dimanche 14 février 2010

PERCY JACKSON : LE VOLEUR DE FOUDRE

PERCY JACKSON : LE VOLEUR DE FOUDRE (Percy Jackson & the Olympians: The Lightning Thief) de Chris Columbus (2010)

Un jeune homme découvre qu'il est le descendant d'un dieu grec et s'embarque, avec l'aide d'un satyre et de la fille d'Athena, dans une dangereuse aventure pour résoudre une guerre entre dieux. Sur sa route, il devra affronter une horde d'ennemis mythologiques bien décidés à le stopper.

Après avoir démarré la saga cinématographique d'HARRY POTTER, Chris Columbus s'essaie maintenant à la mythologie grecque pour en faire un divertissement calibré pour adolescents. Il s'agit avant tout d'un voyage initiatique parcouru d'épreuves diverses où le jeune héros va devoir se frotter à des créatures comme la Méduse, l'Hydre à 7 têtes ou encore le Minotaure. Les enjeux du long-métrage sont sommaires et très vite installés. L'histoire débute par une rencontre entre Poseidon et Zeus au sommet de l'Empire State Building. Les Dieux de l'Olympe se fâchent pour une histoire de foudre volée... Si celle-ci n'est pas restituée dans le délai indiqué par Sean Bean (pardon, Zeus!), c'est la guerre. Voilà. Aussi simple que cela. C'est maintenant à Percy Jackson, le fiston de Poseidon soupçonné d'avoir subtilisé l'objet du délit, de régler le problème dans les temps avant la Fin du Monde!

Entre LE CHOC DES TITANS et JASON ET LES ARGONAUTES il y a PERCY JACKSON. C'est le lien cinématographique qui manquait pour faire découvrir à un jeune public tout ce fantastique bestiaire mythologique. L'idée est plutôt chouette mais le résultat est loin d'être enthousiasmant. L'ensemble se couvre souvent de ridicule avec ses héros grecs de pacotille qui sont plus enclin à faire hurler de rire que d'être pris au sérieux. LE VOLEUR DE FOUDRE est donc un long-métrage qui se vautre davantage dans la dérision que de présenter une grande histoire d'aventures. Et ce n'est même pas franchement drôle quand on découvre que Pierce Brosnan est en fait un centaure (oui, avec un gros cul de cheval!) ou que l'Olympe se trouve au sommet d'un building new-yorkais! Il y a peut-être une tentative de second degré mais même si c'est le cas, cela ne fonctionne absolument pas! Et que dire de ce camp de concentration pour jeunes demi-dieux qui ressemble avant tout chose à une colonie de vacances pour jeunes geeks qui jouent à des jeux de rôles! D'une bêtise assez navrante, le film accumule aussi de nombreuses fautes de goût, comme cette échappée où l'on voit une voiture littéralement glisser sur une vache pour échapper à son poursuivant!

La quête de Percy Jackson pour éviter la guerre des Dieux le conduit à parcourir les Etats-Unis avec ses deux "sidekicks" que sont la fille d'Athena et un bouc du nom de Grover, assigné pour le protéger. Et là, ça se gâte encore davantage car ce dernier est joué par le black de service lourdaud à défaut d'être rigolo. Forcément, c'est un personnage de "satyre" et celui-ci s'amuse à séduire les beautés qui se présentent à lui tout au long de l'histoire, comme les filles d'Aphrodite ou des Nymphes. Qu'est-ce que c'est fun!

Aidé d'une carte qui leur indique où se diriger, le trio se rend tout d'abord dans un curieux jardin parsemé de statues de pierre. C'est le repaire de la Méduse! Et là, rien à voir avec la terrifiante créature mis en images (par images) de Ray Harryhausen : il s'agit simplement d'une vamp jouée par Uma Thurman. Moulée dans une robe très moderne et portant des lunettes de soleil "top fashion", elle transforme ce personnage fascinant est une lamentable bimbo. Et sa chevelure de serpents en images de synthèse ne l'avantage clairement pas! Où comment rajeunir des mythes grecs en faisant du n'importe quoi! On aurait presque envie de fermer les yeux! Et quel comble d'en rajouter encore plus avec des répliques complètement nazes du genre "Sneak a peek!"!

En passant rapidement au "Niveau 2", le film se présentant presque comme un jeu d'arcades, Percy Jackson affronte cette fois-ci l'Hydre à 7 têtes! Cette séquence est toutefois davantage efficace grâce à des effets spéciaux nettement plus réussis mais tout ceci reste bien évidemment sans aucune dimension épique. D'autant plus que les épreuves sont très vites réussies, le danger représentant les créatures étant trop rapidement écarté! On retient surtout, à travers cette confrontation, qu'elle est le moyen d'y faire sans honte la propagande commerciale pour une paire de chaussures "Converse" affublée de petites paires d'ailes! L'idée, un brin délirante, n'étant même pas bien exploitée! Publicité ratée!!

Le pire restant à venir car les héros se retrouvent ensuite à Las Vegas pour une dernière épreuve. C'est le moment de la grosse déconnade. Sous prétexte d'un envoûtement, on y voit le "satyre" se donner en spectacle en faisant du break dance dans une discothèque quand celui-ci ne se fait pas "les ongles" par une manucure (les sabots tout rouges, très joli!). Et puis, le grand final : la descente aux Enfers! Mais où cela se trouve-t'il? Ben tiens, à Hollywood! C'est là qu'aura lieu une confrontation assez pathétique avec Hadès. Comme pour les autres divinités, c'est d'un grotesque achevé, le Maître des Enfers ressemblant ici à une caricature de Mick Jagger. Heureusement, pendant un cours instant, on peut se délecter le regard avec la superbe Rosario Dawson qui interprète Perséphone, déesse des Enfers. Encore une belle femme au tableau de chasse du bouc insupportable!

Finalement, après avoir mis fin aux agissements du "Voleur de Foudre", Percy Jackson étant bien entendu injustement accusé, les jeunes demi-dieux rejoignent l'Olympe pour la petite morale des enfants abandonnés face à leurs "parents". PERCY JACKSON n'est donc qu'une leçon d'histoire grecque schématique assez risible où les tentatives de moderniser les mythes sont souvent grotesques et le cynisme appuyé de son réalisateur à travers un scénario pathétique aura tôt fait de supprimer tout espoir de sympathie envers ce produit. Nul!


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