mardi 26 janvier 2010

Neuchâtel International Fantastic Film Festival

Le NIFFF soufflera prochainement ses 10 bougies. Joie, l’affiche de cette date anniversaire particulière vient d'être dévoilée.

Pour sa 10ème édition, qui se tiendra du 4 au 11 juillet 2010, le Festival international du film fantastique de Neuchâtel (NIFFF) présente une affiche qui marque cet anniversaire et célèbre des figures et thèmes majeurs du cinéma fantastique. Par ailleurs, le festival s’agrandit et inaugurera une nouvelle salle de projection de 450 places.

Pour sa troisième collaboration avec le NIFFF, la photographe Jelena Barraud joue à nouveau sur l’illusion d’optique et met en scène un personnage majeur du cinéma fantastique d’hier et d’aujourd’hui : une aguichante vampire nous offre un gâteau d’anniversaire orné d’une singulière bougie et nous attire dans un environnement mystérieux. La lueur de la flamme fait apparaitre le personnage qui, dans la pénombre, semble se fondre dans le décor.

Vampire, cracheur de feu, illusion, mystère et invisibilité constituent autant d’aspects du cinéma que privilégie le festival : un jeu sur les apparences; une esthétique évoluant entre insolite et humour, séduction et inquiétude; un cinéma qui, de George Méliès à la production contemporaine, présente une réalité décalée où l’imaginaire prend le pas sur le rationnel.

Pour mieux mettre en lumière toutes les facettes de ce cinéma, le NIFFF 2010 se prolongera et durera 8 jours au lieu de 6 et s’agrandira, puisque la grande salle du Théâtre du Passage accueillera des projections durant tout le festival. Cette extension permettra aux spectateurs de découvrir toute l’actualité et l’histoire du cinéma fantastique dans des conditions idéales. Enfin, pour fêter ses 10 ans, le NIFFF 2010 sera l’occasion de nombreux programmes et événements spéciaux qui seront dévoilés au cours de l’année.

Pour bien célébrer cette excellente nouvelle, voici en détails le compte-rendu complet de l'an passé. Souvenirs, souvenirs...


NIFFF '09 - Jour 1 : 30.06.2009
Le NIFFF 2009 c’est parti. Du mardi ou dimanche soir, six jours de cinéma fantastique à consommer mais aussi de nombreuses retrouvailles avec des amis cinéphiles, une formidable occasion de se (re)voir pour savourer des films. Mais avant ça, il y a toute la préparation à faire et même si Neuchâtel n’est finalement pas si loin c’est quand même tout un cirque pour s’y installer temporairement. Grâce soit donc rendu à ma chère collègue de travail, Christine, qui a de nouveau eu la bonté de me recevoir chez elle et de me laisser squatter son immense salon pour y dormir.

C’est midi, l’heure pour moi de me dépêcher de prendre le LEB à Lausanne (Place de l’Europe) pour retrouver mon ami Lukas chez lui à Romanel. Depuis là, nous partons pour la Cité du Festival… Mais avant ça, afin de bien débuter ces 6 journées frénétiques qui nous attendent, nous nous arrêtons à l’Auberge du Cheval Blanc (situé dans un bled dont j’ai déjà oublié le nom) pour y faire un bon repas (passeport gourmand oblige!). Entrée de foie gras (on ne se refuse rien!), plat principal mais pas de dessert. Si tout ceci est très bon, le temps d’attente est largement trop conséquent pour que l’on puisse s’attarder. La suite du trajet nous emmène à Yverdon pour aller cueillir Sibylle chez ses parents…

Finalement, entre les discussions enflammées de cinéma en voiture, le temps passe vite nous arrivons gentiment à Neuch’ vers 15h30. A peine sorti de la voiture, parquée bien en dehors des environs des cinémas où se déroulera l’action, nous voici d’ores et déjà assailli pour une pluie tropicale qui ne cessera pratiquement pas durant une demie heure. Tout ceci, sous une chaleur écrasante (on est pas loin des 30 degrés!). On se croirait dans un four. C’est pénible, la journée NIFFF n’a même pas commencée que je suis déjà éreinté et en sueur. Tout s’enchaîne : récupérer une clef à la Fac de théologie, bonjour à Christine et direction son appartement. Lukas et Sibylle sont des amours, ils m’accompagnent dans mon petit périple tout en montée. Il fait une cuite d’enfer mais je suis enfin heureux de pouvoir poser mes bagages.

Une fois cette tâche éreintante effectuée, on descend aux cinémas Apollo pour récupérer nos Festival Pass. Tout se déroule sans embrouilles. On retrouve même Sébastien qui zone ici depuis un bon moment déjà et je tombe par hasard sur Lilo Wullschleger. Heureux hasard qui me fait enfin rencontrer la personne qui nous avait aimablement prêté sa caméra pour tourner LES ANGES DE LA MORT. C’est très sympa, on se fait la bise et discutons quelques mots. On se retrouvera plus tard durant le festival, aucun doute là-dessus.

Niveau billeterie, l’angoisse s’installe petit à petit… Aurons-nous des places pour les séances qui nous intéresse ces prochains jours? Il ne reste déjà plus de places pour certains films. L’organisation du NIFFF semble toujours aussi chaotique mais il est encore bien tôt pour se faire du souci. Nous verrons bien… Aujourd’hui, c’est la cérémonie d’ouverture. Tout débute en douceur, avec seulement deux films à la clé : MOON de Duncan Jones (fils de David Bowie) ainsi que le premier long-métrage de Julie Delpy qui s’intitule THE COUNTESS, ce dernier étant présenté en plein air…

Mais avant cela, on se pose un bon moment sur la terrasse du Bleu Café. On flâne, on boit des coups, discutons et notre petite bande de cinéfans se forme peu à peu. Lukas, Sibylle, Sébastien et moi… avant que nous soyons rejoint par Maryke et Aurore, une de ses amies. Bientôt suivit par Fabien et son amie. Ca fait plaisir de revoir tous ces visages si sympathiques. On mange au Bleu, on se régale même. Assez étonnant et plutôt content de ne pas déjà virer dans la malbouffe avec de la junk food. Tout va donc plutôt bien pour nos estomacs.


