vendredi 20 mai 2016

Soundtrack Of My Life : GEMINUS de Bruno Nicolai


Cela faisait un bon moment que je n’avais pas réactivé cette rubrique. Voici donc l’occasion d’exhumer un petit trésor… Toujours extatique devant l’excellence de la discographie de Morricone, votre chroniqueur n’en oublie pas pour autant le travail d’un Bruno Nicolai qui, bien que toujours (et à tort !) dans l’ombre d’Ennio, délivre à fréquences régulières des partitions qui conjure à d’orgasmiques plaisirs auditifs. Pour témoin, ce GEMINUS qui remonte à 1969 ; une mini-série télévisée qui passait sur les chaînes italiennes de l’époque et qui bénéficie d’un score absolument somptueux. Parsemé des vocalises hypnotisantes d’Edda Dell’Orso, la composition est un véritable chef-d’œuvre lyrique, rappelant parfois les ambiances sonores d’un giallo ; l'ensemble est d’une beauté terrassante ! Voici donc l’occasion de ressortir cette composition plutôt rarement citée, qui se trouve en écoute intégrale sur internet. Indispensable opportunité de savourer l’écoute de ce merveilleux disque qui mérite sa place dans la collection de tous les amateurs de musiques de films. Enjoy !



mercredi 27 avril 2016

GIFS : Mouvements perpétuels

L’envie me titillait depuis bien longtemps… Avec cette nouvelle rubrique, mettre à l’honneur une certaine idée du mouvement perpétuel ; qu’il soit léger ou subtil, percutant ou impressionnant. Avec ces fameux gifs, c’est l’occasion de revenir en images sur ces petits moments de cinéma. Parfois furtifs, ne durant qu’à peine quelques secondes à l'écran, mais qui marquent durablement la rétine. Et c’est un plaisir de revenir et d’y revenir encore… Savourant la fascinante beauté de ces instants, c’est un partage sans fin que j’effectue ici. Première salve d'une rubrique qui, je l'espère, reviendra sans cesse (et voilà!) vous hanter avec de nouveaux beaux gifs qui valent le coup d'être vus à répétition. Histoire de garder une trace « mouvementée » de toutes ces petites séquences d’œuvres forcément mémorables. Enjoy !




jeudi 14 avril 2016

Brussels International Fantastic Film Festival : BIFFF 34TH


Parmi les nombreux festivals proposés à travers l’Europe, quel cinéphile aguerri à l’exercice n’a jamais été tenté de se rendre au moins une fois dans sa vie au célèbre Brussels International Fantastic Film Festival, largement plus connu sous l’appellation raccourcie de BIFFF ? Il s’agit certainement d’un des représentants du 7ème Art de genre parmi les plus célèbres qui existe de par le monde. Carrément ! Et ce durant 13 (!) jours, Bruxelles se teinte aux couleurs du fantastique. Le panorama de cette 34ème édition est si exhaustif que cela en est affolant. Quelle richesse de programmation ! L’amateur ne peut être qu’aux anges (des enfers)…




Du 29 mars jusqu’au 10 avril 2016, le spectateur du BIFFF à l’embarras du choix. Entre la projection de plus d’une centaine de films – dont de nombreuses avant-premières internationales et même mondiales -, il y a encore de quoi savourer de nombreux événements en son sein pour qui ne voudrait pas uniquement se cloîtrer dans des salles obscures. Allant d’un concours de maquillages fantastiques/étranges et gores jusqu’à une autre compétition similaire dans le domaine du « Body Painting » ; il y a aussi la « Zombie Parade » (ZomBIFFF) au cœur même de Bruxelles pour croiser du mort-vivant tout en s’amusant ; la Compétition « Cosplay » et ses incroyables déguisements ; des rencontres avec les invités présents durant la manifestation; le fameux « Bal des Vampires » ainsi que bien d’autres festivités. Pas le temps de s’y ennuyer. Il faut juste avoir les yeux grands ouverts et une bonne dose d’énergie pour emmagasiner tout ce que le festival propose à ses visiteurs. Plus encore qu’une suite d’événements cinématographiques, le BIFFF pourrait presque être comparé à une gigantesque convention où se regroupent les fans de genre pour une célébration dantesque dans la joie et la bonne humeur !



Comme chaque nouvelle année, c’est un dessinateur BD belge qui a créé l’affiche, dévoilant une œuvre à la mesure des ambitions du festival. Tout simplement fantastique ! Pour cette trente-quatrième édition, il s’agit du créateur de « Sambre », M. Bernard Hislaire alias Yslaire qui compose un dessin rendant hommage au genre avec une femme saignée par une étrange créature qu’on pourrait prendre comme un croisement entre le mythique Mr. Hyde et un loup-garou. Dans la droite lignée de son travail BD, on reconnaitra immédiatement le style de son auteur, sombre et romanesque. Un dessin à la fois effrayant et érotique. Terriblement captivant. Difficile de résister devant un aussi superbe poster!

