dimanche 31 août 2014

ALYSSA MILANO'S TEEN STEAM


C’est les années 80. Parmi les séries américaines qui passent à la TV, celles contant les aventures familiales d’Angela Bower et de son homme « à tout faire » Tony Micelli cartonnent sur la petite lucarne. On est en 1984 et le monde entier découvre MADAME EST SERVIE (Who’s The Boss). Le show, qui fait un carton à l’antenne, maintiendra sa popularité durant 8 saisons et 196 épisodes jusqu’en 1992. La série mettra surtout en lumière le talent et le charme mutin d’Alyssa Milano. La jeune comédienne débutant ainsi à l’écran à l’âge de 12 ans profitera de ce succès pour surfer sur une autre vague, celles des programmes VHS de remise en forme où la reine du genre – bien avant que ne s’y mette d’autres stars comme Cindy Crawford et même Traci Lords ! - est Jane Fonda depuis de nombreuses années. Ainsi naît TEEN STEAM en 1988. Sous ce titre limite tendancieux s’ouvre une curiosité comme on n’oserait plus en faire aujourd’hui. Loin de faire concurrence aux reines des entraînements intenses de fitness, Alyssa Milano propose ici une différente routine. A 14 ans, elle nous invite dans l’intimité de sa chambre de jeune fille avec deux de ses copines pour nous montrer comment dépenser de manière productive son trop plein d’énergie adolescente. Le scénario est d’une désarmante simplicité. Des exercices physiques entre filles. On parle ici de sport et non de pornographie. Il n’empêche que l’ensemble est d’une troublante audace, sorte de fantaisie légèrement érotique, à voir ces mineures s’échauffer dans leur propre univers avant de s’étirer, bouger du bassin, lever la cuisse et transpirer à l’image. Aurait-on l’esprit mal tourné ?

Il n’empêche que TEEN STEAM, au-delà de son aspect illégalement sensuel se présente comme un petit film à part entière, sans réelle ambition sportive si ce n’est celle de s’amuser un peu en bougeant son corps. Milano et sa jeune petite équipe motivée mélangent ainsi figures de fitness et chorégraphies de danse, il y a même aussi une improvisation de rap… Tout ceci de manière très naturelle tout en devisant avec ses amies sur les préoccupations de son âge (les garçons, l’école, Michaël Jackson, etc…).

L’emballage est séduisant car c’est une vraie plongée dans son époque, portée par la mode aux couleurs fluos et totalement kitsch; adjoint à la bande sonore synthétique le « tube » musical composé pour l’occasion et chanté par la jeune star. Artiste accompli, elle pousse donc la chansonnette en plus de faire consciencieusement son stretching et dispensant ses conseils de maintien corporel et psychologique. Une vraie leçon, à la fois fun, ludique et dynamique ! Si le succès n’est pas forcément colossal pour cette vidéo, elle reste néanmoins une belle pièce de collection pour les amateurs de l’actrice et a même vu sa sortie gratifiée d’un laserdisc japonais pour la savourer plus longtemps en « haute qualité » sans l’usure inévitables des bandes VHS. C’est d’ailleurs toujours au Japon que la belle Alyssa obtiendra sa plus large popularité; à l’image des « idol » asiatiques, où elle sortira 5 disques de musiques pop niaises et ultrasucrées entre 1989 et 1995. Des chansons à succès, facile à retenir et qui s’ancrent durablement dans votre esprit à l’image de ce « Teen Steam ». Allez, tous ensemble « You Gotta Let It Out ! ».










jeudi 17 juillet 2014

Soundtrack Of My Life : ZEDER by Riz Ortolani


Nouvelle réjouissante pour les amateurs de bandes originales de films horrifiques, voici que sort enfin de l'ombre une composition rare écrite par Riz Ortolani, le maestro derrière les accords envoûtants de B.O.'s telles que CANNIBAL HOLOCAUST, MONDO CANE ou encore PERVERSION STORY. Largement plus connu sous le titre évocateur de REVENGE OF THE DEAD, il s'agit d'un film du réalisateur italien Pupi Avati, surtout (re)connu pour son étrange long-métrage LA MAISON AUX FENETRES QUI RIENT (La Casa Dalle Finestre Che Ridono) datant de 1976.

De son titre original, ZEDER (LES VOIX DE L'AU-DELÀ en version française!) est une production d'horreur du début des années quatre-vingt déroulant une intrigue très inquiétante qui semble faire tout droit écho aux films de zombies de Lucio Fulci mais qui se savoure plutôt comme un film d'ambiances à la Lovecraft qu'un gros délire ininterrompu d'effets spéciaux putrescents. Plutôt méconnu, cette histoire bénéficie d'une excellente bande sonore très synthétique. Une approche musicale du plus bel effet pour ce musicien davantage axé sur les compositions orchestrales. Cette réussite rappelle d'ailleurs par certains aspects les plages très atmosphèriques qui nappent les oeuvres de John Carpenter.