19h30 approche… C’est l’heure d’aller rejoindre les files d’attente devant le cinéma Apollo. Pas mal de monde mais pas trop finalement. L’organisation n’est pour le moment pas si chaotique et la Cérémonie d’Ouverture ne débutera qu’avec dix minutes de retard. Celle-ci est un passage obligé et les discours se suivent et se ressemblent. J’en profite pour m’assoupir un peu. Je suis déjà fatigué et n’ai pas encore vu un seul film! La salle est pleine. Finalement, on se scinde en petit groupe. Lukas reste avec sa chérie et je reste en compagnie de Maryke. La salle est bouillante de chaleur humaine. J’essaie de ne pas trop bouger et savoure le film de Duncan Jones qui est finalement plutôt pas mal du tout.


Au sortir de la séance, on croise Rémy et Fabio… Petit coup d’œil à l’horaire et on se rend compte que l’on a tout juste dix minutes pour se rendre à l’Open Air au bord du lac de Neuchâtel. La structure a changée, tout ceci semble mieux organisé et c’est surtout plus grand. L’écran est immense, les sièges sont très rapprochés, je vais avoir mal aux jambes. Coup de bol, la séance n’est de loin pas complète et il n’y aura personne ni sur la rangée de devant ni sur celle de derrière. J’en profite pour étendre mes jambes et savourer le film avec toute la bande… Après un couac durant le générique de début (et un entracte pas forcément voulu en milieu de projection - ça se fait encore, un entracte durant un film?), la séance de THE COUNTESS est délectable. Cela fait du bien d’être en plein air. D’autant plus que le film est passionnant comme tout.


Une fois le générique de fin qui s’affiche, il est déjà un peu plus de minuit et demie. Ca va être l’heure de rentrer se coucher. C’est parfait, il n’est pas trop tard. Je vais pouvoir passer une nuit agréable (j’espère) et savourer quelques heures bien méritées tout allongé et les yeux au repos. Je vais en avoir besoin, la semaine s’annonce riche en visionnages de films. Mes rétines vont être mises à rude épreuve. J’aime ça. En espérant que les films de demain seront aussi bien que ceux de ce soir. Pour sa neuvième édition, le NIFFF 2009 démarre plutôt bien. Vivement la suite. Bed Time : 02:27

NIFFF '09 - Jour 2 : 01.07.2009
Finalement, je n’ai pas trop dormi cette nuit. La lumière du jour qui filtre à travers les interstices des volets du salon aura raison de moi. N’empêche, bien qu’étant éveillé depuis 7 heures ce matin, je me suis vraiment levé à partir de 8 heures 30. Je crois qu’on peut dire que mes premières heures de sommeil à Neuchâtel se comptent sur les doigts d’une main.


Pour bien débuter la journée après une bonne douche (ça fait du bien de ne plus sentir la transpiration), rien de tel que d’aller prendre un petit apéro sur la grande terrasse de l’Hôtel Beau-Rivage. Adjoint à ce moment de détente, un petit plaisir de cinéphile : Bong Joon-Ho, le réalisateur coréen est à proximité. Je ne ferai pas mon groupie! ^^
Jus d’orange et autres jus de fruits frais, relaxing time sur un beau sofa tout rouge en compagnie de Maryke, Sibylle et Lukas. Lui-même qui, à 10h52 précisément, se prendra son premier cocktail à jeûn. Ca s’appelle « Baisers volés » et c’est à base de liqueur de framboise. Plutôt délicieux (Eh oui, j'ai goûté)… Un peu avant midi, Sébastien qui est accompagné de son amie Anna nous rejoint au restaurant du Beau-Rivage pour un dîner/brunch qui fera exploser nos porte-monnaies. Assiette de dégustation, club sandwich, salades diverses, pâtes, hot-dog de Monsieur Claude… On ne se refuse rien et c’est absolument délicieux. Ca fait du bien de se laisser bichonner, même si l’addition est quand même salée. Et puis les filles adorent même la douce odeur du savon des toilettes de ce lieu de luxe, c’est dire! Tout est mis en œuvre pour nous séduire. C’en est presque dommage d’aller passer sa journée dans une salle de cinéma, d’autant plus que la température est toujours aussi tropical. C’est étouffant et si l’on s’en tire sans coups de soleil et autres brûlures diverses d'ici la fin de la semaine, on aura bien de la chance (merci les files d’attente devant les caisses du NIFFF!).


Ce « Jour 2 » du Festival donne enfin le tempo - frénétique - qui sera le rythme de croisière du reste de la semaine. A savoir au minimum 5 voire 6 films par jour. On se diversifie autant que possible. Passant de la « Compétition Internationale » au « New Cinema From Asia », sans oublier les incontournables séances des rétrospectives « William Castle » et la fabuleuse « Catégorie III » sur le cinéma transgressif hong-kongais.

Première surprise du jour, et non des moindres, LA BARBE BLEUE de Catherine Breillat. Si le film se révèle « nul » et « insupportable » pour la majorité des spectateurs que je connais, je reste pour ma part agréablement surpris par ce film que je définirais comme un conte de fées enfantin et naïf à la poésie picturale désarmante. De facture presque amateure, à l’interprétation théâtrale et plus qu’approximative, la nouvelle œuvre de Breillat me rappellerait presque le cinéma de Jean Rollin. J’adhère totalement à la sensibilité de ce poème cinématographique. Sibylle est avec moi. Les autres n’en reviennent pas, on aura même du mal à les convaincre de notre bonne foi vis-à-vis de ce film. Mais oui, c'est vraiment vrai, nous avons adoré!


HISTERIA, production horrifique malaisienne se présente avec tous les gimmicks du cinéma de genre de ces 30 dernières années. A croire que les investigateurs du projet découvrent comment faire peur en ayant recours aux effets les plus éculés du cinéma d’horreur : fenêtres qui claquent, portes qui grinchent, apparitions surprises d'un chat, couloirs obscures ("Hello?"), pas de réseau pour le téléphone, voiture qui n'arrive plus à démarrer, etc... Un véritable florilège de poncifs interminables ponctués de dialogues ridicules... Adjoint à cela, une mollesse de mise en scène et de direction d’acteurs qui sont tout simplement consternants. La première purge du NIFFF vient d’être vue. Heureusement, la suite s’annonce de manière nettement plus agréable car c’est enfin la première « Carte Blanche » du réalisateur Bong Joon-Ho qui vient nous présenter THE THING de John Carpenter. Joie immense, émotion intense, c’est un régal incommensurable de pouvoir savourer l’un des piliers majeurs du cinéma fantastique sur grand écran. Avant la projection du film, lorsque le réalisateur de THE HOST demande à qui, dans le public, sont ceux qui n’ont jamais vu le film; une cinquantaine de mains se lèvent... Hallucinant. Le bonheur du spectateur de cinéma de genre nous prend par la main. Grand moment du Festival, fort en frissons. J’en avais même les larmes aux yeux.