Quand on veut savourer une projection d’une œuvre au programme, le BIFFF sait instantanément plonger son audience dans son ambiance si particulière. Tout d’abord, il y a bien entendu la courte bande-annonce du festival précédent chaque diffusion des films. Un lancement qui va au-delà d’une mise en avant d’un simple logo mais compose bien un véritable petit film gothique, totalement somptueux. On y suit un mystérieux passager – avec le visage caché par un masque noir, dont on n'arrive à distinguer que de flamboyants yeux rouges ! – à bord d’une calèche, voyageur nocturne sous la pleine lune, entouré par une nature sauvage gardée par des loups. Avant de rejoindre un château au milieu de la nuit pour ensuite s’attarder sur un balcon à la vue phénoménale sur un Bruxelles fantasmatique. L’homme-corbeau se transformant enfin en plusieurs dizaines de volatiles noires avant que ne se crée le gros lettrage du BIFFF et de sa mascotte ailée. Enfin, se fait entendre une grosse voix vrombissant un ténébreux « Welcome ! ». Bienvenue au BIFFF, cher public ! *Applause !* *Applause !* *Applause !*




Ce qui fait le sel des diffusions de films au BIFFF c’est avant toute chose son audience. On est bien au-delà de toute considération qu’on pourrait avoir sur le bon déroulement d’une projection au cinéma. Là-bas, rien n’est ordinaire. Je crois même qu’on pourrait dire que l’on n’est pas loin d’une expérience assez extraordinaire… Comprenez par là que les spectateurs de ce festival rendent interactive la découverte d’un film sur grand écran.
Vous ne supportez pas les petits bruits, les chuchotements ou les commentaires en regardant votre film ? Vous allez donc devoir directement changer votre manière d’appréhender le 7ème Art avec la façon dont se savoure un long-métrage durant le BIFFF… Le public de ce festival bruxellois est particulier. Ce n’est même rien de le dire. Il faut le vivre en direct. Je dirai qu’au premier abord, ce n’est même pas très surprenant. Dès que la projection débute, avec les applaudissements de rigueur durant le générique (absolument chaque indication technique à droit à son florilège de tapage de mains !), voici qu’arrivent les hurlements à la lune et les premières rigolades qu’entraînent l’excitation d’une nouvelle découverte … Tout bon spectateur d’un quelconque festival de cinéma a déjà vécu des situations similaires, cela est même « normal ». C’est la fête. Tout le monde est content d’être là. C’est le moment où le BIFFF se démarque du tout venant et se transforme en une audience d’exception. Car le public se déchaîne non pas juste durant les dix premières minutes mais bien durant toute la durée de la projection des films. Et cela ne s’arrête quasiment jamais. Que le film soit bon ou mauvais, cela n’a pas de grandes conséquences. Voir que peut-être si, en cas de ratage intégral, cela peut finir par devenir excessivement drôle. La bonne humeur ambiante du public jouant parfois à contre-courant face à certaines œuvres tiédasses, ennuyeuses ou carrément insupportables. Cela transforme quasiment chaque séance est une expérience très festive, à grands renforts de commentaires à l’encontre des situations dévoilées sur l’écran de la salle, plongeant le public dans une atmosphère d’hystérie parfois à la limite du surréalisme. « La porte ! ». « Derrière toi ! ». « Non, n’y va pas ! ». *Bruits de bisous*, *cris de frayeur* et autres onomatopées ! Les séances de cinéma au BIFFF, c’est carrément épique ! Et ceci, à chaque nouvelle découverte dans les salles du festival. Quel que soit le long-métrage, le public le découvre avec le même enthousiasme à grands renforts d’expressions orales, qu’il soit conquis, lassé ou énervé. Cela fait partie des petits plaisirs que l’on rencontre durant le BIFFF, ce qui a valu à celui-ci d’avoir probablement le meilleur public de salles de cinéma au monde. On est carrément projeté dans une toute autre dimension cinéphilique !


Parmi les autres particularités qu’offrent l’occasion de découvertes de films durant un festival, c’est la possibilité de rencontrer de nombreuses personnalités, invitées pour l’occasion. Acteurs, réalisateurs, scénaristes, techniciens d’effets spéciaux, producteurs… Le BIFFF ouvre ses portes aux artisans du 7ème Art qui participent à la fête, toujours dans une joyeuse et constante bonne humeur. « Une chanson ! », clame à répétition le public face aux représentants des longs-métrages. C’est une tradition dans ce festival, à chaque nouvel invité sur scène, celui-ci se doit de pousser la chansonnette face à son audience, un refrain dans un répertoire aussi large que ses propres connaissances. C’est ainsi qu’on a pu assister aux talents plus ou moins confirmés de stars reconnues comme le réalisateur espagnol Jaume Balagueró, l’auto-proclamé Ed Wood italien Luigi Cozzi ou encore l’extravagante actrice chinoise Bai Ling. Parmi tant d’autres victimes de ce petit jeu qui pâme d’aise un public avide de chansons populaires, qui n’hésite pas – dans les premiers rangs – à attribuer, via de petites pancartes, des notes aux inspirants chanteurs. Comme au temps de l’école des fans…

Présent les 5 derniers jours de ce 34ème BIFFFF, j’ai donc eu l’occasion de bien m’immerger dans cette ambiance, et de partir à la découverte de sa programmation et de quelques-uns de ses incontournables événements cinématographiques ; à raison d’une moyenne de plusieurs films par journée. Les séances se prolongeant même jusqu’à l’aube, avec la fameuse nuit BIFFF du samedi soir, sobrement intitulé « The Night » dans l’immense salle « Ciné 1 » ; en compagnie d’un public baignant dans une atmosphère de folie furieuse, on dégusta sa ration de fantastique avec pas moins de 4 longs-métrages à la suite !