La sortie de cette musique sous format CD (pas de vinyl!) chez Intrada est prévue dans le courant du mois d'août prochain! Voilà une bonne nouvelle qui met de bonne humeur, non? 





lundi 14 juillet 2014

NIFFF 2014



La semaine passée, du vendredi 4 au samedi 12 juillet dernier, avait lieu à Neuchâtel la nouvelle édition du « Neuchâtel International Fantastic Film Festival », autrement dit le NIFFF pour les plus impatients.  Déjà 14 ans que cela dure. Mixant habilement de belles rencontres avec ses stars et créateurs et en ménageant toujours de sacrées (re)découvertes en salles obscures ; tout ceci a façonné l’attente d’un public spécifique et gourmand qui, année après année, se retrouve dans cette petite ville charmante et sympathique pour y célébrer l’amour du cinéma, particulièrement celui du fantastique et des productions asiatiques, deux pôles forts d’un 7ème Art qui pourtant sont passablement dénigrés par les exploitants des salles de cinémas en Suisse. C’est donc forcément avec une attente fébrile que le spectateur amateur de ce style de longs-métrages s’impatiente pour faire le plein d’œuvres destinées à rassasier ses envies de fantasticophiles qu’il ne verra que bien trop rarement comblées dans les nombreuses salles du pays le restant de l’année…

Comme à chaque fois, le NIFFF nous réserve une copieuse programmation, construite en plusieurs catégories qui permettent aux cinéphiles/cinéphages/curieux de se payer une bonne tranche de films (et bien plus encore !) en choisissant à travers des productions cinématographiques récentes venues du monde entier concourant dans la « Compétition Internationale », « New Cinema From Asia », et les « Short Films ». Et puis il y a aussi les  « Ultra Movies », « Films Of The Third Kind », et les séances de rattrapages avec « Histoires du Genre » et autres « Cartes Blanches »; ces dernières composant une partie des petites rétrospectives qui parsèment une sélection toujours riche et intrigante. Et je n’ai pas encore mentionné d’autres particularités qui émergent avec surprise à travers le festival, comme les « Hommages », « Rencontres », « Masterclass », « Special Screenings » sans compter les événements mondains. Il y a de quoi être comblé et ce n’est pas peu de 9 jours pour se gaver à tout va et se satisfaire pleinement de tout ce qui est proposé.

Malgré tout le bien que l’on peut penser du festival, le NIFFF se décline de plus en plus en un festival multigenres qui développe des accointances surprenantes pour ne pas dire curieuses avec des comédies, des drames, des films d’action et autres polars qui prennent un peu trop leurs aises à travers une sélection qui perd avec les années de son aura initiale, à savoir le vrai cinéma fantastique, d’horreur, d’épouvante, d’anticipation… De tous ces mots savants qui sont censés faire les bonnes saveurs du festival. Avec ce melting-pot actuel, on peine parfois à vraiment saisir les affiliations que l’équipe des programmateurs du NIFFF trouve avec le genre qu’il est censé représenter et soutenir à travers cette manifestation !

Cette cuvée 2014, peut-être plus qu’une autre, démontre donc une ouverture cinématographique qui est plutôt extrême d’une certaine manière. Elle développe ainsi un gouffre assez désolant entre un film « fantastique » à tendance sociale/réaliste d’un côté tandis que de l’autre on retrouve les productions qui tachent, se complaisant avec excès dans le gore et l’humour navrant qui font la joie des festivaliers bourrés de fin de soirée.  Deux extrémités qui, apparemment, sont censées représenter le fan de base de ce genres de productions, entre l’intellectuel qui ne veut pas se salir les yeux en restant dans le réflectif/suggestif tandis que les fanas de productions sanguinolentes sont relégués parmi les fonds de catalogues sans aucune subtilité, aux résultats souvent bâclés et débiles, autant dans leurs formes que dans leurs fonds. Le cinéma fantastique ne se résume quand même pas à cela, n’est-ce pas ?



Selon sa programmation toute personnelle, un spectateur peut donc venir au NIFFF sans devoir se confronter à toutes images ou idées visuelles « déviantes » digne d’un festival fantastique et se concocter une suite garantie sans cauchemars de longs-métrages qui passent allégrement de la comédie sans danger à la bastonnade spectaculaire, du polar « hard boiled » aux « classiques incontournables» comme CASABLANCA ou encore UN HOMME POUR L’ETERNITE ; tout ceci sans devoir verser dans l’horreur/l’oppression de films ultra-violents et/ou horrifiques. On ratisse large et le NIFFF 2014 voit dépasser son quota de spectateurs sans pour autant qu’on ait rajouté ou supprimé le nombre de longs-métrages diffusés durant tout le festival. Et l’amateur du NIFFF des premières années, est-il toujours content et autant satisfait ? Pas sûr… « Le fantastique envahit tous les genres du cinéma… » me semble-t’il avoir entendu durant un discours d’ouverture d’une précédente édition du NIFFF. Est-ce pour autant que ce festival assez unique en Suisse doit bouffer à tous les râteliers ?