Bong Joon-Ho, avec sa traductrice, présente sa "Carte Blanche" au public du NIFFF!

La salle était bondée. Heureusement, Maryke a finalement réussie à avoir son ticket d’entrée. Ce n’était pas gagné d‘avance, vu l’organisation chaotique du NIFFF le suspense est resté entier jusqu’au début de projection. Le fait qu’elle ait pu découvrir le film sur grand écran, tout comme Sibylle, fut une grande joie partagée. Un classique immense comme celui-ci, est immensément plus délectable encore sur une aussi grande toile.


Retour en surface, fuite en avant pour se trouver un petit quelque chose à manger. Direction la « baraque à frites ». Horreur suprême, celle-ci est difficile d’accès car la place est quasiment squattée par l’imposant Cirque Knie qui s’impose pratiquement jusqu’aux abords du lac. Une fois devant la cabane de l’immonde fast-food, c’est une file d’attente interminable qui nous reçoit... 25 minutes entre deux projections du NIFFF ne suffiront pas pour nous procurer de la junk food. On se contentera de sandwichs « Knie » dégueulasses. Triste souper. Mais la suite, cinématographique, est d’un tout autre goût. ..

L’ouverture de la rétrospective « Catégorie III » est inaugurée par le journaliste Julien Sévéon (de Mad Movies) qui annonce l’importance quasi-historique de cette manifestation pour cette catégorie précise de films. Une première en Occident où l’on aura la gageure de voir ces films hong-kongais en 35mm au cinéma! Et rien de mieux pour débuter cette rétro que VIVA EROTICA ! Ce long-métrage datant de 1996 est une plongée dans l’univers de la production d’une œuvre d’exploitation : un porno soft asiatique, communément appelé « Blue Movie ». Une œuvre d’une richesse incroyable. Sexy, comique, touchant... Le film brasse quantité d’idées et d’anecdotes. On y croise aussi Leslie Cheung et même une Shu Qi (à peine 20 ans au moment du tournage) dans son premier rôle au cinéma (l’occasion suprême de voir spécialement sa belle poitrine dénudée à de nombreuses reprises, merci à la Cat. III!) et bien entendu une apparition éclair du génial Anthony Wong. Bonheur suprême de voir le film sur grand écran, malgré une chaleur tenace dans la salle, qui devait certainement avoisiner les 40 degrés. Je me demande encore comment on a pu tenir le coup sans se déshydrater.


Dehors, Julien et Laurent sont là. Marlyse aussi. C’est très chouette de croiser toutes ces sympathiques personnes. Pendant que les « petits jolis » vont voir un film asiatique, je me tape avec Julien une bonne grosse bouse australienne du nom de COFFIN ROCK. Sorte de LIAISON FATALE avec un adolescent qui persécute une femme mariée, ce long-métrage est totalement insupportable malgré une mise en image élégante. Roublardise! A fuir, naturellement… Malgré la fatigue persistante, et attendant le retour des amis cinéphiles étant allés voir THE CHASER en Open Air, le bouquet final de cette deuxième journée NIFFF se clôtura sur un film de la sélection « Cold Sweat », le cinéma horrifique scandinave. COLD PREY II (de son titre original FRITT VILT, nettement plus fun!) est un slasher traditionnel qui se passe dans la neige avec un grand viking qui tente de tuer des gens avec sa pioche. Esthétiquement séduiant, le film n’est reste pas moins une belle saloperie pratiquement sans aucun intérêt, pétrie de longueurs et de séquences ridicules comme ce lancé de pioche en image de synthèse qui semble mettre un terme définitif aux agissements de ce tueur norvégien.


C’est le point final de la journée. Je suis exténué, trempe de transpiration et les yeux qui piquent. Je rêve d’une bonne douche mais ce sera pour demain, là il est trop tard. Mettant la touche finale à mon compte-rendu du « Jour 2 » à presque 5 heures du matin, je me réjouis de pouvoir fermer les yeux un petit moment et me reposer… En attendant que le soleil se lève pour une nouvelle et chaude journée pleine de films à découvrir! Bed Time : 04:58

NIFFF '09 - Jour 3 : 02.07.2009
Troisième jour de festival. La fatigue s’accumulant, cela commence à devenir de plus en plus difficile de se lever le matin. Aujourd’hui, bien qu’étant réveillé par des bruits extérieurs vers 8 heures 30 (après à peine trois heures de sommeil), je réussis néanmoins à m’extirper de mon matelas posé à terre pour me cloître dans le salon et à me rendormir un bon moment. Il sera passé 11 heures du matin lorsque je me décide à me lever pour de vrai. Dire que je suis bien reposé n’a déjà plus lieu d’être et je sens déjà les effets d’un état « autre » avec mes nuits bien trop courtes. Mais c’est comme ça que se savoure des journées de festivals cinématographiques.


Vers 12 heures, je rentre en contact avec Lukas par téléphone. Celui-ci m’annonce s’être éveillé il n’y a pas très longtemps. Hélas, on ne va pas réussir à se voir pour dîner tous ensemble aujourd’hui. Chacun fera son petit chemin de son côté. Par chance, après une bonne douche rafraïchissante, j’arrive devant les cinémas Apollo pour me rendre compte que la caisse pour retirer les tickets de cinéma vient juste de s’ouvrir. Chouette, cette fois-ci pas besoin d’attendre des plombes au soleil pour avoir ses billets. Je n’ai qu’à attendre à peine dix minutes, le temps de discuter avec une sorte de hippie bien chevelu qui me raconte son début de festival tout en douceur, le monsieur ayant carrément oublié d’aller à ses visions de films parce qu’il était tellement bien sous son arbre, après avoir bu des bières au soleil… Et certainement aussi à fumer un peu trop d’herbe. Gentil personnage, drôle et surréaliste. Cela annonce d'une certaine manière que les personnages atypiques commencent gentiment à investir le NIFFF. Le genre fantastique regroupe chaque année une faune bien particulière. Il faut savoir se tenir sur ses gardes.. ^^ … Et bien observer, c’est souvent assez fascinant!