Voici donc ce qui constitua la pitance de ma présence au BIFFF 2016 :

BAHUBALI : THE BEGINNING de S.S. Rajamouli - 1ère Belge
BACKTRACK de Michael Petroni - 1ère Européenne
BLOOD ON MELIES’ MOON de Luigi Cozzi - 1ère Mondiale
BLOODSUCKING BASTARDS de Brian James O’ Connell- 1ère Belge
CHRONICLES OF THE GHOSTLY TRIBE (Jiu Ceng Yao Ta) de Chuan Lu- 1ère Européenne
HARDCORE HENRY de Ilya Naishuller- 1ère Belge
HOWL de Paul Hyett- 1ère Belge
I AM A HERO de Shinsuke Sato - 1ère Belge
MY BIG NIGHT (Mi Gran Noche) de Álex de la Iglesia - 1ère Belge
NIGHT OF THE LIVING DEB de Kyle Rankin - 1ère Belge
TAG (Riaru Onigokko) de Sion Sono - 1ère Belge
THE BRIDE de Lingo Hsieh - 1ère Européenne
THE CURSE OF SLEEPING BEAUTY de Pearry Reginald Teo - 1ère Mondiale
THE PIPER (Sonnim) de Kim Kwang-Tae - 1ère Belge

Et pour quelques séances de rattrapage. Un grand merci au Service pour la presse ! :
31 de Rob Zombie – 1ère Internationale
BASKIN de Can Evrenol - 1ère Belge
MARTYRS de Kevin Goetz & Michael Goetz - 1ère Belge
THE SURVIVALIST de Stephen Fingleton - 1ère Belge






























Débarquant mercredi soir au BIFFF, une fois accrédité auprès des sympathiques bénévoles du service presse, je pénètre enfin dans l’antre du festival. Je m’enfile à travers un véritable labyrinthe de couloirs parsemé de stands divers en pleine thématique fantastique avant d’arriver au bout de ce tortueux chemin qui me mène aux cinémas. Il est plus de 22 heures et c’est déjà l’effervescence dans la plus grande salle. Pour débuter ce premier soir de présence au festival, qu’est-ce qui pouvait être plus enthousiasmant que de savourer un spectacle « made in Bollywood » ? Et pas n’importe lequel : BAHUBALI : THE BEGINNING, qui est à ce jour la plus grosse production cinématographique en provenance d’Inde. Un spectacle qui promet de jouer de son style incomparable avec les plus gros blockbusters débarquant tout droit des Etats-Unis, entre 300 et LE SEIGNEUR DES ANNEAUX. Une histoire aux larges proportions, épique et sous stéroïdes. Avec bien entendu des chansons pour rythmer les presque 2 heures et demie que dure cette dantesque première partie. Car oui, ce long-métrage, pensé comme une trilogie, sera servit à son public en deux parties. Allez comprendre, c’est la magie de Bollywood !

Il reste que ce nouveau spectacle de S.S. Rajamouli, qui nous avait offert le génial EEGA et son héros vengeur réincarné dans une mouche (vainqueur de plusieurs prix durant le NIFFF 2013, les spectateurs présents s’en souviennent encore !), celui-ci n’est franchement pas à la mesure de l’attente suscitée. Beaucoup de moyens techniques, des milliers de figurants et des séquences spectaculaires bourrés de ralentis, de pectoraux suants et de chevelures voltigeantes… L’équipe de film s’est donnée des moyens gargantuesques pour assurer le divertissement, plaisant à suivre avec un public aussi réceptif que celui du BIFFF, mais qui reste d’une lourdeur indigeste d’un bout à l’autre. On ne critiquera pas non plus la ringardise de la plupart de ses effets visuels, qui ne tiennent absolument pas la comparaison avec la quasi-perfection des travaux des meilleures boîtes à effets spéciaux de Hollywood ; cela n’est même pas nécessaire car ce qui primerait ici serait davantage l’audace et l’inventivité des situations et de son scénario d’aventures (éventuellement) démentielles. Ce qui n’est malheureusement pas le cas, ce premier volet de BAHUBALI restant engoncé dans des péripéties finalement assez banales qui n’ont d’épiques que leurs durées rallongées jusqu’à l’overdose ; plombées par des effets d’un style pompier qui fonctionneraient bien mieux sous la forme d’une publicité, au vue de sa relative courte durée. Arriver au bout d’un film aussi costaud est encore plus éprouvant qu’une séance de body-building. On est sûr d’en ressortir éreinté !








Dans la programmation hétéroclite du BIFFF, on y trouve une grande sélection de films en provenance d’Asie qui couvrent le large panorama des productions contemporaines en matière de thrillers, de fantastique et d’horreur(s). Par exemple, les orientaux ne s’étant jamais réellement remis du phénomène « Ring », on y trouve encore à l’heure actuelle toujours des avatars plus ou moins réussis dans notre paysage cinématographique. Prenons pour témoin THE BRIDE de Lingo Hsieh. La réalisatrice ayant décidé de tirer d’un de ses courts-métrages ce premier long qui est une énième resucée d’une histoire de fantômes. Sans véritable intérêt, on y subit surtout les nombreuses figures imposées avec ce genre d’intrigue, « jump scares » à l’appui et un ennui plombant devant tant de trivialités. Idéal pour gâcher son temps ou s’infliger une grosse sieste. Dans un style similaire, THE PIPER (Sonnim) de Kim Kwang-Tae est une relecture coréenne du fameux « Joueur de flûte de Hamelin ». Hélas, cette modernisation du conte n’arrive pas à s’affranchir des codes inhérents du genre sans la moindre once d’originalité et se vautre même dans une naïveté presque embarrassante, guère aidé dans sa dernière partie par des effets visuels qui piquent les yeux. Le spectacle se montrant même particulièrement pénible à suivre de par son rythme languissant. La suite de la programmation asiatique sera nettement plus fun avec CHRONICLES OF THE GHOSTLY TRIBE (Jiu Ceng Yao Ta) de Chuan Lu qui est l’une de ses grosses productions chinoises emballées dans des tonnes d’effets spéciaux – souvent bâclés et mal (dé)finis vu leurs grands nombres – mais qui, néanmoins, finissent par convaincre devant tant d’énergie déployée pour en faire un grand spectacle, à la croisée des chemins entre les univers de Jules Verne, Conan Doyle et Lovecraft ! Une véritable aventure épique, avec une belle dose de péripéties bien spectaculaires et une jolie galerie de monstres. Il n’y a vraiment pas de quoi s’emballer devant le résultat final, même si celui-ci reste extrêmement jouissif à savourer à l’occasion d’un festival de cinéma. Le divertissement a bien rempli son contrat et c’est à peu près tout ce qu’on lui demandait. Les « chroniques » auront bien entendu une suite, qui est d’ores et déjà en chantier…