Une fois l’annonce du programme de cette année et de l’arrivée de ses invités prestigieux, il est évident que cette cuvée 2014 ne donne pas envie de grimper aux rideaux. Kevin Smith en « invité d’honneur » et  George R.R. Martin qui est un auteur qui ne parlera sans doute qu’aux fanatiques de la série GAME OF THRONES. En bon vieux nostalgique, je ravive le souvenir des visites de Ruggero Deodato, George A. Romero, Joe Dante, Eli Roth, Ray Harryhausen et puis aussi plein d’autres encore… 2014 n’a définitivement pas la même saveur ; sans compter de l’absence de gros événements mythiques comme des rétrospectives en 3D, le cinéma interactif de William Castle, la « Nuit Cannibale »… Une vague d’émotions intenses me submergent. Cela ne sera pas le cas cette fois-ci. Les séances de dédicaces et rencontres diverses, je n’y cours plus… On se concentrera exclusivement des choix de films en essayant, tant bien que mal, d’y dénicher ses propres pépites et, à de rares occasions, de séances de présentations exceptionnelles.


Et puisque j’évoque l’incontournable, cette année-là il fallait être présent aux très bons choix de la sélection « Histoires du Genre » avec ses quatre projections rarissimes d’œuvres taïwanaises qui reviennent sur une période sombre – entre 1979 et 1983 – où le paysage cinématographique du pays est chamboulé par une vague de longs-métrages décapants, judicieux mélange de réalisme social et de pure exploitation. Spectacles subversifs et politiques, et forcément censurés par le gouvernement. Bobines détruites ou perdues, films oubliés… C’était l’occasion de découvertes chocs, entre un documentaire – TAIWAN BLACK MOVIES – qui en fait l’historique et 3 autres films qui rappellent le meilleur du genre dans un esprit très « Grindhouse ». Génial WOMAN REVENGER!

Dans cette même sélection, on retiendra aussi l’autre documentaire immanquable au titre très accrocheur : THE GO-GO BOYS de Hillia Medalia. Celui sur l’histoire de la Cannon, célèbre firme des nababs frangins israéliens Golan et Globus. Les deux têtes pensantes ayant découverts et produits des artistes tels que Jean-Claude Vandamme, Chuck Norris et Michael Dudikoff sur la scène internationale, s’imposant face aux géants d’Hollywood et conquérant tout sur leur passage avant l’inévitable et implacable chute qui les ruina, perdant pratiquement tout ce qu’ils avaient bâti pour leur seul intérêt commun : le public ! Une histoire fascinante comme seule l’Amérique peut le permettre…


Autre gros évènement du NIFFF, la diffusion sur grand écran du P’TIT QUINQUIN de Bruno Dumont, série en 4 épisodes réalisé pour la TV où l’on suit une enquête policière loufoque dans le Nord de la France. Brillamment écrite, incroyablement drôle, mise en scène dans un Cinémascope d’une splendeur totale et porté par des comédiens non professionnels réellement étonnants, c’est très certainement la meilleure découverte du festival. Tout ceci n’étant bien entendu pas réellement « fantastique », cela n’en était pas moins un grand moment de pur cinéma.  
Ce qui me permet de placer dans cette catégorie également quelques autres œuvres très recommandables comme l’expérience proposé par Fabrice Du Welz avec le bien nommé ALLELUIA qui se vit comme un véritable choc cinématographique. Un de ces films coup de poing qui ne laissera personne indifférent. Dans un autre registre, j’ai un petit faible pour ces beaux films scandinaves un peu troubles comme le BLIND de Eskil Vogt où l’on s’égare avec délectation dans les méandres surréalistes des fantasmes et des peurs d’une jeune femme aveugle.  Egalement prenant mais aussi plus violent, un gros film de blacks avec INUMBER NUMBER de Donovan Marsh. De l’action qui scotche, construit avec très peu de moyens mais avec des idées et de bonnes grosses baloches. Voilà qui est autrement plus efficace que le très vain, ennuyant et qui se la pète grave THE RAID 2. Une bien pénible séance qui s’étire sur plus de 150 minutes où surnage à peine quelques séquences d’actions ultra brutales qui permettent à ses spectateurs adorateurs de clamer haut et fort qui s’agit là du « Greatest Action Film Ever »! L’enthousiasme laisse quand même passablement circonspect face à ce genre de cinéma qui est encore loin d’offrir l’image d’une icône telle que Bruce Lee qui reste, et restera probablement toujours, la référence ultime en terme de combats.    