Une fois mes billets de la journée en poche, je me mets en quête d’un endroit pour me restaurer un peu. Je me promène au gré des petites ruelles du centre de Neuchâtel, au petit bonheur la chance. Je finis par tomber sur un petit café/restaurant pratiquement désert. Ca me convient très bien, je serai au calme pour dîner. Celui-ci sera uniquement composé d’une grande salade mêlée, délicieuse et pas très chère : un peu plus de CHF 10.- sans compter les boissons. Cela n’a plus grand-chose à voir avec les prix un rien plus démesurés d’hier…

Cette troisième journée débutant seulement à partir de 14h30, j’en profite pour me poser à l’ombre, sous les arbres. Je regarde les gens, photographie une coccinelle qui s’est posé pas trop loin moi, savoure une petite brise fraîche... Cest bien agréable avant de se replonger dans une salle de cinéma. Le premier film de la journée me permet de retrouver toute notre joyeuse bande. On dégustera tous ensemble le film d’aventures du festival, directement importé de Thaïlande : QUEENS OF LANGKASUKA. Un bon gros nanar qui pioche allégrement dans les univers du SEIGNEUR DES ANNEAUX et des PIRATES DES CARAÏBES. Bourré de personnages jusqu’à la gueule, on se contrefiche de ce qui s’y passe. D’ailleurs, on n’y comprend pas grand-chose mais ce n’est pas bien grave. C’est souvent très bête, donc drôle et bourré d’effets spéciaux pour des séquences tellement ridicules qu’elles en deviennent tordantes. Le film est nul mais l’ensemble des spectateurs semblent avoir plutôt apprécié le film avec humour, très souvent au détriment de l’œuvre elle-même. Qu’est-ce qu’ils se prennent au sérieux, ces thaïlandais…


Une petite pause au Bleu Café avec mes festivaliers préférés et ce n'est pas longtemps qu'après s’ensuit déjà GRACE, petite production indépendante américaine où l’on suit une jeune femme qui vient de mettre au monde un bébé mort-né qui réclame une forte dose quotidienne de sang. Bien esthétique et dérangeant. Vraiment passionnant à suivre. Dommage que le film fut projeté dans une copie DVD. La qualité technique de la projection s’en ressentait. Néanmoins, c’est une œuvre forte et hautement recommandable.


Après le bébé, voici les enfants tueurs avec THE CHILDREN qui nous vient d’Angleterre. Comédie noire, ce divertissement horrifique très honorable est très plaisant à suivre. Voir des enfants tuer leurs parents, et vice-versa, est une source de plaisirs déviants très jouissif. D’autant plus que l’ensemble se révèle très convaincant et fait même parfois grincher des dents devant quelques séquences gore bien corsées! Carrément un double programme « jeunesse » très revitalisant malgré le fait que l’on se caille les miches dans l’Apollo 1. La climatisation poussée à son maximum, on pourrait carrément dire que l’on pète de froid dans ce cinéma. Et dire que les autres années, on se plaignait des incessantes chaleurs torrides qui plombaient l’endroit. Comme spectateur, on est finalement jamais content. En tout cas, je suis ravi d’avoir ma petite jaquette avec moi. Elle n’est pas de trop et j’apprécie grandement de pouvoir me couvrir lorsque j’ai froid durant les projections…


Après déjà 3 films et pris le temps d’aller boire un petit jus de fruit dans un restaurant juste à côté avec Maryke, Sibylle, Marlyse et Lukas, c’est reparti pour un tour à l’Apollo 1 avec un long-métrage belge assez intriguant qui s’intitule LEFT BANK, autrement dit « Rive Gauche ». Et là, c’est la claque. Un peu à la manière de BARBE BLEUE, le film de Catherine Breillat qui m’avait énormément surpris et que j'avais grandement apprécié, LEFT BANK peut se targuer d’être mon grand coup de cœur du NIFFF 2009 (jusqu’à présent en tout cas!). Un chef-d’œuvre, à la mise en scène superbe et sublimé par un Cinémascope de toute beauté et des comédiens fabuleux. Une histoire d’amour sulfureuse teintée d’occulte qui vire parfois dans un univers lynchien sans pour autant être pesant dans ses références. Le film est un petit bijou de la première à la dernière image. Une vraie merveille qui m’a totalement captivé! Grand film. Le réalisateur, présent durant la séance, se voyait surpris d’être ici. Il ne pensait même pas qu’un jour son œuvre sortirait du territoire belge. Heureusement pour nous, c’était l’occasion de découvrir un bijou du cinéma belge!


Et pour bien finir la soirée, rien de tel qu’un petit « Catégorie III » dans une salle bondée! Spécialement avec EBOLA SYNDROME qui est certainement l’un des films les plus fous qui soit. Moment historique, comme le signale à nouveau le journaliste Julien Sévéon, de découvrir ce film dans une copie 35 mm. Ce qui n’empêchera pas un couac monumentale durant la projection ! Après environ 30 minutes de diffusion, on se rend compte que les bobines du film ne sont pas montées dans le bon ordre et qu'une d'entre elle est même diffusée à l’envers. Voir Anthony Wong malmener et violer une jeune femme la tête en bas est quand même assez particulier… STOP! La projection s’arrête durant un bon moment. Le temps nécessaire pour corriger le problème... Séance de cinéma tardive, certains spectateurs impatients s’en vont fâchés. Tant pis pour eux. Le film vaut largement le coup d’attendre que ce petit souci technique se résolve. Après un petit moment, le film reprend son cours. C’est toujours autant savoureux à suivre dans ses extrémités, se répandant dans le summum du mauvais goût. L’oeuvre révulse autant qu’elle fait rire son audience. Cela ne sera pas appréciable pour tout le monde, certes, mais EBOLA SYNDROME ne peut pas laisser indifférent. Pour ma part, j’en ressors gavé et heureux, mais surtout fatigué par une journée bien chargée et cela va faire du bien de s’arrêter durant quelques heures. Je ne tarde pas trop en sortant, et le fait de voir devant le cinéma Olivier avec ses acolytes bourrés jusqu'à la gueule, titubant et tout... me donne encore une raison supplémentaire de ne pas traîner avec ces personnes puant l’alcool. Je fais la bise à Maryke et Sibylle, leur souhaitant une bonne nuit. Un salut général et hop, retour au pays de Morphée. Le temps de taper mon compte-rendu du jour qui me tiendra éveillé jusqu’à pratiquement 4 heures et demie du matin. Maintenant, c’est le moment de fermer mes paupières. J’en ai bien besoin! Bed Time : 04:28