Parmi les réelles découvertes, c’est avec TAG (Riaru Onigokko) que les choses commencent à devenir réellement intéressantes. Cette nouvelle œuvre de Sion Sono surprend à plus d’un titre, ce qui est la moindre des qualités de son auteur. Ce film-là suit le cauchemar intégral que subit une jeune lycéenne après qu’un vent maléfique dézingue tout un bus remplit de ses copines écolières… Gore à outrance mais qui possède surtout un véritable cachet visuel d’une poésie surréaliste, TAG est un long-métrage définitivement « autre » qui propose un spectacle différent que la plupart des films d’horreur actuels avec des adolescentes. Alors oui, on aura forcément droit à sa dose de « petites culottes » - on ne se refait pas ! - ce qui n’empêche pas son réalisateur de rendre son drôle de long-métrage absolument virevoltant et aussi frais qu’une brise matinale. Sa mise en scène d’une ampleur inédite lui donne un cachet envoûtant et fascine de bout en bout. Un excellent crû d’un cinéaste d’exception !








Je garde le meilleur pour la fin : I AM A HERO de Shinsuke Sato. Adaptation très réussie de l’œuvre de Kengo Hanazawa qui narre la situation apocalyptique d’une épidémie de zombies dans la ville de Tokyo à travers le regard d’un mangaka qui manque clairement de couilles ! Qui connaît le manga d’origine sera en terrain connu, car cette version cinématographique est on ne peut plus fidèle au matériau d’origine. Son cinéaste – bien connu des amateurs pour son travail sur l’excellent GANTZ – a fait un film formidable qui recapture parfaitement la folie de cette histoire, choisissant un angle nouveau pour cette énième histoire de morts-vivants ; tout en restituant avec subtilité les différentes couches d’appréciations d’un long-métrage qui mixe habilement l’horreur, le drame, la comédie et une émotion fébrile de tous les instants… Tout ceci génère de grands moments de cinéma. Le jury du BIFFF ne s’y est d’ailleurs pas trompé en le donnant comme grand vainqueur de cette 34ème édition du festival. I AM A HERO, gros carton commercial dans son pays d’origine, ne fait que commencer à se faire connaître en Europe. A n’en point douter, on le retrouvera très certainement dans d’autres manifestations du même genre où il est bien parti pour conquérir un public aussi emballé que le fut l’audience belge qui lui fit un véritable triomphe. Notez-le bien dans votre agenda, c’est définitivement un film à ne pas rater !

Au sein de la programmation du BIFFF, il y a quelques films que l’on attendait avec une fébrile impatience. Ce fut notamment le cas de la dernière œuvre en date de Rob Zombie. Un cinéaste précieux qui a souvent su satisfaire les attentes des fans du genre les plus exigeants avec de formidables pellicules d’horreur(s). C’est dire à quel point le très sobrement intitulé 31 se révèle être une véritable douche froide. Non pas que le long-métrage soit particulièrement mauvais, il reste néanmoins qu’il s’agit là d’un travail de gros fainéant avant d’être son « film le plus violent jusqu’à ce jour ! » dixit le bien-nommé Zombie. Car ce nouvel opus bien énervé est sans aucun doute le plus faible de sa jeune filmographie. Avec son scénario minimaliste qui se contente d’aligner les séquences de tortures, d’humiliations et de meurtres ; jouant sa partition sur un mode choc et hystérique, ce long-métrage n’apporte absolument rien d’autres de plus qu’un spectacle très vite ennuyeux et répétitif... Alors oui, le réalisateur sait toujours aussi bien retranscrire les atmosphères crasseuses des pouilleux dans les années 70 mais son histoire n’est finalement rien d’autres qu’une alternative resucée d’un RUNNING MAN croisé avec les personnages bien cinglés issus de l’univers d’un film de Tobe Hopper. Présenté ainsi, cela pourrait mettre la bave aux lèvres des cinéphiles les plus déviants. Croyez-moi, il n’en est rien. Le résultat final ne vaut pas mieux qu’un énième « torture porn » dégradant et guère imaginatif. Visuellement parlant, 31 ne s’élève pas bien haut avec ses séquences tremblotantes dès que les événements sombrent dans la violence; l’ensemble n’arrivant même pas à être réellement malsain alors qu’il s’agit clairement de l’unique objectif que le réalisateur cherche à atteindre avec son scénario prétexte. Le résultat est sans appel, il s’agit bien d’un boulot salement bâclé. Tout ça n’apporte malheureusement pas du sang neuf à l’univers de son auteur.


