pour un porno pétri de réflections existentielles. Une oeuvre originale et troublante, parmi les meilleurs films X américain. Comme à son habitude, Damiano soigne ses images, bien aidé par d'excellents choix musicaux allant de la musique tribale au jazz-rock progressif et classique, le "trip" faisant complètement effet... Et c'est excellent!

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