samedi 30 janvier 2010

LADY YAKUZA : LA PIVOINE ROUGE

LADY YAKUZA : LA PIVOINE ROUGE (Hibotan Bakuto) de Kosaku Yamashita (1968)

Alors que Ryuko, fille du chef du clan Yano prépare ses noces, son père est trahi et assassiné. Renonçant à son destin de femme, Ryuko prend la décision de marcher sur les traces de son père en assumant sa succession comme chef de clan. Tatouée de fleurs rouges comme le sang, elle part sur les routes du Japon pour s'aguerrir, s'initier aux pratiques yakuza et venger son père. Devenue une célèbre itinérante surnommée Oryu la Pivoine rouge, elle fait la connaissance de Katagiri, un yakuza solitaire marqué par un terrible secret...

Premier épisode d'une série de huit films produits par le studio Toei entre 1968 et 1972, LA PIVOINE ROUGE est le début des aventures d'une célèbre femme yakuza. Le film commence par une présentation du personnage par l'actrice elle-même, accroupie et qui s'adresse directement face à la caméra qui découvre ici une nouvelle héroïne de cinéma. Même si ce rôle le précède de quelques années, on pensera forcément à une autre oeuvre un peu plus populaire du nom de LADY SNOWBLOOD réalisé 5 ans plus tard, en 1973. Ce film avec la superbe Meiko Kaji présente également un personnage féminin très fort qui est aussi guidé par un instinct de vengeance.


Dans LA PIVOINE ROUGE on y découvre la belle comédienne Junko Fuji qui campe une personnalité charismatique peut-être plus fragile mais néanmoins déterminée et qui découvre une vie qu'elle n'avait pas choisit : pleine de violence, de mensonges, de tristesse et de mélancolie. Sur un tempo lent, ce premier film s'attache principalement à dévoiler des personnages blessés par la vie plutôt que de s'étaler en action et autres éléments issus du cinéma d'exploitation. Du coup, il faut prendre le long-métrage de Kosaku Yamashita comme une introduction à l'univers de LADY YAKUZA. C'est un spectacle formellement très beau, avec quelques superbes compositions de plans où la couleur des pivoines, rouge comme le sang, s'accorde avec le tatouage de son héroïne. On est quand même loin d'une certaine flamboyance artistique, la saga débutant de manière classique et ne s'autorisant que très peu de délires visuels bien sanguinolents. En revanche c'est assez surprenant d'y découvrir un humour un brin balourd avec ce personnage moustachu et plein de taches de rousseur qui est amoureux de Ryuko. C'est surtout surprenant de voir que ce rôle secondaire assez comique est interprété par Tomisaburo Wakayama, rendu célèbre des années plus tard grâce au rôle de Ogami Itto dans la série BABY CART!


Ce premier scénario de LADY YAKUZA se perd un petit peu dans les méandres de sous-intrigues qui compliquent inutilement sa trame principale, au risque de perdre le spectateur face à une ribambelle de personnages. Mais on retiendra surtout celui de Katagiri campé par un Ken Takakura rongé par les remords. Sa relation avec Junko Fuji est le moteur principal d'une intrigue qui traîne parfois en longueurs mais finalement trouve son apothéose dans un assault final très réussi. LADY YAKUZA : LA PIVOINE ROUGE possède aussi une belle chanson de générique chanté par la comédienne elle-même. Un premier épisode qui présente un personnage fort intéressant et qui doit certainement être de plus en plus passionnant à suivre à mesure que la saga avance avec les autres nombreux épisodes.

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