Déception également en ce qui concerne MARTYRS de Kevin Goetz & Michael Goetz, reprise américaine du film du même nom sorti en 2009 et mis en scène par Pascal Laugier. Pas de grosse attente quand au résultat final mais une réelle curiosité à l’encontre de ce qui n’est qu’une copie carbone de l’originale. On s’en contenterait presque mais là où cela coince c’est que la révision du scénario semble avoir été adapté pour un public de teenagers américains qui transforme son sujet en film d’horreur lambda où tout le questionnement et la thématique fascinante de cette histoire s’en retrouve passablement réduite. Ce qui n’aide pas non plus, ce sont les performances particulièrement ternes des deux comédiennes qui s’en retrouvent forcément comparées à leurs homologues françaises, bien plus convaincantes et émouvantes. On n’en rajoutera pas davantage sur la mise en scène sans inspiration de ce remake qui n’arrive aucunement à la cheville de l’original, véritable grand film choc qui n'avait aucunement besoin d'être refait pour un public qui n'a pas envie de lire des sous-titres!


Entre autres curiosités, bien plus plaisantes (si je puis m’exprimer ainsi !), il y a davantage d’intérêts à découvrir coup sur coup BASKIN de Can Evrenol et THE SURVIVALIST de Stephen Fingleton ; autrement plus convaincants. Deux films primés dans différents festivals, et précédés d’une réputation flatteuse. Voici deux œuvres radicalement différentes dans leur traitement de sujets fantastiques maintes fois balisés : la secte satanique dans le premier et l’univers post-apocalyptique pour le second. Bien plus qu’une histoire dans la tradition de leur genre, ces deux œuvres doivent surtout s’apprécier comme une expérience esthétique avant toute chose. Car il s’agit-là de véritables petits bijoux d’atmosphères, entre envoûtement total et inquiétude persistante, qui vont bien au-delà d’un récit traditionnel. Au niveau de son scénario, BASKIN ne surprendra pas les amateurs d’horreur mais son traitement assez radical reste prenant de tout son long, et ses influences empruntées aux ambiances tordues d’un David Lynch sont plutôt bien digérées sans que cela pèse sur sa propre originalité. Il reste que l’ensemble ne convainc pas entièrement dans sa seconde moitié où l’auteur essaie de rationnaliser comme il peut son sujet alors qu’il aurait peut-être dû laisser planer son mystère jusqu’au bout. Néanmoins, ce premier film reste suffisamment impressionnant pour laisser une empreinte durable sur la rétine des spectateurs. Une œuvre marquante, cela sera également le cas pour THE SURVIVALIST, véritable tour de force qui empiète sur le style naturaliste de Terrence Malick. Stephen Fingleton apportant par là une approche âpre et minéral à son sujet et permet à son comédien-titre de délivrer une performance absolument remarquable, maintenant ainsi un intérêt constant pour cette histoire racontée sur un mode minimaliste. A la fois prenant et surprenant, dont il vaut mieux en savoir le moins possible pour en garder toutes les saveurs cinématographiques. Une belle découverte !







Le BIFFF c’est aussi des avant-premières mondiales pour quelques longs-métrages. Un privilège de découvrir des nouveautés toutes fraîches, mais qui se révèlent parfois difficile. Ce fut notamment le cas des deux films que nous avons dû subir durant cette dernière partie de festival. Premièrement, THE CURSE OF SLEEPING BEAUTY de Pearry Reginald Teo. Une réinterprétation du mythe de « La Belle au Bois Dormant » à la sauce moderne. L’affiche était intrigante. Le résultat final, particulièrement pénible. Bien au-delà d’une beauté plastique qui promettait beaucoup, un peu à la manière d’un THE CELL de Tarsem Singh où l’esthétisme primait sur tout le reste, l’ensemble est ici bien gâché par une image terne absolument dégueulasse qui ne rend d’ailleurs absolument pas service au récit. Pire, celui-ci étant des plus inintéressant de tout son long, porté par des comédiens catastrophiques qui n’ont pas peur du ridicule. N’ayez donc aucun scrupule à succomber aux charmes de cette « Belle » si elle vous garantit une bonne sieste, cela épargnera vos yeux de subir ce machin plus longtemps !

Un commentaire que je pourrais utiliser à bon escient pour le dernier film commis par Luigi Cozzi, réalisateur de l’immense STARCRASH durant la fin des années 70! Sa dernière faute de goût s’appelle BLOOD ON MELIES MOON et, franchement, il serait parfois bon qu’à partir d’un certain âge les cinéastes considèrent sérieusement à prendre leur retraite et cessent d’être actif dans le milieu du 7ème Art. Car cela peut devenir embarrassant. Et c’est particulièrement le cas avec celui-ci où l’on est en droit de légitimement se demander ce qu’il se passe dans la tête de Mr. Cozzi pour accoucher d'un pareil truc! Pourtant, il y avait clairement une certaine ambition dans cet OFNI aux vertus autobiographiques, entre documentaire foutraque et véritable déclaration d’amour au cinéma. Mais malgré toutes les intentions du monde, il est triste de constater que le dernier long-métrage de Luigi Cozzi est une grosse plaisanterie filmique, littéralement torché n’importe comment. Tout son film est un véritable cauchemar, bourré jusqu’à la gueule d’expérimentations visuelles affreuses parmi lesquelles on reconnaîtra quelques têtes bien connues (notamment Dario Argento et Lamberto Bava) ; s’embarquant tous ensemble dans une galère comme on en a rarement vue. A ce stade-là, c’est carrément du suicide cinématographique ! Ne perdez pas de temps, si j’ai piqué votre curiosité, n’allez pas plus loin que la bande annonce, ça vous donnera une assez bonne idée du désastre que constitue cette « expérience » par celui qui se proclame lui-même comme « le Ed Wood d’Italie ». Ca serait encore bien trop d’honneur que de lui octroyer ce titre honorifique.





