jeudi 11 février 2010

WOLFMAN

WOLFMAN (The Wolfman) de Joe Johnston (2010)

Lawrence Talbot est un aristocrate torturé que la disparition de son frère force à revenir au domaine familial. Contraint de se rapprocher à nouveau de son père, Talbot se lance à la recherche de son frère...et se découvre une terrible destinée.

Comme ce fut le cas au début des années 90, Hollywood continue de dépoussiérer les mythes du cinéma d'épouvante après des films comme BRAM STOKER'S DRACULA, MARY SHELLEY'S FRANKENSTEIN ou FROM HELL pour le personnage de Jack L'Eventreur. Ici, c'est presque un retour en arrière car il s'agit de la deuxième fois qu'un gros budget est alloué pour une histoire de loups-garous. Non, je ne faisais pas référence à NEW MOON, la suite directe de TWILIGHT, mais plutôt à WOLF avec Jack Nicholson et Michelle Pfeiffer. Ce film de Mike Nichols présentait une très intéressante variation du phénomène qu'est la lycanthropie et ce nouveau film n'est pas une relecture contemporaine mais plutôt une plongée aux sources mêmes du mythe qui se déroule durant la période victorienne, à Londres et dans ses environs. Le studio Universal faisant ici quasiment des reprises entières de ses "classiques" des années 1940 avec la série THE WOLF MAN, personnifié par Lon Chaney Jr.! L'ensemble étant mixé avec une atmosphère qui emprunte beaucoup aux productions anglaises de la "Hammer"!


Malheureusement, cette nouvelle mouture est loin d'être digne de ses prédécesseurs. Joe Johnston n'étant définitivement pas un réalisateur de la trempe de Terence Fisher, c'est juste un faiseur de divertissements parfois efficaces (THE ROCKETEER, JURASSIC PARK III) doublé d'un technicien plutôt correct. Et rien ne semble fait pour que THE WOLFMAN, cuvée du 21ème siècle, soit réellement appréciable.


Tout d'abord son histoire est une resucée des légendes les plus classiques, ce nouveau long-métrage n'innovant pas une seconde et reste durant toute sa durée d'une prévisibilité parfois gênante. Cela ne serait pas trop dérangeant si son histoire était davantage mieux construite. Les enjeux sont basiques, les personnages pas très crédibles, d'autant plus qu'ils sont personnifiés par des comédiens qui se lâchent un petit peu trop dans le cabotinage. Ceci est particulièrement flagrant pour le rôle d'Anthony Hopkins qui manque passablement de finesse. Benicio Del Toro est un choix intéressant pour le rôle de "la Bête" mais ce dernier n'arrive jamais à donner toute la dimension tragique que requiert son personnage. Car c'est bien ce qui manque avant tout à THE WOLFMAN : une vraie dimension de tragédie. Le scénario l'esquisse vaguement mais tout ceci est bien vide et fade, se résumant quasiment à une anecdote et c'est bien dommage.




De même qu'au niveau de la réalisation, Joe Johnston n'y insuffle aucune classe, ne sachant jamais réellement si il doit s'appuyer sur un modernisme latent (histoire de donner un coup de "jeune" à une histoire bien trop connue!) ou de virer dans le classicisme le plus pur. Les images sont belles et la lumière savamment étudiées, mais le metteur en scène s'autorise des effets de style qui ne font que plonger son long-métrage dans le ridicule. Il y a même des "accélérés" qui ne servent strictement à rien, sans parler de ces rares instants d'épouvante qui sont uniquement basés sur des "jump scares" digne d'un film d'horreur pour adolescents en manque de sensation fortes. Quand ceux-ci requiert de pousser le volume à fond, c'est qu'il y a un problème...

Johnston innove un petit peu au niveau des effets spéciaux qui sont de la belle ouvrage à mettre toutefois au crédit du talentueux Rick Baker. Mais ceux-ci ne sont définitivement pas inoubliables, les meilleures effets de transformations étant toujours ceux du LOUP-GAROU DE LONDRES de John Landis, insurpassable dans son domaine. D'ailleurs, dans THE WOLFMAN, ces effets sont finalement assez sommaires, se résumant à une gueule qui se déforme et des membres qui se distordent. Rien de bien impressionnant, si on enlève la bande son toujours bien excessive! C'est bien regrettable car même en terme de spectacle visuel, la dernière oeuvre de Johnston est relativement ennuyeuse, se terminant toujours par deux comédiens "à poil" qui se saute dessus par trampolines interposés! On en bâille d'ennui.

Le seule point positif du film reste la présence de la toujours excellente Emily Blunt. Elle irradie de son charme ce film plutôt terne. J'irai même jusqu'à dire que le plan le plus intéressant du long-métrage est l'image de la comédienne dénudée de dos. Un tableau érotique à lui tout seul. Hélas, la beauté de cet instant est pris au milieu d'une séquence qui alignent successivement des images sortis d'un cauchemar grotesque. Las! Pour en revenir à Blunt, son personnage se révèle malheureusement tout aussi banal que le reste, probablement à cause d'un manque quasi-total de dramaturgie, d'une platitude confondante!



Et ce n'est pas en rajoutant du gore que THE WOLFMAN va être plus intéressant. Ce n'est pas en transformant son "monstre" en bête assoifée de sang qui déchire les corps et étale les tripes que l'on va crier au chef-d'oeuvre. Le film manque singulièrement de corps pour être captivant, sa noirceur affichée ne le plongeant que davantage dans une parodie involontaire. Il est bien loin le temps où Oliver Reed personnifia un loup-garou émouvant jusqu'aux larmes. Cet avatar n'est tout simplement pas digne d'intérêt!

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