lundi 8 février 2010

SAAWARIYA

SAAWARIYA de Sanjay Leela Bhansali (2007)

Artiste vagabond et doux idéaliste, Raj arrive dans une ville rêvée, entourée de montagnes, drapée de brume et enveloppée de magie. Lors d'une nuit étoilée, il remarque une jeune femme voilée de noir qui se tient seule sur un pont. C'est Sakina, mélancolique et mystérieuse, dont il tombe amoureux. Tentant de la séduire, le jeune homme découvre peu à peu le secret dissimulé dans le coeur de Sakina. Tous deux s'embarquent alors pour un voyage de romance, de désir et de passion...

Voilà une production Bollywoodienne au traitement visuel assez particulier. L'image baigne dans une atmosphère bleue nocturne. Le lieu de l'intrigue est une sorte de Venise musulmane fantasmé, avec ses ruelles à peine éclairées, sa rivière sinueuse et son magnifique petit pont, lieu-même de la rencontre entre l'artiste musicien et la jeune femme triste. Tout le décor est bleu, un choix artistique osé qui confère au long-métrage une ambiance de conte merveilleux. SAAWARIYA se présente comme une féerie raffinée, presque irréelle. Formellement, ce long-métrage est d'une beauté absolue, digne des mille et une nuits. Son scénario n'est pas très compliqué, cela raconte une histoire d'amour entre un homme et une femme, une romance qui a bien du mal à se concrétiser...

L'histoire de cette rêverie est peut-être simple mais les sentiments de ses personnages sont très complexes. Il y a d'abord Raj, le musicien. Naturellement optimiste, celui-ci ne supporte pas de voir les gens tristes et s'engage à mettre de la joie et de la bonne humeur chez toutes les personnes qu'il rencontre. C'est grâce à une prostituée au grand coeur - qui est également la narratrice du conte - qu'il va rencontrer sa logeuse, la bienveillante Lilipop qui l'accueillera avec méfiance avant d'être transportée par toute la bonté que l'artiste porte en lui. Mais, une nuit, alors qu'il ne chante pas dans son night-club, il va rencontrer l'amour sur un pont. Et c'est là que tout se complique. La mystérieuse jeune femme lui raconte sa passion pour un étranger venu dormir une nuit dans sa belle maison. Elle tombera rapidement sous son charme et ainsi débutera leur passion. Mais l'homme ne peut rester auprès de la jeune femme, celui-ci devant quitter la ville pour aller travailler bien loin d'elle. Désormais parti depuis près d'une année, Sakina attend fébrilement son retour. L'amour, ce n'est décidément pas facile...

Cette histoire sentimentale intemporelle est tout simplement magnifique. Le couple vedette est excellent, bien que parfois le personnage qu'incarne Ranbir Kapoor est agaçant avec sa bonne humeur, spécialement au début de l'histoire. Dès que celle-ci vire vers une dimension plus mélancolique, le comédien nous transporte au travers de ses sentiments amoureux contrariés. Sonam Kapoor, la femme convoitée par l'artiste, est tout simplement sublime tout en émotions contenues. Elle y est souvent bouleversante tant elle se raccroche plus que de raison à cette relation qui se fait attendre. Cette relation distanciée, aboutira-t'elle réellement un jour? Doit-elle attendre patiemment le retour de l'étranger alors que devant elle se trouve un jeune homme qui l'aime plus que tout au monde?

SAAWARIYA est un drame puissant qui, curieusement, ne dure pas 3 heures comme c'est généralement le cas avec les film de Bollywood. Celui-ci développe une histoire intimiste. Sur environ 2 heures 15, il se consacre presque exclusivement à ces deux personnages. Les rencontres ont lieu la nuit et souvent sous la pluie, accentuant par là les sentiments d'un couple qui ne se trouve pas. Le long-métrage comporte aussi de nombreuses chansons qui viennent décrire les ressentiments de ses personnages, que ce soit de la joie ou de la tristesse. Et de ce côté-là, le film assure un spectacle somptueusement mis en scène avec de très belles chorégraphies. Celle qui illustre la chanson "Chabeela" demeure ma préférée. C'est tout simplement superbe!



La grâce picturale de SAAWARIYA est absolument envoûtante. C'est comme entrer dans un univers fantastique où le bleu prédomine toutes les autres couleurs. Il y a, de temps en temps, quelques petites "tâches" de couleurs différentes, au détour d'un sari, sublime vêtement indien, ou encore un élément de décor qui contraste avec le reste de l'image. Cela rend d'autant plus beau cette rêverie aux images souvent inoubliables. Les dernières scènes plongent le film dans un ambiance enneigé qui confine au sublime. C'est incontestablement d'une beauté infini! Et c'est aussi un vrai régal d'avoir Rani Mukherjee en tant que narratrice de cette belle histoire. Il suffit de tendre la main pour se laisser happer et vivre un moment de cinéma souvent extraordinaire! Une perle, autant pour les yeux que pour le coeur!


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