Bon, le NIFFF c’est aussi (un peu) du fantastique pur et dur, de l’horreur viscéral, des expériences traumatisantes… Ca ne rigole pas. Enfin, ce fut malheureusement le cas lors de la diffusion de UNDER THE SKIN de Jonathan Glazer avec une Scarlett Johansson vampirisante venue d’une autre galaxie. On ne diffuse pas un film de SF expérimental face aux spectateurs du samedi soir venu davantage s’amuser que de s’éclater la tête devant une œuvre difficile d’accès pour un public davantage sevré aux délires gores qu’aux lenteurs contemplatives d’un cinéma digne de Tarkovski. Ce n’était donc pas la séance à suivre si vous vouliez découvrir cette merveille au cinéma dans des conditions optimales.

Le gros choc du festival, c’est avant tout IT FOLLOWS de David Robert Mitchell.  Une expérience envoûtante et terrifiante comme on en découvre trop peu et qui prend toute sa dimension sur un écran de très grande taille, comme celui du Temple du Bas à Neuchâtel où les spectateurs ont pu assister à une grande séance de flippe qui a fait tout son effet à tel point que lorsque le moment fut venu de primer les meilleurs films de cette édition, celui-ci est reparti avec pas moins de 2 récompenses. Parmi les consécrations, il est impossible de ne pas citer WHAT WE DO IN THE SHADOWS de Jemaine Clement & Taika Waititi et son « mockumentary » sur une bande de vampires vivant en colocation en Nouvelle Zélande qui à totalement conquis le cœur du public du NIFFF avec son humour dévastateur. C’était hilarant de bout en bout ! Tout simplement génialissime !!


Pour une fois, 2014 m’aura permis d’avoir davantage de coups de cœur parmi les différentes propositions cinématographiques venues d’Asie que partout ailleurs. C’est d’ailleurs grâce à une petite poignée de ces films que j’y ai fait les découvertes les plus réjouissantes du festival. Il faut signaler la diffusion de MONSTERZ qui marque le retour sur le devant de la scène de Hideo Nakata, le fameux réalisateur de RING. Si son nouveau film n’est pas une totale réussite, il possède néanmoins de nombreuses qualités assez réjouissantes qui devraient plaire aux amateurs d’histoires étranges où l’émotion et les personnages ne sont pas uniquement sacrifié sur l’autel du gore et du spectaculaire.
Par contre, franche réussite avec PUZZLE de Eisuke Naitô, une variation surprenante du film de collège japonais où une bande de tueurs masqués de soleil (!) s’acharne sur leurs victimes potentielles dans un jeu sadique qui rappelle la saga SAW mais avec davantage  d’originalité et surtout un gros délire de cinématographie expérimentale qui le rapproche parfois davantage d’une performance scénique contemporaine que du cinéma horrifique traditionnel. Sans doute plus accessible mais tout de même très axé vers les délires des productions « Hentaï », GIRL’S BLOOD (Aka X Pink) de Koichi Sakamoto est un rêve mouillé parfait où un groupe de filles en mode « cosplay » s’adonne à une sorte de FIGHT CLUB nippon où ça se castagne dur entre de nombreuses réjouissances lesbiennes, sans oublier les scènes de douches explicites, arrosages divers, t-shirts mouillés et autres qui ponctuent une intrigue colorée de roman-photo. Sentimental et totalement déluré, ce fut l’une des plus plaisantes surprises du festival.  Il me faut également citer le gros blockbuster tout droit débarqué des Philippines – KUNG-FU DIVAS de Onat Diaz – qui est un autre objet filmique « non identifiable » de cinéma totalement fou et décomplexé, sorte de films d’action comique bien barré dans le milieu des concours de beauté qui part totalement en vrille pour déboucher sur un spectacle qui t’explose les rétines comme jamais ! Une proposition de cinéma bien particulière qui ne sera pas aux goûts de tout le monde ! Et sans doute le record absolu de petites culottes dévoilées à l’écran. Des milliers ! Des milliers ! Pffffiout !... (private joke inside !).









Je ne m’attarderais pas trop sur les nombreux ratages de festival, notamment les projections à 1 heure du mat’ avec les « Ultra Movies » qui n’avaient rien de jouissif au-delà de l’aspect complètement foutraque de ces séances encore « meilleures » qu’une soirée télé devant la Coupe du Monde. Avec bières qui giclent, public en furie qui gueulent, hurlent, gémissent, rigolent et applaudissent à tout rompre dans une ambiance digne d’un stade de foot plutôt que des séances ronflantes comme on en trouve parfois en Cinémathèque. Si les films n’étaient pas bons, la majorité des festivaliers s’en seront au moins bien amusés.