Pour continuer dans l’horreur, il y eu aussi quelques affreuses découvertes dans les différentes compétitions BIFFF. Personnellement, la plus mémorable restera sans aucun doute BACKTRACK de l’australien Michael Petroni. Une œuvre portée par des stars internationales comme Sam Neill et Adrien Brody en tête d’affiche pour cette histoire de fantômes incroyablement prévisible, durant laquelle le public a toujours au moins un bon quart d’heure d’avance sur l’intrigue elle-même. Ecrit et réalisé par le scénariste des CHRONIQUES DE NARNIA, ce premier essai derrière la caméra se prête gentiment à la moquerie de son audience face à des révélations tellement attendues qu’elles en deviennent risibles. On pourra essayer de s’en amuser quand l’intrigue essaie de nous faire gober un accident de train qui coûta la vie à 47 passagers pour cause de vélos de gamins traînant sur le côté de la voie de chemin de fer. Un déraillement si spectaculaire qu'il pourrait presque rivaliser avec celui figurant dans le film de J.J. Abrams, SUPER 8. Toutefois, le sérieux imperturbable de ce drame familial aura bien fait plier de rire le public du BIFFF. Il est aussi question d’un accident de train d’où découleront les événements tragiques à son bord dans HOWL de Paul Hyett, où un cerf se retrouvera malencontreusement sous les rails du véhicule; le stoppant net en plein forêt une nuit de pleine lune. Une aubaine pour les lycanthropes planqués dans les environs qui ne se gêneront pas pour venir y casser la croûte ! Voilà le bien maigre synopsis de ce nouvel hommage aux films de loups garous, le chef-d’œuvre de John Landis en tête. Malheureusement, cette histoire en forme de rigolade sanglante aurait peut-être été davantage amusante si présentée sous la forme d’un court-métrage. En l’état, c’est une bien pénible comédie d’horreur, guère drôle en fait, qui se contente d’aligner son « bodycount » au métronome avec ses créatures conçues à l’ancienne, principalement masques et prothèses de latex. Un bon point qui évite au film de sombrer dans un visuel purement digital en ce qui concerne ses effets spéciaux. Cela n’arrange définitivement pas un design de monstres passablement laid, mais il y a au moins un effort qui est fait pour proposer des séquences d’effets directs qui sont autrement plus convaincantes que des loups garous entièrement conçus sur des ordinateurs. Il est quand même bien long le temps passé en compagnie de passagers extrêmement antipathiques dans ce train. On prierait presque pour un déraillement total pour s’en débarrasser au plus vite !





Gros événement, le samedi soir 9 avril équivaut à la fameuse « Nuit » du BIFFF où, dès 23 heures jusqu’à l’aube du lendemain, les festivaliers s’entassent dans la grande salle « Ciné 1 » pour dévorer avec leur enthousiasme quasi légendaire les 4 films au programme. Petit joueur, je ne resterai que pour les 3 premiers, plaidant ayant avoir déjà vu le film conclusif au NIFFF l’an dernier (DEATHGASM d’ailleurs de sinistre mémoire !) … Ce qu’il faut avant tout retenir d’une nuit comme celle-ci, c’est bien évidemment l’ambiance. A nulle autre pareille ! De voir le public se réunir dans un joyeux bordel, chacun amenant ses provisions de bouffe pour tenir jusqu’au petit matin. Et puis il y a ce grand esprit de fête qui, ce soir-là, se transforma en une grosse parade de ballons multicolores qui voltigeaient dans la salle. Les spectateurs allant même jusqu’à gonfler des préservatifs qui se baladaient encore durant les projections, flottant entre les rangées des spectateurs. A défaut de banderoles, les gens prennent des rouleaux entiers de papier toilette pour se les balancer par dessus la foule, partant parfois depuis les balcons pour atterrir dans la fosse, avant de revenir en force dans les quatre coins de la salle de projection. Le chaos festif total, sans parler des commentaires, applaudissements, cris & cie ; incessants durant toute la nuit. Si les films étaient diffusés sur l’écran de cinéma, le vrai spectacle était carrément dans la salle. Et il ardu d’en décrire toute l’ampleur. Le BIFFF, c’est une véritable expérience de spectateurs. C’est là que se situe le vrai plaisir du festival, bien plus que les films encore !

Débutant avec HARDCORE HENRY, la « nuit » est d’ores et déjà bien mouvementée avec ce film d’action shooté aux amphétamines. Entièrement tourné en caméra subjective, à la manière d’un « First Person Shooter » de jeu vidéo, ce véritable tour de force technique semble avoir été conçu pour des soirées marathon comme celle du BIFFF. C’est effectivement un spectacle très contagieux à savourer dans une salle au comble de l’hystérie, mais ici l’exercice cinématographique montre très rapidement ses limites et ne se renouvelle jamais, si ce n’est d’être créatif dans le dégommage d’êtres humains. A ce jeu-là, le film se révèle particulièrement sadique, transformant l’expérience en ce qui doit être l’un des spectacles les plus violents que le cinéma nous a donné ces dernières années. Une curiosité, rigolote par moment, nauséeuse la plupart du temps.


