mercredi 3 février 2010

SINGAPORE SLING

SINGAPORE SLING (Singapore Sling: O Anthropos Pou Agapise Ena Ptoma) de Nikos Nikolaidis (1990)

"En tournant 'Singapore Sling', j'avais l'impression de faire une comédie qui comprendrait quelques éléments de la tragédie grecque antique. Plus tard, quand des critiques européens et américains ont dit du film qu'il était l'un des plus dérangeants de l'histoire du cinéma, j'ai commencé à croire que je devais être fou. Puis, quand les censeurs ont interdit le film en Grande-Bretagne, j'ai réalisé, qu'après tout, nous devions tous l'être un peu."

Il se faisait appeler Singapore Sling. Et c'était vraiment le genre de type à se retrouver dans des histoires qui ne mènent nulle part, poursuivant contre vents et marées les causes perdues. La sienne s'appelait Laura et il ne l'avait pas vue depuis des années. Il avait le pressentiment qu'elle était morte depuis longtemps et qu'il était amoureux d'un cadavre, mais il n'arrivait pas à se résoudre à abandonner ses recherches. C'est par une nuit de tempête que, blessé et sachant qu'il n'a plus rien à perdre, Singapore Sling parvient au seuil d'une maison dont il est sûr qu'elle est celle où vit désormais Laura. Il tombe alors entre les mains de deux femmes démoniaques qui vont se livrer sur lui à des jeux cruels du plaisir...

Incroyable film! Un voyage dans les fantasmes sexuels d'une mère et de sa fille. Une oeuvre sidérante, moite, troublante et inconfortable. A la fois crue et terriblement raffinée, SINGAPORE SLING est une sacrée expérience cinématographique. Filmé dans un noir/blanc quasi irréel, c'est d'une beauté à couper le souffle. Trois acteurs en roue libre, totalement hallucinés et qui se dévoilent sans aucune pudeur. Entre fascination et répulsion, un film iconoclaste qui ne ressemble à aucun autre. Plongée dans un univers à la fois glauque et magnifique d'où il se dégage un lyrisme assez étrange. Les personnages semblent vivre dans leur propre monde, ne se comprenant pas vraiment... Ils parlent chacun une langue différente. On a droit à de l'anglais, du français, du grec... assaisonné de sexe intense à l'imagerie quasi-pornographique et souvent sadomasochiste. Une extase sadienne, sublime bizarrerie poétique... Si on peut trouver l'exercice de style un peu vain et répétitif (il ne se passe finalement pas grand chose), j'ai été totalement scotché et captivé de bout en bout. Certainement l'une des oeuvres de cinéma les plus exquises mais aussi l'une des plus vomitives que j'ai pu voir jusqu'à présent. Une perle noire à ne pas mettre devant tout les yeux!




Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire

Au revoir...

Au revoir...
Related Posts with Thumbnails page counter
Web Counter