mardi 16 février 2010

OCEANS

OCEANS de Jacques Perrin et Jacques Cluzaud (2009)

Filer à 10 noeuds au coeur d'un banc de thons en chasse, accompagner les dauphins dans leurs folles cavalcades, nager avec le grand requin blanc épaule contre nageoire... Le film OCEANS c'est être poisson parmi les poissons.

Jacques Perrin est un excellent producteur de "documentaires" animalier. MICROCOSMOS et LE PEUPLE MIGRATEUR proposait déjà une vision cinématographique d'un univers particulier et le résultat était toujours très spectaculaire, jamais vraiment proche du documentaire au sens propre du terme mais plutôt de films à part entière.

OCEANS se situe dans la même veine que ses autres productions. On est tout de suite plongé dans un monde maritime sublimé par des images tout simplement magnifiques. Il ne présente pas simplement la mer, mais développe à chacune de ses séquences de véritables petits morceaux de bravoure, que ce soit l'attaque d'un banc de poissons , la lutte pour la survie de jeunes tortues qui veulent regagner la mer sans se faire dévorer par les oiseaux, la marche de créatures sous-marines qui font immanquablement penser aux troupes du Mordor dans LE SEIGNEUR DES AGNEAUX... Le long-métrage regorge de moments somptueux qui sont autant de petits ballets pour une symphonie de mouvements, de couleurs et de textures. La grâce des baleines, les étonnantes pirouettes des dauphins, le regard malicieux de ces dieux marins qui parcourent les eaux colorées et sans fin des océans... Toute cette magnificence est saisie à l'écran et bien plus encore! Car les images des réalisateurs vont bien plus loin qu'une simple illustration de leur(s) sujet(s). La mise en scène d'OCEANS est souvent au plus près de ses créatures, si bien que l'on a l'impression de pouvoir les toucher, les sentir vivre. L'immersion est totale, accompagné par une merveilleuse musique de Bruno Coulais qui rend bien justice à la beauté de ses images habilement compilées pour un résultat très enchanteur.

La voix douce et apaisante de Jacques Perrin se fait entendre quelque fois durant le film. Le long-métrage débutant avec des enfants courant sur une plage face à la mer, Perrin se doit de narrer une ébauche d'histoire suite à la question d'un enfant qui s'interroge : "C'est quoi l'océan?". Comment faire, comment raconter? Davantage par ses images que par son discours, OCEANS nous plonge dans un environnement magique, à nul autre pareil. Il se fait le témoin d'événements poétiques, drôles ou carrément tristes. Forcément, Perrin constate aussi les atrocités qu'occasionnent les pêcheurs, souvent responsables de la disparition d'espèces. Mais son discours n'est pas sentencieux et lourd. Il est juste témoin de désastres parfois choquants, comme ce requin qu'on rejette à la mer alors qu'il n'a plus de queue pour nager au loin, ni de nageoires.... Coulant à pique vers une mort lente et douloureuse. Jacques Perrin, accompagné d'un enfant, défile ensuite devant une longue série de bêtes empaillées, exposées à la calme sérénité d'un musée.

Ce que l'on retient d'OCEANS n'est pas ce plaidoyer pour maintenir un semblant d'harmonie et de paix du monde marin. Ce n'est pas non plus le but de ce long-métrage. C'est avant tout un voyage fascinant, l'exploration d'un univers bleu qui regorge de merveilles autant à sa surface que dans ses plus sombres profondeurs, lieux encore souvent bien surprenant par sa faune et sa flore. L'ensemble étant emballé dans une mise en scène d'une richesse époustouflante qui rend totalement justice à un monde fascinant dont on n'a pas encore fini d'en découvrir toute la beauté! Superbe!




La bande annonce française, sobre et gardant un certain mystère sur les images de son film et le trailer américain pour la sortie prochaine du film (aux Etats-Unis, OCEANS sortira le 22 avril prochain!) avec toute la démesure d'une production Disney classique, affublée d'une horrible chanson pop!

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