Festivalier gonflé à bloc, présent du matin au soir, même jusqu’au bout de la nuit… Si je n’aurais pas spécialement beaucoup dormi sur l’ensemble de ce NIFFF 2014 et que j’aurais en revanche passablement enfreint certaines règles de bonne nutrition par manque de temps (c’est grave, docteur ?), ces 9 jours auront fait l’effet de bombe de joie et de bonne humeur permanente. A retrouver ses copains de festival, c’est un peu comme une seconde famille. Trivial mais vrai. De celle qu’on s’y sent bien et dont la finalité est un peu triste dès le moment où l’on se sépare. Le bilan est plutôt bon, même si plane toujours l’amer sensation d’avoir été quelque peu floué par la représentation du « fantastique » dans un festival qui gagne de l’ampleur à chaque nouvelle édition et se doit peut-être d’être le plus large possible en matière de cinéma de genre. J’espère, pour l’avenir, que le NIFFF gardera toujours son esprit bon enfant, ne sacrifiant jamais la possibilité de transformer un genre souvent dénigré – particulièrement en Suisse, c’est bien dommage de se le rappeler ! – et qu’il partagera toujours cet amour du cinéma « bis », aussi bien dans la « respectabilité » d’un cinéma autant intellectuel, réflectif, suggestif, mais aussi gore, original, émouvant, délirant, incroyablement créatif. Pour les œuvres d’hier et d’aujourd’hui, celles de demain et de la prochaine génération. Perpétuons le NIFFF, c’est avant tout fantastique. Dans tous les sens possibles et imaginables !


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Une polémique occultée sur l'un des films primés cette année durant le NIFFF 2014? Une réflexion de Patrick Bertholet, que je remercie chaleureusement pour la rédaction de ce texte.


YASMINE de Siti Kamaluddin & Chan Man Ching (2014)

Le premier film produit et réalisé au Bruneï depuis les années 60 a suscité un enthousiasme tant publique que critique lors du NIFFF 2014. Si bien qu'il y a obtenu le trophée du "Meilleur Film Asiatique". L'aimable comédie classique sur trois préadolescents remportant un tournoi scolaire d'arts martiaux pose, cependant, quelques questions gênantes quant à notre perception occidentale et notre désintérêt pour les contre-évolutions sociopolitiques du monde moderne et cela malgré la masse d'informations dont nous disposons sur la grande toile que constitue Internet. Que nous raconte le film ? Une petite bourgeoise est obligée, pour des raisons financières, de quitter son collège huppé (jupette et soquettes) pour l'école publique et islamisée. Elle prend le voile, obligatoire, et se lie d'amitié avec deux autres rejetés. Grâce à la pratique de l'art martial local et par l'aide de sa préceptrice coranique; imposée par son père, celle-ci va s'avérer plus sympathique que prévu; elle va finalement réussir à s'intégrer et s'affirmer. Naturellement, tout cela finira bien pendant le tournoi final où Yasmine aura renoncé à toutes velléités de révolte.



Imaginons le tollé général chez nos "bobos" cinéphiles si un film américain ou européen nous avait raconté l'ascension morale d'une jeune fille grâce à un collège catholique ou évangélique. Sans remonter aux sympathiques "comédies de jeunes filles" germaniques du pré-nazisme à fortes connotations propagandistes, si on aime le cinéma il faut savoir rester vigilant et réflectif ! Quand on sait que le Bruneï a récemment rétabli la "charî'a", que l'on y coupe des mains et des oreilles en public et que les communautés chrétiennes et boudhistes y sont menacées, la vision de ces aimables petites fille enfoulardisées et politiquement correctes ne peut que poser des questions! Il ne s'agit pas dans cet article de mettre en cause l'islam ou toutes autres religions, mais ce film prépare et adoucit le basculement d'une culture plutôt tolérante dans d'inquiétants prémices à l'aide d'un cinéma populaire...

vendredi 4 juillet 2014

Concert : BABYMETAL (JAPON)





L’école est finie. Les examens sont terminés. Le beau temps est parmi nous (presque, presque !) et c’est le moment de profiter des vacances. C’est presque trop beau, on se croirait au cinéma. Eh bien, pas du tout ! Mais c’est dans un état d’effervescence presque fébrile que j’aborde ce début du mois de juillet. Je n’ai pas 15 ans et je ne suis pas au collège. Et encore moins en vacances pour l’été. Non… J’ai quarante ans et pourtant je me sois octroyé deux jours d’escapade pour m’échapper sur Paris et aller voir BABYMETAL en concert. Oui ! Sans honte. Faire pratiquement 600 kilomètres en train pour célébrer ce groupe de J-Pop assez unique au monde découvert grâce à internet quelques mois plus tôt.