NIGHT OF THE LIVING DEB fait partie de ce genre de films, à l’instar de SHAUN OF THE DEAD, qui transforme une histoire de zombies en comédie. Mais, à la manière de WARM BODIES, le traitement est intégralement romantique. Cela aurait pu être charmant, voir même drôlatique, mais l’aventure de cette héroïne totalement nunuche qui se cherche absolument un mec est bel et bien insupportable à suivre. Aussi incroyable que cela puisse paraître, ce fut l’unique fois que j’ai été témoin d’une animosité quasiment viscérale de la part du public. A force de gueuler contre les personnages, les gags nuls, le rythme mollasson, les effets spéciaux ratés et la romance à deux balles ; la séance de cinéma est devenue infernale. Les huées et sifflets interminables en cours de projection en disaient beaucoup sur l’appréciation du long-métrage. Le générique de fin fut accueilli comme une véritable délivrance.

Beaucoup plus festif dans son esprit « trash », BLOODSUCKING BASTARDS est l’équivalent de la série télévisée THE OFFICE mais avec des vampires. Les exécutifs bureaucrates qui sucent littéralement le sang de leurs employés. Mouais… Cela aurait pu être amusant si on dépassait le concept de base, mais tout ceci est paresseux et sans réelle ambition que d’en faire juste un divertissement méchant et crasseux. A base de jeux de mots poussifs et d’hectolitres de sang, il ne faut pas être bien exigeant pour apprécier le résultat final. Il ne fallait peut-être pas en demander davantage pour s’en mettre plein les yeux à quatre heures du matin. Voilà qui clôt pour moi cette « nuit ». M’en allant tranquillement alors que ça rigole encore, et en redemande avec un enthousiasme qui ne faiblit pas en attendant la quatrième décharge de « trashitude » avec DEATHGASM. Cela sera sans moi. Je rentre me coucher, alors que Bruxelles s’éveille tranquillement…




LE BIFFF touche à sa fin. Alors que les spectateurs sont morts de fatigue à la suite de la soirée qui venait de finir aux premières lueurs de l’aube, les survivants sont encore là et s’efforcent de garder les yeux ouverts pour la toute dernière journée du festival. Les plus téméraires seront présents dès 20 heures à la clôture de cette 34ème édition où l’accueil des cinéphiles belges se révèle encore une fois sans failles avec une cérémonie grandiose qui offrait du grand spectacle sur scène : discours, humour, cosplay, danse, des tonnes de chansons et bien sûr remises de prix divers et variés. Mais le plus grand gagnant de ces treize jours intense de cinéma fut sans conteste le public qui s’est déplacé en masse malgré les événements tragiques qui ont endeuillés la ville ces dernières semaines. Le fantastique n’a pas fait peur, bien au contraire !

LE BIFFF fantastique 34ème du nom est donc terminé… Mais le spectacle n’est pas encore fini car le festival se clôt sur un dernier film bien festif, une comédie noire de Alex de la Iglesia : MY BIG NIGHT. Une conclusion amusante avec ce nouveau millésime de l’espagnol déjanté qui égratigne ici le monde des shows télévisées avec son style inimitable au rythme effréné, réunissant un casting de tronches abonnées aux délires proverbiaux du maestro. Une manière rafraîchissante de revenir à la réalité du monde d’aujourd’hui, avec une bonne dose de cynisme mais toujours le sourire aux lèvres. Au revoir la Belgique, merci pour l’accueil ! Et longue vie au BIFFF !!!

mardi 12 avril 2016

Le temps des retrouvailles...



Hello ! Ca biche ?
Ca fait déjà un bon moment que ce blog est au point mort. Mais celui-ci n’a jamais été aussi froid qu’un cadavre. Non ? Quoique… Pourrissant ? Certainement pas. S’il fallait passer par une comparaison hasardeuse, je dirais plutôt que j’ai eu ma période « mort-vivant » où la créature des salles obscures que j’ai toujours été s’est égoïstement concentré sur lui-même et ses propres petits plaisirs bien diversifiés. Passant le plus clair de son temps à le dédier à quantités de choses culturelles. Allant toujours au cinéma, malgré la relative basse qualité des programmes proposés ; j’ai continué aussi à empiler les DVDs, les Blu-Rays, sans parler d’autres formats ; en passant mes soirées avec de douces écoutes d’O.S.T. ; berçant mes journées/nuits au rythme de lectures diverses et bien entendu plein d’autres activités dont j’avais auparavant gorgé cette espace de liberté culturel où je m’épanchais à rassembler et partager tout ce qui faisait la vie de Cinéphiliquement-Vôtre. Temps révolu ? Que nenni ! Il n’est que de ma bonne volonté de vouloir reprendre le droit chemin de tout ce qui fait le sel de la vie de ce blog.


Alors ceci est un nouveau message de bienvenue. A prendre comme une renaissance, certes. Vous êtes toujours là ? Moi, je vais m’y replonger progressivement, essayer de lui redonner les couleurs fantastiques d’une cinéphilie passionnée; une vitesse de croisière agréable avec quantité de belles choses labellisées « Cinéphiliquement-Vôtre ». C’est un plaisir d’être de retour. Alors on se retrouve tout bientôt !  

jeudi 31 décembre 2015

MUSIQUE 2015 : LE TOP DE L'ANNEE

Une fois n’est pas coutume, ce Top pour l’année 2015 privilégie à nouveau les voix féminines, quand ce n’est pas des albums purement instrumentals ; parfois tirés de quelques bandes originales de films qui m’auront également beaucoup marqué ces 12 derniers mois.

