mercredi 27 janvier 2010

LE PORTRAIT DE DORIAN GRAY

LE PORTRAIT DE DORIAN GRAY (Dorian Gray) de Oliver Parker (2009)

Dorian Gray, petit fils de Lord Kelso et fils de Margaret Devereux, est un bourgeois londonien à l'époque victorienne. Élégant et doté d'une grande beauté, il décide de se faire tirer le portrait par son ami Basil Hallward. L'ami de ce dernier, Lord Henry Wotton, surnommé Harry, rencontre par hasard Dorian un jour en venant chez Basil. Il deviendra vite l'ami du jeune Dorian. L'œuvre de Basil est terminée, et il s'avère qu'elle est le plus beau tableau jamais peint. Dorian affirme qu'il donnerait tout, y compris son âme, pour que le portrait vieillisse à sa place, et que lui même garde à jamais sa jeunesse et sa beauté. Ce qu'il regrettera amèrement..

N'ayant pas lu le roman d'Oscar Wilde, il est plutôt difficile de juger si il s'agit d'une bonne adaptation ou non. Néanmoins, cette version du PORTRAIT DE DORIAN GRAY est très agréable à suivre. Oliver Parker mixe allègrement le thriller victorien et l'étude psychologique d'une personne qui ne vieillit pas pour un résultat assez réussi grâce à la finesse de son scénario et d'excellents comédiens. On retiendra surtout le jeune Ben Barnes (LE MONDE DE NARNIA : CHAPITRE 2 - LE PRINCE CASPIAN, UN MARIAGE DE RÊVE) dans le rôle-titre. Celui-ci est excellent, autant en jeune dandy qu'en affreux cynique qui abuse de sa beauté pour séduire une ribambelle de jeunes femmes. Colin Firth est aussi très bien dans le rôle Lord Henry Wotton, personnage qui représente la tentation d'une vie de débauche et fait plonger progressivement Dorian Gray dans le côté "obscur" de son existence. Le milieu aristocratique dépeint dans LE PORTRAIT DE DORIAN GRAY passe de beaux appartements luxueux aux quartiers sordides de Whitechapel où les fringants bourgeois vont prendre du bon temps avec des prostituées. C'est là que le personnage de Dorian Gray initie sa lente descente aux enfers, s'entichant d'une innocente jeune fille qui, croyant en l'amour feint de son amant, finira par se suicider par noyade, résultat d'un immense chagrin d'amour. Et c'est le début d'une longue quête du plaisir égoïste pour le jeune homme. Le changement s'opère de manière subtile, surprenant même parfois par l'usage d'un montage assez abrupte.



C'est juste un petit peu dommage que le cinéaste n'accorde que de l'intérêt à son personnage principal durant son séjour en Angleterre. Lorsque Dorian Gray décide de partir en voyage suite à la mort soudaine du peintre de son fameux tableau, Oliver Parker fait une ellipse de plusieurs années où l'on retrouve le jeune homme à son retour, toujours aussi frais, alors que tout ses amis et connaissances ont largement bien vieillit.... La deuxième partie du long-métrage vire un peu plus dans le fantastique via une peinture qui prend de l'âge à la place de son modèle vivant.

Et c'est là que le film plonge dans quelques travers pas toujours très heureux comme ce râle qui émane du tableau, le visage grimaçant... Et aussi ces quelques images de synthèse durant le final qui sont un peu de trop. Rien de bien grave, cela dit. Ces quelques petites fautes de goûts ne gâchent pas notre plaisir. Par contre, le scénario garde tout de même beaucoup de zones d'ombres qu'on aurait aimé plus développés, notamment en ce qui concerne la relation de Dorian Gray avec la fille de Lord Wotton. Difficile de ressentir de la passion entre ces deux personnages tant ce sentiment est tout juste esquissé durant quelques séquences. Certains événements sont également un peu trop précipités et la dernière demie-heure du métrage s'en ressent au niveau du rythme. L'aura de mystère entourant le portrait de Dorian Gray n'est pas explicité et cela reste très nébuleux. Comme si toute la dimension fantastique de cette incroyable histoire ne devait pas être plus détaillé. Le film gagne donc une dimension horrifique particulièrement intéressante, insufflant un cachet supplémentaire à une oeuvre déjà bien vénéneuse. Même si le résultat est loin d'être inoubliable, LE PORTRAIT DE DORIAN GRAY est une histoire assez captivante à suivre, mise en scène avec élégance et au parfum légèrement sulfureux. L'ensemble étant supporté par un très bel ensemble de comédiens et de nombreuses scènes de nudité ainsi que la présence toujours savoureuse de Maryam d'Abo dans un petit rôle.

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