Grosse découverte avec « Gimme Chocolate », chanson en apparence improbable ; mélange de Pop japonaise avec de grosses influences de Metal. Passé le choc et la surprise de ce véritable phénomène culturel, carrément hors du commun, celui-ci engendre assez rapidement en moi une nouvelle et totale addiction. Je suis amoureux de BABYMETAL. C’est d’autant plus surprenant car bien qu’amateur de groupes féminins de musiques asiatiques, je n’ai par contre jamais adhéré de manière générale aux différents mouvements de hard rock et encore moins de metal, heavy metal et ses nombreux dérivés. Trop bruyant. Cacophonique. Insupportable. Je n’y arrive pas. Et là, pourtant, le charme fonctionne. Je suis accro. Rapidement. Guère étonnant, car ce n’est pas vraiment du « Metal » à proprement parler. Sans pour autant être expert en la matière, c’est davantage une sorte de mutation de ce genre musical particulier qui découle ici d’une combinaison artistique assez affolante. Un nouveau genre semble né, le « Kawaï Metal », autrement dit le « Metal Mignon ». Trois gamines mises en avant, dans des tenues d’inspirations gothiques, qui se démènent sur scène alors que leurs musiciens déchaînent l’enfer sur la scène. MoaMetal / Su-Metal / YuiMetal, trois surnoms pour des jeunes artistes qui se dévoilent depuis début juillet au monde entier – ENFIN !!! - avec leur premier « World Tour ». Un agenda de concerts qui ne cessent encore de grossir où le groupe parcourera les scènes européennes à la rencontre d’un public ultra demandeur qui les aura finalement poussés à sortir de leur archipel.

En date du 1er juillet 2014, BABYMETAL débute sa tournée mondiale en démarrant ses dates par la France. A la Cigale, 120 Boulevard de Rochechouart, 75018 Paris. A 19h00.

Mais les fans les plus impatients débuteront la file d’attente déjà tôt ce jour-là. Le public s’amassant le long du trottoir à mesure que les heures passent. Permettant à une foule très hétéroclite de se regrouper. Les amateurs de BABYMETAL semblent toucher toutes les catégories d’âge allant de jeunes enfants aux adolescents, des adultes jusqu’aux seniors qui sont là peut-être aussi pour accompagner les plus petits. Mais rien n’est sûr… N’empêche, c’est assez hallucinant de voir se mélanger des looks aussi improbables que des metalleux purs et durs avec des fillettes « gothic lolita », des ados branchés, des asiatiques, des tatoués, des armoires à glaces, des gens qui font peur et d’autres qui sourient… La dévotion des fans semble sans limite car nombreux sont ceux qui ont fait un long voyage pour venir les voir en « live ». C’est assez fou, spécialement pour un groupe si récent, venir depuis le Japon rencontrer ses fanatiques depuis que BABYMETAL fait un « buzz » qui ne faiblit pas, bien au contraire. Folie totalement démentielle depuis sa découverte grâce au miracle d’internet !

Et là, durant cette fin d’après-midi, je suis bien là. Moi, parmi les admirateurs de BABYMETAL. Dans la foule depuis bientôt 2 heures, à attendre l’ouverture des portes pour pénétrer l’antre qui sera ce soir le réceptacle d’une soirée qui s’annonce grandiose. La salle n’est pas énorme. Ce n’est pas un concert « sold out » mais presque… La fosse permet au public d’être vraiment très proche de la scène, tandis qu’on peut se poster sur les côtés de manière un peu plus surélevé ou alors encore de savourer des places assises à l’arrière et à l’étage. La Cigale ressemble à un grand café-théâtre, à mi-chemin d’une architecture de salle d’opéra. Rouge en est la couleur. Parfait pour BABYMETAL. Je suis déjà installé dans l’ambiance, bien placé avec une très bonne vue bien dégagée sur la scène… Me laissant gentiment réaliser que je vis un rêve en ce moment-même. Celui de participer à un concert de J-Pop un peu particulier. Un fantasme devenu réalité. Ca va être grand.









Durant un peu moins d’une heure et demie, BABYMETAL s’est affiché devant leur premier public européen en dévoilant une énergie enthousiasmante dès l’ouverture avec « Death », morceau très massif qui te met directement dans une atmosphère sombre entrecoupée de lumières. A coups de refrains entraînants, de mélodies accrocheuses et de solos de guitare ou de batterie infernales, BABYMETAL pénètre le cœur de son public. Sans avoir besoin de se forcer à l’entraîner avec elles, la foule scande l’univers instauré par le groupe dès son commencement et l’interaction avec les fans ne faiblira jamais. C’est l’amour fou ! Les références pleuvent et paient leur respect à des figures durablement installés dans le genre « Metal » avec de gros passages instrumentaux qui prennent le temps d’installer une atmosphère de folie furieuse qui ont dû ravir les fans du genre purs et durs. C’est évident, le public est aux anges avec ses bâtons lumineux. C’est l’extase. Et le pogotage, batailles & cie dans la fosse sont délirants. La pop sucrée japonaise ne semble laisser personne insensible ; les plus indécis succomberont comme tous les autres.