NIFFF '09 - Jour 4 : 03.07.2009
Le soleil présente ses premiers rayons lumineux. Je les sens filtrer à travers les interstices des volets du salon. Le jour est bientôt là et j’ai à peine dormi… Comme tous les matins de cette semaine, et cela devient une habitude maintenant, je me réveille après quelques heures de sommeil. Un repos bien trop maigre, cela va sans dire, mais même en étant encore bien fatigué je me lève. La journée va se mettre en route tranquillement car la première projection débute vers 16h00. C’est parfait car cela nous laissera suffisamment de temps pour pouvoir dîner très correctement. Contrairement à hier, cette fois-ci je ne mangerai pas seul mais en très bonne compagnie : à savoir avec Sibylle et Lukas. On essaie de se trouver un petit coin neuf, un nouveau restaurant à tester, de préférence pas trop cher. Une grande terrasse couverte, à l’ombre d’un soleil intense, et le choix est vite fait! Et heureusement que l’on aura du temps à tuer car si le repas fut bon (pour ma part un « Suprême de poulet » sauce citron et avec des frites), l’attente fut bien longue. Ce qui nous laissera tout le loisir de voir la préparation d’un énorme défilé de jeunes enfants déguisés en fleurs et autres variétés fantaisistes se mettre en marche juste à côté du restaurant. Début juillet, c’est l’effervescence totale à Neuchâtel!

Avant de rejoindre les salles obscures, notre trio fantastique n’en reste pas là et on se dirige vers la Migros afin de faire le plein de victuailles : boissons, petites choses à grignoter, bac à fraises et autres bricoles, on est paré pour la journée. On arrive à peine dix minutes avant le début des séances et tout s’enchaîne très rapidement. Mon programme en main, celui-ci se voit légèrement modifié. En effet, suite à l’abondance de réservations de billets, la séance de CYBORG SHE est déjà complète et c’est aussi le cas pour le VAMPYRER de la rétrospective « Cold Sweat » pour le cinéma horrifique scandinave. Je suis un brin déçu mais me ressaisit rapidement et me prend un ticket pour FRANKLYN de la Compétition Internationale. Plus tard dans la journée, j’irai me mettre en « liste d’attente » pour le film de vampires suédois. Reste plus qu’à espérer qu’une place se libérera d’ici 19h30...


Mais pas le temps de trop réfléchir que voilà que les projections débutent… Tout d’abord avec I SAW WHAT YOU DID, ma première incursion dans la rétrospective qui honore le génie truculent du cinéaste magicien William Castle. A défaut d’être captivant à suivre, ce film a pour lui son gimmick incontournable : une assurance vie nous est offerte en cas de décès durant la séance. Mort de peur devant un film passablement ennuyeux, pourquoi pas? Et puis, on retiendra surtout ce bref passage des spectateurs auprès d’une infirmière très sexy qui vous ausculte pour vous diagnostiquer avant la diffusion du film. « Dites 33! » et autres « Oooh! Mais quel corps! » ponctuent les gloussements de cette professionnelle en blouse blanche! Très amusant! A signaler aussi que ce film fut projeté dans une copie 16 mm. Troooop vintage, cela compensait en charme ce que le long-métrage manquait en efficacité.


Durant ce premier film, un individu du nom de Reynald se cachait derrière moi. Encore une connaissance de plus que l’on retrouve au NIFFF. Cela fait bien plaisir de le voir. Petite demie-heure de pause entre deux films, on en profite pour lui faire le point de la situation des œuvres présentées en buvant une boisson bien fraîche au Bleu Café. Mais le temps passe vite et on en oubliera presque l’heure, spécialement Maryke qui se voit arriver en retard de presque 20 minutes à la projection de CYBORG SHE. Finalement, ce ne sera pas si grave car le film est « mièvre » selon ses dires. Dommage… Pour le reste de la petite bande de cinéphiles, on se partage dans la salle Apollo 1 pour aller voir FRANKLYN. Cette première œuvre en compétition internationale qui mixe allégrement les destins de plusieurs personnages est un gros exercice de style bien appliqué. Pour ma part, c’est avec un ennui poli que je suis le long-métrage pendant que Marlyse, endormie à mes côtés, somnole pratiquement durant toute la séance.


Fin de projection, je m’enfuis comme un voleur dès l’apparition du générique pour me précipiter au Théâtre du passage où a lieu la projection de VAMPYRER. Joie, il reste de la place même si celles-là sont au premier rang. Maryke, Lukas et Sibylle me rejoignent tout devant et le film démarre sans tarder. On comprend rapidement notre douleur d’être si proches de l’écran car le film à l’esthétique DV ultra-granuleuse pique les yeux. Lukas et Sibylle s’en iront après quelques dizaines de minutes de diffusion tandis que Maryke reste avec moi jusqu’au terme de la projection. Errance de deux sœurs vampires en Suède le temps d’une nuit, revisitation urbaine d’un mythe que je connais par cœur, l’œuvre de Peter Pontikis est très intéressante à suivre bien que sans réelles surprises. Avec deux beaux visages de comédiennes scandinaves. Le film est quasiment en temps réel. On a pas le temps de s’ennuyer. C’est agréable à suivre malgré la proximité un rien pénible de l’écran face à nos yeux.


Il n’est pas loin de 21 heures et nous voici avec un « creux » de presque deux heures avant le prochain film. Maryke et moi retrouvons nos deux inséparables sur la terrasse de l’Hôtel Beau-Rivage, en train de siroter un petit cocktail déjà bien connu, le fameux « Baiser volé ». Mis en appétit par la perspective de se restaurer sur place, je propose aux autres de souper ici... Malgré les protestations de Sibylle qui me signale que l’on a suffisamment de provisions de la Migros pour manger, je convainc mon monde lorsque je propose d’inviter tout le monde pour le repas. Celui-ci sera délectable, service impeccable inclus comme à l’habitude dans ce genre de palace. Assortiment de saucissons tessinois en entrée pour tout le monde, Vitello Tonato pour Lukas et Hamburger du Palace pour votre serviteur. Les filles n’ayant pas trop faim, se prendront des desserts, à savoir deux boules de glace pour Sibylle (« On dirait des bonbons », c’était tout rose/violet!) et une sorte de frappé au café pour Maryke. On se régale, ça fait du bien de se poser dans un endroit tranquille au bord du lac de Neuchâtel.

