mardi 2 mars 2010

EMBRASSE-MOI VAMPIRE

EMBRASSE-MOI VAMPIRE (Vampire's Kiss) de Robert Bierman (1988)

Agent littéraire, Peter Loew est perturbé par la présence d'une chauve-souris dans son appartement. Un soir, il est mordu par une jeune femme qu'il soupçonne d'être un vampire. Dès lors, il se demande s'il n'est pas lui en train de se transformer en vampire...

Oeuvre remarquable sur la déchéance humaine d'un yuppie des années 80 qui pète les plombs comme jamais. Ici, le thème du vampirisme n'est pas utilisé pour en faire un film d'horreur mais plutôt une comédie à se tordre de rire. Il faut bien préciser que sans la performance assez hallucinante de Nicolas Cage, ce long-métrage serait sans aucun doute beaucoup moins intéressant. L'acteur y est complètement déjanté, fournissant une interprétation mémorable pour ce personnage "borderline" pas très sympathique qui plonge progressivement dans la folie.

Tout d'abord sous le charme d'une créature de rêve (Jennifer Beals, comment ne pas craquer?), cette dernière se révélant être un vampire, Peter Loew devient rapidement une victime consentante pour cette jeune femme qui vient se nourrir de son sang. Du coup, suite à cette morsure, Peter Loew se met à avoir un comportement étrange vis-à-vis de son entourage. La première à en faire les frais sera sa petite amie (la traitant par ailleurs de "Sale négresse!") qu'il abandonne lâchement soit en partant précipitamment d'une galerie d'art qu'ils étaient en train de visiter ou encore en ne venant pas à un rendez-vous galant qu'il avait lui-même fixé à sa chérie! Ensuite c'est l'une de ses secrétaires qui subira sa folie, la harcelant comme un malade pour une bête histoire de dossier mystérieusement disparu sur lequel la pauvre jeune femme n'arrive pas à mettre la main dessus. Les conséquences seront forcément désastreuses.

L'énergie et la démence qu'insuffle l'acteur à son personnage sont tout bonnement incroyables. Nicolas Cage se permet des délires démentiels, crie, gesticule... C'est du grand cabotinage en action, absolument fabuleux! Ses séquences avec la secrétaire interprété par Maria Conchita Alonso sont prodigieuses de perversion. A la fois intolérant, manipulateur et persécuteur, il se permet un grand numéro d'acteur. Tout comme ces séances chez sa psychologue où le réalisateur se moque bien des thérapeutes et de leurs solutions pour guérir du stress.

Finalement bien conscient qu'il est en train de devenir une créature de la nuit, Peter Loew essaie d'afficher sa transformation... en achetant une paire de dents de vampires en plastique! Jouant à Dracula, il plonge définitivement de l'autre côté, commettant même un crime! Virant de plus en plus à l'hystérie, le personnage qu'incarne Nicolas Cage devient littéralement pathétique. Il se met même à parler à un mur qu'il prend pour son psychiatre! C'est une descente aux enfers assez particulière, parfois même quasiment surréaliste et porté à bout de bras par son interprète qui livre une performance inoubliable! Pour l'occasion, Cage pousse même le vice jusqu'à dévorer vivant un vrai cafard! On aura rarement vu un comédien faire une chose pareille devant une caméra.

EMBRASSE-MOI VAMPIRE est une sorte de petit ovni cinématographique aux partis pris souvent assez déconcertants dont le côté très ancré dans les années 80 lui confère une aura encore plus particulière à mesure que le film prend de l'âge. Une comédie qui traite du vampirisme d'une façon assez étrange et qui a le mérite d'apporter une bonne dose d'originalité à un genre ultra-codifié. Et, pour le plaisir des yeux, c'est aussi un petit bonheur de voir Jennifer Beals en vampirette sexy! Un film que je ne me lasse pas de regarder!



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