Le répertoire de l’album y passe, avec quelques variations « live » du meilleur effet, les chansons s’enchaînant comme autant de morceaux de bravoure. C’en est presque épuisant. Les chorégraphies sont simples et faciles à suivre, donnant ainsi au public une synergie de premier plan avec ses idoles. La performance de BABYMETAL est hypnotisante de bout en bout. En plus d’être adorables, les 3 chanteuses se donnent littéralement à leur public en pleine communion des sens. Ce soir à la Cigale, BABYMETAL célèbre l’anniversaire de YuiMetal qui fête ses 15 ans. C’est le concert LEGEND « Y », et le spectacle fut à la mesure de la jeunesse de l’artiste, bondissant et qui file le sourire d’un bout à l’autre. Le « Happy Birthday Yui » entonné par la foule en son honneur aura certainement fait son petit effet auprès de la chanteuse, visiblement ravie et touchée de l’accueil de l’audience présente ce soir-là…

Voici enfin venu le moment de savourer « pour de vrai » la version « live » de « Gimme Chocolate ». Jouissance. Ce fut l’apothéose totale qui conclut de manière brillante un show délirant, plein de bonne humeur et de bonnes ondes dont on ressort vibrant et totalement surexcité. Et si ce n’était pas déjà trop beau, BABYMETAL revient à nouveau sur scène après de longs cris et supplications d’une masse de fans qui n’en auront jamais assez. Le trio de mignonettes emballant encore une dernière fois son spectacle de manière totalement jubilatoire, laissant un public exténué mais au comble du ravissement. C’était merveilleux. C’était totalement « kawaï » et surtout c’était diablement fun !       




lundi 30 juin 2014

DECOMPTE DU MOIS : JUIN


Ca fait toujours du bien de se faire plaisir en juin. Car, ce mois-ci, c’est celui de mon anniversaire et cette année est aussi assez particulière... Vu que je bascule dans une nouvelle décennie, c’est également une nouvelle excuse bidon pour dépenser encore plus de thunes. Et une occasion en or pour mes amis de me gâter davantage avec tout plein de bonnes choses. Et là, j’en recouvre des mètres carrés avec du bon matos. Nouveaux films, disques, vinyles, beaux livres, vieilles BDs, romans, magazines, cadeaux et objets divers jusqu’à la collecte d’anciennes VHS dont rien que les titres me donnent de beaux frissons d’un autre âge… Il y a là de quoi satisfaire mon appétit infini… Enjoy !

Films en Blu-Ray : SHOKUZAI : CELLES QUI VOULAIENT SE SOUVENIR (Shokuzai) de Kiyoshi Kurosawa (2012) – SHOKUZAI : CELLES QUI VOULAIENT OUBLIER (Shokuzai) de Kiyoshi Kurosawa (2012) - DEUX SŒURS VICIEUSES (Die Teuflischen Schwestern) de Jesùs Franco (1977) - LE CRI D’AMOUR DE LA DEESSE BLONDE (Der Ruf Der Blonden Göttin) de Jesùs Franco (1977) - LE PORTRAIT DE DORIANA GRAY (Die Marquise Von Sade) de Jesùs Franco (1976) - POSSESSION de Andrzej Zulawski (1981) - THE BLING RING de Sofia Coppola (2013) – TITANIC de James Cameron (1997) – TRANCE de Danny Boyle (2013) – GRAVITY de Alfonso Cuarón (2013) – FANNY ET ALEXANDRE (Fanny Och Alexander) de Ingman Bergman (1982)

Musiques : THE MATRIX REVOLUTIONS : EXPANDED ARCHIVAL COLLECTION by Don Davis – TODD TERJE « It’s Album Time »

Musiques (Vinyles 33T) : GREMLINS Original Motion Picture Soundtrack – THE WAR OF THE WORLDS The Complete Original Radio Broadcast – INVASION OF THE BODY SNATCHERS by Denny Zeitlin – DON’T LOOK NOW by Pino Donaggio - HORROR PROJECT by Claudio Simonetti – BUIO OMEGA by Goblin – CANNIBAL FEROX by Roberto Donati – MANGIATI VIVI by Roberto Donati - UNDER THE SKIN by Mica Levi

Musiques (Vinyles 45T) : LA PUNTURA VELENOSA DELLA NOTTE by M. Akers - VERONIQUE ET DAVINA « Gym Tonic » - SANDRA « In The Heat Of The Night »