Retour au cinéma pour 23 heures avec la deuxième projection « William Castle » de la journée avec THE TINGLER. Gros morceau de bravoure que ce film interactif. Comme vient nous le dire un spécialiste du Maître du Gimmick venu spécialement de New York, ce réalisateur de génie a inventé ici un système encore plus révolutionnaire que le Technicolor ou le Cinémascope. Cela s’appelle « Percepto » et c’est quasiment encore en avance sur son temps, même après 50 ans depuis sa première diffusion en salles. Sans aucun doute l’une des œuvres les plus abouties de Castle, THE TINGLER fait participer le spectateur comme jamais à la projection d’un film : Trip LSD en live dans la salle après que Vincent Price s’injecte de l’acide dans son corps, apparition fracassante d’un squelette qui survole frénétiquement le public, interaction avec le public et sa créature (Le Frisson) qui giclent et virevoltent dans la salle, attaquant certains spectateurs et du coup provoquent cris et hurlements incessants dans l’assemblée avant de se terminer sous des trombes d’applaudissements. C’était magique, drôle et effrayant. Un vrai chef-d’œuvre du cinéma horrifique qui achève de rendre cette projection comme l’une des plus formidables de l’histoire du NIFFF. On en ressort ravi et le sourire aux lèvres. William Castle est un génie, on ne le dira jamais assez.


A l’issue de cette projection, on ressort à l’air libre pour se retrouver confronté à un océan de spectateurs qui arpentent le bitume face aux salles Apollo. On aura jamais vu autant de monde durant le festival qu’à ce moment-là. Les 3 dernières séances de cette nuit se déroule à quelques minutes d’écart. C’est une foule de folie qui se précipite dans des salles de cinéma qui n’ont pas désemplit de la journée.
Pour moi, accompagné de Marlyse, cette 4ème journée du NIFFF se clôture sur la diffusion d’une œuvre estampillée « Catégorie III » : ELECTRICAL GIRL. Comédie érotique bavarde et finalement pas si tordante et déviante que cela, c’est un peu la déception de la journée mais la fatigue nous écrasant littéralement durant la projection ce n’est finalement pas trop grave de terminer sur une note plutôt monotone. Et dire que le début de la projection promettait d’être surréaliste. La copie du film diffusé provenait d’un VCD et non d’une pellicule 35 mm. Des petits problèmes techniques apparurent très rapidement : format tronqué, sous-titres anglais qui s’affichent trop bas de l’écran et sont quasiment invisibles, bande sonore double - le format sonore du long-métrage est simultanément diffusé en cantonais et en mandarin -, c’était un peu l’avalanche de problèmes. Ce qui nous amènera à presque 40 minutes de retard sur notre programme nocturne une fois ces petits soucis corrigés…. C’est toujours ennuyeux, les ennuis techniques mais cela participe au(x) charme(s) du festival. Il est passé 2 heures et demie du matin lorsque je me décide à marcher d’un pas fatigué vers mon lit. A demain pour un weekend qui s’annonce particulièrement chargé… Va falloir essayer de se reposer un peu. La journée de samedi débute déjà à 12h30. Ca ne rigole plus. Mais finalement on se dit « Vivement! », car on en redemande encore et encore! Bed Time : 04:37

NIFFF '09 - Jour 5 : 04.07.2009
La fatigue de la semaine s’accumule à tel point qu’enfin, le matin, le soleil n’arrive pratiquement plus à me réveiller. Ce n’est pas pour autant que je dorme beaucoup mais c’est en tout cas plus agréable à vivre et j’ai vraiment l’impression de me faire une "nuit de sommeil"... Si cela veut dire quelque chose à l’heure actuelle!

Debout donc à 11h00, et tout s’enchaîne rapidement : douche et habillage, mes deux carottes quotidiennes (faut bien manger un peu le matin!) et c’est déjà le départ pour une nouvelle journée entièrement cinématographique. Juste avant de partir du salon que je squatte, je croise ma collègue Christine. Heureux hasard qui me permet de me mettre au jus pour la remise de la clé de l'appartement. Tout se déroule comme je le désire, c’est vraiment magnifique. Je pourrai laisser mes affaires durant la journée de dimanche et récupérer ma valise durant la nuit pour ensuite rejoindre Lukas et Sibylle pour un retour sur Lausanne. Ouf, la planification de la clôture d’une semaine NIFFF riche et intense est enfin totalement planifié, comme il faut!

Venons-en aux choses sérieuses... Aujourd’hui, les projections ne débutent pas en milieu d’après-midi comme hier mais bien plus tôt : à savoir à partir de 12h30. Donc, pour le dîner, je fais une impasse totale. Question nourriture, cela sera très maigre pour ce début de weekend. C’est juste que je n'ai pas le temps d’aller manger quelque chose tant les séances de cinéma s’alignent à un rythme soutenu. Bon, je me dis que c’est « journée régime » et je m’en accommoderai. Mon estomac un peu moins et c’est avec quelques crampes que je me ramènerai à mon retour au logis.

Qui dit weekend, dit foule. Et le NIFFF ne déroge pas à la règle. Des masses entières de gens s’accumulent rapidement devant les cinémas Apollo. C’est toujours complètement fou à voir quand on sait à quel point l’organisation de la manifestation est chaotique en diable. Je me demande encore comment tout ceci se goupille sans soucis majeurs. Au milieu de la foule, je retrouve mon cercle de cinéphiles qui s’agrandit toujours plus. Marc est enfin arrivé, de même que la copine de Reynald, Stéphanie. Cela me fait plaisir de la revoir... Laurent et Julien sont à nouveau de retour. Marlyse est aussi avec nous, bien que je doive un peu me baisser pour pouvoir la voir! ^^ Mais si on est tous ensemble un petit moment, cela ne tarde pas car chacun a un programme spécifique à ses goûts et envies et notre ensemblée se dispatche sans trop tarder. J’aurai une petite occasion de retrouve Maryke pendant quelques instants, après sa projection de FEAR ME NOT, avant qu’elle ne quitte Neuchâtel pour la journée. Ca me fait un peu tout bizarre qu’elle ne soit plus avec nous. C’est comme si le groupe que je formais avec Lukas et Sibylle était « cassé ». La formation sera à nouveau complète demain pour l’utlime journée du festival...


La cuvée des films du jour ne débute pas de manière délectable. INFESTATION, petit film d’invasion d’insectes géants est une comédie pas très amusante, zéro tension à l'appui et surtout sans véritables enjeux. L’ensemble est passablement vide et sans originalité et aucune folie n'apparaît à l'écran. Tout ceci est bien banal et ennuyeux. Je commence déjà à faire le « rabat-joie » pour certains... Marc dira même « c’est amusant de voir des films avec toi! » alors que je n’arrête pas de dégueuler sur cette merde de film. Ah, les avis divergents sont toujours à prendre avec des pincettes, d’autant plus quand ceux-ci (principalement les miens) sont assez virulents et guère tendres avec des œuvres que je n’apprécie pas.