L’émotion m’a cueilli avec une certaine délicatesse sur cette sélection, une invitation aux voyages purement sonores, à la fois pour les oreilles et le cœur. Ces écoutes sont souvent spectaculaires, immédiatement jouissives. Qu’elles soient trépidantes ou pétries de douceurs, ce sont de véritables poèmes musicaux. Certains plus évidents que d’autres ; « Sleep » se savourant comme une nuit complète de rêveries fantastiques (8 heures); « Sicario » comme un requiem synthétique et douloureux. On plonge parfois en plein nature avec « Ask The Deep » ; on s’écorche le cœur sur « Vulnicura ». Minimalisme enchanteur avec « Kumiko, The Treasure Hunter », répétition obsédante avec « Rivers And Streams ». Puissance organique avec « The Miraculous », atmosphère vénéneusement sensuelle avec « The Duke Of Burgundy ». Ecoute en boucle de « The Silver Globe »… Et je n'oublie surtout pas le fabuleux « Sexwitch », sublime incantatoire; auquel je décerne sans conteste le titre de "Meilleur disque de l'année!".

La musique il faut la savourer plutôt que d’en parler sans fin... Voici donc mon choix, mes dix perles. Mes disques favoris de 2015. Enjoy !

1. SEXWITCH « Sexwitch »
2. MAX RICHTER « Sleep »
3. SOLEY « Ask The Deep »
4. BJÖRK « Vulnicura »
5. JANE WEAVER « The Silver Globe »
6. CAT’S EYES « The Duke Of Burgundy »
7. ANNA VON HAUSSWOLFF « The Miraculous »
8. LUBOMYR MELNYK « Rivers And Streams »
9. JOHANN JOHANNSSON « Sicario »
10. THE OCTOPUS PROJECT « Kumiko, The Treasure Hunter »















































CINEMA 2015 : LE TOP DE L'ANNEE

Malgré une monstrueuse quantité de (très) mauvais longs-métrages et autres déceptions filmiques, une fois le tri effectué sur l’ensemble des plusieurs centaines de découvertes en 2015, ce crû cinématographique n’est finalement pas si mal. Et même bien au-delà, il s’avère assez exceptionnel. En tenant compte de la quinzaine de titres sélectionnés par votre serviteur ci-après, ces œuvres-là m’auront procuré de très belles sensations parmi tout ce que je recherche en tant que spectateur.

Car, comme c’est souvent le cas, bien au-delà d’un simple plaisir de cinéma dans sa forme la plus classique, mon choix privilégie encore une fois une nouvelle manière/forme de recherche visuelle pour raconter une histoire. Et, de par ses approches, audaces et traitements cinématographiques, ces 15 longs-métrages m’ont énormément comblés. Mis à part deux titres qui ne sont pas sortis dans les salles suisses (5 & 11), tous ces films ont été vus sur une toile de cinéma, dans des conditions souvent idéales. Et sur grand écran, c’est toujours encore plus formidable lorsqu’on s’y prend une bonne gifle de ce que le 7ème Art possède de meilleur, de plus beau, plus fort, plus émouvant. Et 2015 aura été riche en émotions !

Celui qui sort trône au sommet en 2015 sera le nouveau MAD MAX de George Miller. Véritable morceau de bravoure. Un chef-d’œuvre absolu qui, en plus d’éclater totalement les rétines du public avec son spectacle hors-norme, renouvelle complètement les codes du cinéma d’action. On n’avait jamais vu ça. C’est un monument.

Les autres films de ce Top démontrent également qu’on peut encore trouver de l’originalité et de grandes surprises au cinéma. L’ensemble de ces titres donnent un bel aperçu de la versatilité des histoires, du ton adapté, de son humour souvent irrésistible, de la poésie picturale qui vous touche le coeur, de l’horreur indicible à l’émotion la plus brute. Toutes ces visions inoubliables furent immanquablement marquantes. 2015 m’aura cinématographiquement gâté. J’espère que pour vous aussi !

LE TOP DE L’ANNEE :

1. MAD MAX : FURY ROAD de George Miller
2. EVOLUTION de Lucile Hadzihalilovic
3. SUMMER (Sangailes Vasara) de Alanté Kavaïté
4. COMME UN AVION de Denis Podalydès
5. THE DUKE OF BURGUNDY de Peter Strickland
6. SICARIO de Denis Villeneuve
7. VOYAGE EN CHINE de Zoltan Mayer
8. MARGUERITE de Xavier Giannoli
9. LES MERVEILLES (Le Meraviglie) de Alice Rohrwacher
10. LA TERRE EPHEMERE (Simindis Kundzuli) de George Ovashvili
11. KUMIKO, THE TREASURE HUNTER de David Zellner
12. B MOVIE : LUST & SOUND IN WEST BERLIN 1979-1989 de Jörg A. Hoppe, Heiko Lange & Klaus Maeck
13. HACKER (Blackhat) de Michael Mann
14. COUP DE CHAUD de Raphaël Jacoulot
15. LE FILS DE SAUL (Saul Fia) de Laszlo Nemes

Ci-dessous, le TOP en affiches et bandes annonces ! Si vous ne les avez pas encore vus, n’attendez plus… Enjoy !








































































Au revoir...

Au revoir...
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