Livres, Romans, Magazines, Bandes Dessinées, Mangas : TROUBLES : CURIOSITES EROTIQUES ET SURREALISTES, Volume 1 – Sensations – 1948/1953 - GORE : DISSECTION D’UNE COLLECTION 1982de David Didelot – DREAMY GORGEOUS MONSTER de Andrew Liles – KOWASARETA NINGYÔ / BROKEN DOLLS de Romain Slocombe – L’EMPIRE EROTIQUE de Romain Slocombe - LE POURVOYEUR DE CADAVRES de Robert Louis Stevenson – LES SCANDALES DES COUVENTS par le Pr. Roland Gagey - LE MASQUE DE SANG de Maurice Perisset - HISTOIRES DE SEXE ET DE SANGCONTES DE GLACE de Jacques Sternberg – ADOLF IN WONDERLAND de Carlton Mellick III – THE HAUNTED VAGINA de Carlton Mellick III – APESHIT de Carlton Mellick III – THE HANDSOME SQUIRM de Carlton Mellick III – RAZOR WIRE PUBIC HAIR de Carlton Mellick III – QUICKSAND HOUSE de Carlton Mellick III – TENDRE A. de Marie-Laure Dagoit – SOUMISSION TOTALE de Sérajat & Von Sacher Masoch - SENSATIONS N°30CINE FANTASTIC N°1BLUE VIDEO FILMS N°6L’ETRANGE INVASION de Gerry Conway & Ross Andru – LA CHUTE DE LA MAISON USHER de Edgar Poe et Richard Corben – LES MILLE ET UNE NUITS de Jan Strnad & Richard Corben - COMIQUE MECANIQUE de Alex Toth – CHUTES LIBRES de Michael Kaluta – L’AMOUR PROPRE de Martin Veyron – LIZ ET BETH, Vol. 1 : ENTREE DE SES VICES de G. Levis - SUCKLE suivi de CRUMPLE de Dave Cooper – MONSTERS de Ken Dahl – MONA STREET de Leone Frollo – RICHARD CORBEN Vol. 2 (Eerie & Creepy) - WALKING DEAD, Tome 20. SUR LES SENTIERS DE LA GUERRE de Robert Kirkman & Charlie Adlard - MAGICAL GIRL OF THE END, Tome 1 de Kentarô Satô – FRANKENSTEIN de Junji Ito

Vidéocassettes (VHS) : LES ANGES DE L’ENFER de Joe D’Amato (1997) – MAYA de Marcello Avallone (1989) – LES GRIFFES DU DEMON (La Noche De Los Mil Gatos) de René Cardona Jr. (1972) – LES AMOURS PARTICULIERES de Gérard Trembaciewicz (1970) – LES PREDATEURS DE LA NUIT de Jess Franco (1987) – LA MARQUE DU DIABLE (Mark Of The Devil) de Michaël Armstrong (1970) – CALL GIRLS DE LUXE de Gérard Kikoïne (1978)– ANGOISSE SUR LA LIGNE (Minaccia D'Amore) de Ruggero Deodato – LES DECHAÎNEMENTS PERVERS DE MANUELA de Joe D'Amato (1983)







vendredi 6 juin 2014

Cimitero monumentale di Staglieno

J'ai toujours eu un faible pour les cimetières. Tout en n'étant pas gothique dans l'âme, j'adore ces endroits particuliers où il s'y dégage une atmosphère et une sérénité à nulle autre pareilles. Récemment, j'ai eu l'occasion de visiter la ville de Gênes en Italie. Du coup, je n'ai bien sûr pas résisté à la tentation d'aller voir là où repose les morts dans le cimetière monumental de Staglieno, réputé pour être l'une des plus grandes nécropoles d'Europe. Une belle idée improvisée durant une journée où le ciel gris apporta assez vite son mauvais temps et sa grosse pluie diluvienne. De quoi parfaire une véritable atmosphère de films fantastiques.

Sur 33 hectares de terrains, le visiteur - l'âme en peine ou non - peut explorer cet endroit d'une riche beauté où se côtoient différentes architectures mortuaires superbement mises en scène à grands moyens de statues, plaques, tombeaux, caves et un nombre incroyable de monuments divers dédiés aux souvenirs des défunts. Loin d'être déprimant, c'est un parcours fascinant à travers différentes époques, certaines pierres étant plusieurs fois centenaires. Au détour de tombes où siègent pour l'éternité anonymes ou célébrités du pays, on est immédiatement saisi par l'émotion qui se dégage du lieu, et plus particulièrement des véritables oeuvres d'art qui parsèment ses multiples chemins. Comme un beau musée à ciel ouvert!

Ainsi, à se promener durant des heures dans ce cimetière assez unique en son genre, j'ai été transporté par ses figures aux lignes pures, ses femmes irréelles aux figures angéliques, la Mort qui danse avec ses victimes, une Faucheuse qui s'insinue dans des tableaux familiaux gravés dans la pierre comme autant de portes sur un autre monde... C'est somptueux. Précieux. Inoubliable. Une balade étrange dont j'aurai eu bien du mal à m'extirper pour rejoindre le monde des vivants.









































Au revoir...

Au revoir...
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