L’horreur, dans le mauvais sens du terme, continue avec le deuxième film de la journée. VERTIGE, présenté comme un film d’escalade avec séquences intenses d’alpinisme, celui-ci vire assez rapidement dans le « survival » avec un gogol des Balkans qui s’amuse à tuer une bande de jeunes adultes venus s’amuser à grimper sur des gros cailloux. Le film s’appuie entièrement sur une bande son hautement exagérée, forte et accentuant l’hystérie ambiante de la dernière partie du long-métrage. C’est souvent saoûlant, et ça fait mal à la tête. Plus le film avance, plus cela devient détestable. Et quand le réalisateur, présent dans la salle, affiche un petit texte explicatif à la fin de son long-métrage sur les « 3270 personnes disparus à ce jour dans les Balkans », cela n’est pas fait pour rendre VERTIGE sympathique et son statut de série B qui se la pête en essayant de se justifier est encore plus vomitif que je ne le pensais.


La suite des projections m'amène à une petite incursion dans la rétro « Cold Sweat » avec JUST ANOTHER LOVE STORY qui, comme sont titre l’indique, est une histoire d’amour… mais un peu particulière. Scénario et mise en scène élaborée, on y retrouve même Nikolaj Lie Kaas, acteur familier du cinéma suédois. Ce long-métrage n’est pas du fantastique ni même de l’horreur mais cela fait plaisir de le découvrir sur grand écran. D’autant plus que le film d’Ole Bornedal est très esthétique, à la photographie ultra-léchée. Très beau film, étonnant à plus d’un titre et souvent très touchant. Une belle découverte.


Trente minutes après la fin de ce film, c’est reparti pour un tour en salle Apollo 2 avec CONNECTED de la sélection « New Cinema From Asia ». Remake affiché du film CELLULAR avec Kim Basinger, cette reprise pas vraiment nécessaire est tout de même aisément surpassable à l’original, grâce au talent de Benny Chan, excellent réalisateur ayant travaillé avec Jackie Chan. Pourtant en petite forme par rapport à d’autres œuvres antérieures, CONNECTED ménage néanmoins un sympathique moment de cinéma où l’on retiendra principalement une belle poursuite en voiture et un final "Hong-Kong style" avec tous les protagonistes qui se foutent sur la gueule. J’en ressors content, c’était fun mais totalement oubliable.


Il est 22h30, la nuit est chaude et c’est justement parfait car la soirée s’annonce exclusivement sous le signe de la « Catégorie III » avec deux œuvres totalement cinglées : EROTIC GHOST STORY II et STORY OF RICKY. Le premier est une démarcation coquine du fameux film HISTOIRES DE FANTÔMES CHINOIS de Chin Siu Tung. Cette fois-ci avec plus de fesses et de paires de seins, un humour d’une autre planète et un démon sexuellement agressif qui porte les traits du génial Anthony Wong qui, pour l’occasion s'affiche avec une immense perruque blanche digne d’un vidéoclip de métal 80’s. Hallucinant spectacle, comme on en voit rarement. Ce qui rend la séance d’autant plus jouissive. Un mot d’appréciation qui s’applique aussi au deuxième film « Catégorie III » de la soirée. STORY OF RICKY est un film qui se déroule en milieu carcéral où un détenu du nom de Ricky, un beau gosse à la musculature bien prononcée, va démolir à peu près tout ce qui se trouve à sa portée : détenus, gardiens, cellules, murs et même le bâtiment où se déroule l’action du film. Tout y passe dans un esprit très cartoonesque, trash, et incroyablement gore. L’esprit « Catégorie III » dans tous ses excès. Délectable, bien évidemment. Entre les deux longs-métrages, Julien Sévéon, qui présente les film de cette catégorie si particulière, dédicace son bouquin sur le genre même intitulé "Catégory III, Sexe, Sang et Politique à Hong Kong". Depuis le temps que je cherche à me procurer ce livre, c'est l'occasion idéal. De plus, me voici avec un bel ouvrage qui porte la dédicace de son auteur. Le livre est cher (CHF 85.-) mais je suis content! :D


Au sortir de la dernière projection, on retrouve beaucoup de monde devant les cinémas. Les festivaliers ressortent des dernières projections, notamment celle de DEAD SNOW où j'apprends sans réel surprise que le film est "insupportable!", dira mon ami Lukas. Bien content de ne pas y être allé, séance bondée oblige avec un public hilare face à des nazis zombies. Concept intéressant mais guère transcendé par ce film qui à l'air finalement bien ennuyeux. Je le verrai sans doute en DVD dans quelques mois. Je ne suis pas trop pressé, il faut le dire...
Voilà... La 5ème journée marathon du NIFFF touche à sa fin et la fatigue ne se ressent même plus. Je suis directement dans la quatrième dimension et ne demande qu’une chose : être tranquille à la maison, cherchant peut-être à dormir quelques heures.. Parce qu’il le faut bien. Je ne sais plus trop si c’est même une bonne chose. En se reposant un peu, mais largement pas assez, est-on finalement plus en forme qui si on ne dormait pas du tout? Question surréaliste mais c’est un peu l’état d’esprit dans lequel on se retrouve après avoir passé ses journées au cinéma, dans un monde « autre ». Mais tout ceci arrive à terme, cette session NIFFF cuvée 2009 touche gentiment à sa fin. Déjà 24 vus en 5 jours. Cinq autres films s’ajouteront au décompte dans pas très longtemps. C’est juste le moment pour moi d’aller me coucher quelques heures avant de reprendre les visionnages frénétiques dès 11 heures du matin. Ca me fatigue presque de l’écrire… Je crois que c’est pas si mal que le festival touche finisse demain. Les limites physiques semblent être atteintes. C’est bientôt le moment de se reposer un peu. Mais VRAIMENT se reposer, spécialement dans un vrai lit et dans l'obscurité totale ... Où la lumière ne filtre pas dans la chambre à coucher. Je crois que dans moins de 24 heures, mon souhait sera exaucé. En attendant… ZzzzzzZZZZzzz….

NIFFF '09 - Jour 6 : 05.07.2009
Après avoir dormi un peu plus de 3 heures, je me réveille étonnament sans réelle difficulté pour l'ultime journée de cette neuvième édition du NIFFF. Après ma douche, je prends le temps de remballer mes affaires avant de descendre aux cinémas. Mes affaires sont quasi-prêtes à être rapatriées sur Lausanne durant cette nuit. Voilà déjà une bonne chose de réglée...

Il est déjà 11 heures quand je me retrouve à nouveau à faire la file d'attente devant la billetterie pour avoir mes tickets de séances de ce dimanche... Ayant pratiquement déjà tout mes "Star Tickets" pré-réservées à l'avance via internet, il me manquait juste mes 2 places pour la rétrospective "William Castle". Manque de chance, 13 FANTOMES est déjà complet. C'est parti pour me mettre sur une liste d'attente en espérant que j'aurai la possibilité de voir ce film plus tard dans l'après-midi...


Ce dimanche débute tout en douceur avec MR. SARDONICUS, une oeuvre mineure de William Castle où le gimmick consiste à un vote général du public sur le destin final de son personnage principal (un peu à la manière des jeux de cirque à Rome!). Rien d'extraordinaire, mais l'ensemble fonctionne de manière plutôt efficace et la séance "interactive" se révèle très plaisante à suivre bien que l'on est loin de la mémorable projection de THE TINGLER! Une fois la séance terminée, je m'en vais "prier" dans la foule des gens mis en attente pour avoir leurs billets pour des projections bondées. Coup de chance, après 15 (eh non, pas 13!) minutes d'un suspense fébrile, j'ai mon graal pour aller découvrir ce fameux 13 FANTOMES munis de lunettes qui permettent d'apercevoir divers revenants de l'au-delà dans cette production finalement assez cheap et guère palpitante. On est quand même passablement loin des plus grandes réussites de ce génie du marketing horrifique!


Durant ce dimanche, on se rend compte que le festival touche à sa fin... La fatigue prend légèrement le pas sur notre passion cinéphilique. Pour témoin, de voir Lukas et Sibylle écroulés de sommeil durant les deux dernières projections. C'en est trop, les deux mignons font l'impasse sur le film serbe TEARS FOR SALE pour pouvoir prendre le temps de se reposer un peu et surtout d'aller grignoter un petit quelque chose avant un dernier retour en salles obscures... Pour ma part, je m'engouffre encore une ultime fois dans la salle Apollo 1 pour découvrir ce qui restera l'un de mes nombreux coups de coeur de cette session du NIFFF. TEARS FOR SALE m'a littéralement transporté. C'est un film magnifique, à l'esthétique chatoyante qui fait immanquablement penser à du Emir Kusturica avec une pincée de l'univers à Jean-Pierre Jeunet. C'est d'une beauté à couper le souffle, irrésistiblement drôle et mémorables sur bien des points. Notamment le fait qu'il s'agisse d'un film qui gagne indéniablement à être vu sur un grand écran de cinéma pour pleinement profiter de la recherche picturale de ce long-métrage envoûtant de bout en bout. De plus, les femmes serbes sont toutes magnifiques... Il y a des regards qui ne s'oublieront pas de sitôt! C'est donc tout enchanté que je sors de cette projection, émerveillé par tant de grâce cinématographique!


On arrive en fin de journée, il est bientôt temps de se diriger tranquillement avec la salle de Arcades pour la Cérémonie de clôture. Il y a foule, c'est simplement énorme. Ca grouille de monde tout tout partout! La manifestation se déroule dans les règles de l'art, chacun est content et, durant le show, on aura même droit à une performance "musicale" d'une artiste contemporaine qui aura fait passablement halluciner un public hilare devant ses haletements et autres grognements accompagnés de martèlements incessants sur une pelle. Il y a quand même des gens bizarres par ici... La remise des prix s'enchaîne à un rythme soutenu. Je suis rapidement scandalisé que ANTICHRIST reçoive une enveloppe financière de la parti de Titra Films pour la promotion du film sur le territoire suisse. Incohérent, absurbe. Bref, il faut mieux oublier, cela m'énervera moins. Par contre, parmi les récompenses, celles qui me comble d'aise sont les prix largement mérités qui sont accordés à LEFT BANK, une petite production belge très étonnante. L'occasion signifiante de pointer du doigt vers un paysage cinématographique que l'on connaît très mal. C'est en même temps, le film le plus brillant du festival et mon chef-d'oeuvre du NIFFF 2009. Je suis très content que ce long-métrage soit remarqué et salué par le jury du festival.


La dernière étape de la clôture arrive avec le film LE BON, LA BRUTE ET LE CINGLE. Le film est relativement pénible avec ses images ultraléchées et ses personnages tellement cools qu'ils en deviennent insupportables. Un exercice de style qui pêche par ses excès dans la surenchère, manichéen et finalement pas si intéressant que cela. A BITTERSWEET LIFE, du même réalisateur, avait autrement plus de gueule et d'intérêt(s)... Looongue séance qui aura à nouveau raison de Lukas et Sibylle qui sortent de la salle après même pas une heure de projection. J'apprendrais, après la fin du film, que les deux amoureux aient eu leur dose et qu'ils voudraient finalement rentrer un peu plus tôt que prévu. Donc, pas de séance de 20TH CENTURY BOYS en plein air... Et, pour ma part, je passe la main sur la possible dernière purge asiatique que je devais voir (RAHTREE REBORN). Ca ne va pas trop me manquer. A ce stade, c'était plus du remplissage qu'autre chose...

C'est la fin... On dit au revoir aux gens présents que l'on apprécie et nous retournons chercher la voiture de Lukas. Petite détour un rien compliqué à l'appartement que j'ai squatté toute la semaine pour récupérer mes bagages et mes quelques achats (DVD's, bouquin sur la "Category III") que j'ai effectué durant le NIFFF. Retour au bercail en compagnie des mes ami(e)s... A mesure que l'on revient sur Lausanne, on se rend de plus en plus compte que c'était le bon choix à faire. Si on était restés jusqu'à la toute fin, je pense que l'on serait encore sur la route à l'heure actuelle. On a eu notre dose, on est bien comblés et surtout très contents de ce festival qui nous aura gâtés malgré une organisation qui peut encore mieux faire et des températures un rien trop tropical à mon goût. Le reste ne fut que du bonheur. Beaux souvenirs, belles découvertes cinématographiques et rencontres diverses... Une excellente session. Vivement l'an prochain pour les 10 ans du festival !

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